Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ Retour, en ce début de semaine, sur la Journée Nationale des Sapeurs-Pompiers qui avait lieu ce samedi. Le Département rappelle à cette occasion : « Parce que le courage et l’engagement de ces hommes et femmes forcent l’admiration, le Département du Lot leur doit un soutien logistique et financier sans failles ! » Et dans le détail, il précise : « Pour garantir la sécurité de tous les Lotois et la protection de notre environnement », un budget global de 9,7 millions est alloué en 2026, soit 8,9 millions dédiés au fonctionnement et à l’investissement du SDIS 46 et 800 000 euros « fléchés » pour le nouveau Centre de Secours Principal (CSP) de Cahors. « D’un montant prévisionnel de 14 millions d’euros, cette infrastructure essentielle est financée sous forme de remboursement d’emprunts contractés par le Département » est-il encore noté. Avec Sibelle, s’il nous arrive comme tout un chacun de pinailler sur certains choix budgétaires de nos édiles, d’être étonnés par certaines professions de foi d’élus qui, toutes nuances politiques confondues, font le contraire de ce qu’ils avaient promis parce que la réalité des affaires n’est pas celle des campagnes électorales (et on pourrait dire des campagnes… tout court), sur ce chapitre, on ne peut qu’être en phase avec le discours et les décisions de la collectivité départementale. Secours à la personnes _ voire aux animaux _, prévention et lutte contre les incendies, qu’ils aient lieu en hiver ou en été, qu’ils affectent des habitations, des véhicules ou des hectares de maquis, de forêt voire de champs que la sécheresse rend plus que jamais vulnérables, les sapeurs pompiers sont des héros. Il n’y a pas d’autre mot. Je raconte à ma petite protégée féline qu’il m’est arrivé de le constater sur le terrain même de leurs interventions, notamment quand j’exerçais dans les Ardennes. Je me souviens ainsi d’avoir rendu compte de l’évacuation totale d’un village d’un millier d’habitants où des munitions datant des guerres mondiales avaient provoqué une explosion (et l’on craignait que d’autres, encore stockées dans un hangar appartenant à un collectionneur _ il y en a _, viennent aussi à se réveiller…), ou encore d’un terrible sinistre ayant ravagé un appartement sous des combles, en centre-ville, où les soldats du feu malgré des heures de lutte ne purent in fine que trouver trois corps sans vie (les locataires avaient été asphyxiés). Il y eut encore ces journées affolantes lors des inondations de la Meuse, en 1994 et 1995, quand j’effectuai une promenade particulière à bord d’un zodiac, dans les rues d’un petit bourg littéralement noyé (des quidams s’étaient postés sur les toits des cabines téléphoniques)… Sibelle hoche la tête. Puis elle me demande tout à trac : « Des cabines téléphoniques ? C’est quoi ce truc-là ? » Ne riez pas. Je vais avoir 60 ans. J’ai connu un monde sans portable, sans internet, et les postes de télé en noir et blanc. Mais si les années passent, les pompiers, eux, sont toujours là. H 24.
Mardi._ A New-York, l’équipe de France de football dispute en soirée (heure de Paris) son premier match du Mondial 2026. Après un acte I assez terne, les Bleus se réveillent et dominent le Sénégal 3 à 1. Olise et Mbappé sont les plus en vue. Le second nommé marque deux buts et les célèbre en mimant un geste que je ne saisis pas immédiatement. J’apprends finalement que c’est une façon d’évoquer un de ses hobbies : le capitaine de la sélection pratique la flûte traversière ! « Il a tous les talents, c’est presque indécent » lâche ma tigresse domestique. « Cela étant, l’important est de continuer à nous offrir ce visage conquérant sur les pelouses américaines. Fussent-elles de mauvaise qualité, hélas. Et ça, c’est pas du pipeau » conclut Sibelle, à raison.
Mercredi._ La canicule est de retour. Les records de température aussi, tout comme les risques d’incendie, la nécessaire attention devant être portée aux plus fragiles ou encore la prudence quand on est appelé à exercer une activité en extérieur. Reste un problème majeur. Reste notre talon d’Achille. Vous l’avez ? Notre sacrée ligne ferroviaire Paris-Toulouse via Limoges et Brive. Elle a beau être électrifiée, Madame a encore et toujours ses vapeurs. Problèmes de gel et de givre en hiver, problèmes de glissade quand les feuilles tombent en automne, et en été, pardi, la clim’ est HS quand il faudrait qu’elle soit opérationnelle, quand ce ne sont pas les locos qui rendent l’âme au milieu de nulle part. Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, la SNCF annule d’elle-même nombre de trains. Je laisse à Sibelle le soin d’ajouter son grain de sel à ce cocktail déjà épicé : « Si pour Dali la gare de Perpignan est le centre du monde, alors celle de Cahors est pour l’heure encore un peu en dehors… »
Jeudi._ Le Musée Mémoriel du Lot est inauguré. La date retenue ne pouvait pas être plus pertinente et le ruban a été coupé juste après la cérémonie commémorative de l’Appel du 18 Juin. Nous aurons l’opportunité de revenir largement sur ce nouveau site consacré à l’histoire locale, aux heures terribles et glorieuses que le Lot a traversées au XXe siècle. Pour l’heure, je dois répondre à une question de Sibelle en forme de défi : « Y a-t-il une histoire sans mémoire (ou inversement) ? »
Vendredi._ Cette fois, c’est décidé. Du 22 juin au 15 août, les habitants du département des Pyrénées-Orientales sont invités à se prononcer (par courrier postal ou par Internet) sur la possibilité ou non de changer le nom de leur territoire. Il y a ainsi trois options sur la table : conserver l’appellation actuelle ou choisir entre « Pyrénées-Catalanes » et « Pyrénées-Méditerranée ». Ma protégée féline est pensive. Elle n’a pas d’opinion sur le sujet, mais finalement, voilà une information qui la rassure. La France n’est pas un pays comme les autres. On y aime les mots, on y aime les grands débats. Et c’est pourquoi on l’aime.
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