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Deux salariées de Lot Aide à Domicile accusent


Stéphanie Chastang et Sylvie Picot ont saisi les Prud’hommes et le tribunal de grande instance.

« En 2012, nous avions fait grève à Lot Aide à Domicile lors de la création de la structure et des négociations d’accord entreprise. Depuis j’étais à LAD où j’ai subi des pressions par rapport à mon mandat syndical : mutation sans préavis ; plus de travail ; mission de RH dans les bureaux du siège avec un salaire d’aide à domicile… Au printemps 2015, des salariées du siège sont venues me voir afin d’être entendues sur les conditions de travail désastreuses. L’affaire étant grave, le CHSCT a demandé un audit externe… » explique Stéphanie Chastang, salariée de Lot Aide à Domicile et ex syndicaliste CGT, qui souligne que c’est à partir de ce dernier épisode que « les pressions se sont intensifiées » : « Après ma réélection au CHSCT en septembre, l’entreprise reçoit un courrier m’accusant de harceler les salariées. La direction m’inscrit sur le registre des dangers graves et imminents en tant que harceleuse sans respect des procédures. Je n’ai appris la chose qu’un mois plus tard. Je demande alors qu’une enquête soit diligentée. Elle n’a lieu qu’en décembre. En janvier, je prends connaissance des résultats… et me rends compte que l’enquête a été menée à charge exclusivement. »

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Entre-temps, en novembre, Stéphanie Chastang a posé « un  droit de retrait ». « Je me sentais en danger au sein de l’entreprise » précise-t-elle avant de poursuivre son récit : « La direction estimant qu’il n’y a pas de fondement à mon droit de retrait m’oblige à reprendre en janvier. Je tombe en maladie ce qui débouche sur une inaptitude pour danger dans l’entreprise émise par la médecine du travail. » Sa collègue, Sylvie Picot, ex syndiquée CGT, témoigne également sur le traitement qui lui a été réservé : « En septembre 2015, suite à l’élection du CHSCT, la secrétaire m’a prise à partie m’accusant de vols de documents, de clés de placards… En novembre, j’utilise mon droit de retrait car j’ai peur de rentrer dans l’entreprise… Il n’y a aucune réaction de la direction. Je fais un burn out et me retrouve alors en arrêt et placée sous anti-antidépresseurs durant six semaines. Je reprends en janvier et dès mon retour j’apprends que je suis accusée par une autre membre du CHSCT de vol chez les bénéficiaires. Le lendemain, je me bloque le dos. En février, le médecin du travail me met en inaptitude car je suis en danger au sein de l’entreprise. »

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« Nous avons saisi le conseil des prud’hommes et le tribunal de grande instance de Cahors » annonce Stéphanie Chastang qui dénonce l’attitude de la CGT à leur encontre : « Quand nous avons vu que cela se passait très mal, nous avons alerté le syndicat en janvier. Nous avons demandé à être reçues par M. Matence, le secrétaire de l’UD… qui refuse de nous recevoir et ne répond pas non plus aux mails. Mon inaptitude est déclarée le 9 et M. Matence m’a destituée de mon mandat le 12. Il n’y a eu aucune AG, aucune convocation des syndiquées. Rien n’a été fait dans les règles. » La conclusion des deux femmes est remplie d’amertume : « Que la direction défende son pré carré on peut le concevoir, par contre que notre syndicat nous laisse tomber comme des vieilles chaussettes, c’est écoeurant. » A suivre…

> La réponse de la direction. Rémi Bensoussan, directeur de Lot Aide à Domicile, revient sur le dossier : « On est sur un conflit interpersonnels entre Mme Chastang, Mme Picot et d’autres déléguées syndicales. La direction a agi. Des enquêtes ont été menées par le CHSCT, par un organisme extérieur. La direction a pris toutes les mesures nécessaires pour maintenir la sécurité des salariées. Mme Chastang et Mme Picot sont allées voir la médecine du travail qui a conclu à leur inaptitude mais qui n’a pas d’origine professionnelle. On a fait une recherche de reclassement. Nous avons consulté le comité d’entreprise afin qu’il donne un avis sur la procédure en cours. La direction et l’employeur n’ont jamais exercé de pression ni pris de sanctions à leur encontre. On est dans une procédure classique de licenciement pour inaptitude. Cela n’a jamais été notre volonté de nous séparer de Mme Chastang et de Mme Picot. »

> La mise au point de la CGT. « Elles cherchent un coupable. Elles nous accusent de les avoir lâchées alors que ce n’est pas le cas. Sur la stratégie, nous n’étions pas d’accord. Les syndiquées ont décidé de confier les rênes de CGT LAD à d’autres. Il y a eu un processus démocratique » a indiqué Patrice Matence, secrétaire départemental de la CGT.

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