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Emilie, une couturière itinérante qui pique avec éthique

Elle travaille chez elle et à bord d’une caravane dans divers villages des environs de Cahors. 

Ce jeudi-là, comme chaque semaine d’ailleurs, on ne peut manquer la caravane, toute seule au milieu de la place du marché où le dimanche, à Espère, on va chercher son pain, ses fruits et légumes, ses produits de l’épicerie portugaise ou ses plats et poulets rôtis à emporter. Et le cas échéant bavarder avec les uns et les autres.

La petite caravane est isolée, mais on y croise du monde. On a à peine le temps d’échanger quelques mots avec Emilie qu’une cliente ouvre la porte. La retraitée sourit et s’enquiert. Elle vient chercher ses vêtements. « Pas de souci. C’est prêt. Voici le sac. » Ravie, la dame repart en glissant un « A la prochaine » qui ne semble pas une vaine promesse. Comme quoi l’atelier Tela s’est constitué une clientèle d’habitués. Et a réussi un premier défi : participer à la vitalité et à la convivialité dans des petits centres bourgs qui n’en ont plus toujours beaucoup, hors les grandes surfaces.

Alors qu’elle réalise un ourlet, Emilie Everaere résume son parcours. Nordiste d’origine, elle a travaillé « 20 ans dans le textile ». Comme vendeuse, comme modéliste puis styliste. Par la suite elle s’est installée avec sa petite famille en Occitanie, à Toulouse d’abord, et après dans le village lotois de Gigouzac.

> Une seconde vie, pour elle et pour les tissus

Elle avait toujours envie de coudre et de créer. Sans oublier le sens du contact, et une philosophie dans l’air du temps : le bio, les circuits courts, le recyclage. Emilie préfère le terme d’upcycling. « Offrir une seconde vie à des vêtements ou autres pièces de déco, mais en les dotant d’un nouveau look. Une sorte de lifting pour qu’ils collent aux nouvelles tendances… »

Cela étant, cette passionnée et professionnelle de la couture et des tissus convient que les travaux que lui confient ses clients, dans son atelier de Gigouzac ou dans les villages où elle s’installe à la journée, relèvent majoritairement de la retouche ou du raccommodage. « Je me ménage une journée où je travaille sans contact, chez moi. Ça permet d’avancer les commandes et de me consacrer à des créations… »

A défaut de réaliser un chiffre d’affaires mirobolant, mais elle souligne que « son joint travaille », Emilie se dit épanouie.  Elle aime ce qu’elle fait et comment elle le fait. Son activité répond à un besoin, et au-delà de la prestation de service, elle contribue au lien social. Ce qui n’a pas de prix. Mais ce qu’elle ignore sans doute, c’est qu’elle perpétue une tradition. Pendant la dernière guerre par exemple, une certaine Dwojra Transport s’installa dans le village d’Espère durant plusieurs mois. Son fils Félix et sa fille Juliette y étaient accueillis à la Maison de l’OSE dédiée à la protection des enfants juifs. C’était un grand risque de sa part, mais elle fut hébergée et elle aussi, protégée par les villageois, payant son loyer en effectuant des travaux de couture pour les habitantes… Elle rentra à Paris avant la Libération, et avec ses enfants, gagnera les Etats-Unis après la guerre.

Ph.M.

> Présente à Gigouzac le lundi, à Saint-Pierre-Lafeuille le mardi, à Espère le jeudi. 

> Renseignements sur la page Facebook et le compte Instagram Atelier Tela ou encore au 06 70 85 8767.

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