Entretien avec la jeune romancière.
C’est une jeune femme enjouée, radieuse et un peu fébrile qui, à l’approche de la sortie de son 1er livre de science-fiction dystopique « Attrape-rêves », voit son rêve devenir réalité.
Issue du milieu cinématographique, Juliette Sabatié a finalement trouvé sa voie dans l’écriture. Elle espère que les lecteurs seront conquis pas un univers qu’elle a imaginé mais qui n’est pas si loin de la réalité.…
Le samedi 8 août sortira donc officiellement “Attrape-rêves” à retrouver au format numérique et format papier via la plateforme Amazon, et à Castelnau-Montratier samedi 8 août et mercredi 12 août de 17 à à 19 h, en dédicace, au Fournil des artistes d’ici.
Originaire de Castelnau-Montratier, et avec de fortes attaches lotoises, Juliette Sabatié, 22 ans, revient sur la genèse de son livre, son univers et ses projets.
> Medialot : vous publiez votre premier roman à 22 ans. L’écriture est-elle une passion récente ?
Juliette Sabatié : pas du tout. J’essaie d’écrire un roman depuis le collège, depuis la sixième environ. J’ai toujours inventé des histoires, mais il y a une grande différence entre commencer un livre et le terminer. Le vrai déclic est venu quand je me suis dit : j’ai une seule vie, cela fait tellement longtemps que je veux écrire un roman qu’il faut que je trouve le moyen d’aller jusqu’au bout.
> M. : vous vous destiniez pourtant plutôt au cinéma ?
J.S. : oui, j’ai suivi un BTS Métiers de l’image et du son au lycée des Arènes à Toulouse. J’avais découvert le cinéma au lycée, grâce à une enseignante formidable qui était aussi mon professeur de français. C’est elle qui m’a poussée vers des projets d’écriture de courts-métrages, et j’ai adoré ça. J’ai ensuite réalisé plusieurs films avec des amis, dont un qui a été sélectionné en festival. Mais paradoxalement, à force d’étudier le cinéma en profondeur, je m’en suis éloignée.
> M. : d’où vient l’idée du roman ?
J.S. : depuis toute petite, je fais énormément de cauchemars, toutes les nuits. Enfant, j’avais même des rêves lucides, c’est-à-dire des rêves où l’on est conscient d’être en train de rêver. J’ai commencé à écrire Attrape-rêves à une période où je faisais une dizaine de cauchemars par nuit et où je ne dormais plus que deux ou trois heures. Comme j’avais beaucoup de temps éveillé la nuit, je me suis mise à écrire.
> M. : vous êtes donc partie de votre propre vécu ?
J.S. : oui. On m’avait donné un conseil qui m’a marquée : quand on débute, il vaut mieux écrire sur quelque chose qu’on connaît, qui nous habite vraiment. J’ai donc mélangé deux éléments qui occupaient ma vie à ce moment-là : mes cauchemars et mes études de cinéma. C’est de ce mélange qu’est né le roman.
> M. : comment résumeriez-vous l’histoire ?
J.S. : l’action se déroule dans un futur où la plupart des métiers ont été robotisés mais un domaine résiste : la création artistique. Les intelligences artificielles n’arrivent pas à produire des histoires qui divertissent autant que celles des humains. Alors on va puiser directement dans l’inconscient des gens capables de rêves lucides, pour en tirer de la matière scénaristique. Un nouveau métier apparaît : celui de « générateur d’idées ». C’est simple en apparence : il suffit de dormir, branché à une machine, qui récupère les rêves et les transforme en matière première pour créer des films. Mais on entre vite dans un engrenage : on ne sait plus ce qui relève du rêve ou de la réalité, et la question de l’intimité se pose aussi, puisque tout le monde peut voir à quoi on rêve. Et l’héroïne est une jeune femme complètement démunie, à la rue, qui se lie à cette machine pour survivre.
M. : et après ce premier roman ?
J.S. : je vais d’abord me consacrer à son lancement, bien le laisser vivre. Puis, dès le mois prochain, je commencerai l’écriture du suivant.
> M. : vous pouvez nous en dire un peu plus ?
J.S. : ce sera encore de la science-fiction, mais cette fois dans l’espace. L’héroïne sera une anti-héroïne, une prodige de l’informatique spécialisée dans le hacking, infiltrée dans une station spatiale. Après avoir écrit du point de vue d’une victime dans Attrape-rêves, J’ai très envie d’explorer, cette fois, le point de vue d’un personnage qui provoque les événements plutôt qu’il ne les subit.





