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Sibelle, l’éclairage nocturne, les plaies de la tempête Nils et le marché de Prayssac

Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ On apprend que les services techniques de la collectivité vont régler à partir d’aujourd’hui les points d’éclairage public de la ville de Cahors pour que l’extinction des feux _ si l’on ose dire ou écrire _ ait lieu désormais à une heure du matin au lieu de minuit actuellement. « Un engagement de campagne » précise la mairie. Il faut être patient car ce changement devra être effectué via des opérations manuelles, d’où une période transitoire de plusieurs semaines  pour « reprogrammer les 2 891 points lumineux concernés ». La généralisation des ampoules LED ayant engendré une économie de 500 000 euros par an, cette heure de lumière en plus engendrera un coût assez marginal (7 000 euros). Sibelle, qui est cultivée, pense au livre de Richard Bohringer _ « C’est beau une ville la nuit » _ mais n’ignore pas pour autant qu’en ville comme à la campagne, outre la préservation de la biodiversité nocturne, la question de l’éclairage est aussi liée à des préoccupations de sécurité. Dans certaines localités, on a ainsi choisi des systèmes de lampadaires équipés de détecteurs de mouvement. Mais cette fois, ma protégée féline grimace. Elle qui ne déteste pas chasser, notamment la nuit, elle redoute qu’un simple geste ou réflexe ne puisse éventuellement trahir sa présence. « On ne peut jamais satisfaire tout le monde » dois-je conclure. 

Mardi._ On n’oubliera pas de sitôt ce match de Ligue des Champions. Même les téléspectateurs les moins passionnés ont été emballés par PSG-Bayern qui s’est soldé par un score tonitruant : 5-4. Ce n’est pas que les gardiens et défenseurs soient passés à côté : plutôt que les deux équipes ont eu sans cesse l’ambition d’aller de l’avant, emmenés par quelques joueurs d’exception. Certains spécialistes évoquent le stratège Johan Cruyff et son « football total », d’autres le Brésil d’antan. C’est à la fois juste et néanmoins erroné. Nous sommes en 2026. A une époque où l’on peut regretter certaines évolutions dans différents sports professionnels, soyons simplement satisfaits que parfois, le spectacle offert soit en quelque sorte marqué d’un sceau éternel. Celui du plaisir du jeu, du plaisir du but… Même ma protégée féline est d’accord. D’ailleurs, elle a retardé d’autant sa promenade nocturne !

Mercredi._ Le conseil communautaire du Grand Cahors sollicite une aide de l’État afin de régler une partie de la note engendrée par les dégâts causés par la tempête Nils, à la mi-février. Le lac de Catus avait été particulièrement affecté, et il y avait eu aussi des pontons emportés et des réseaux d’eau dégradés sur d’autres localités. La réunion fut également marquée par le vote du budget. Mais sur ce territoire comme ailleurs, personne pour l’heure ne peut estimer le coût qu’engendrera une autre tempête. Celle des prix des carburants et des matières premières due à guerre au Moyen Orient et au blocage du Détroit d’Ormuz. Sibelle ne dit mot. Si l’État, les particuliers, nombre d’entreprises sont déjà lourdement impactés, difficile de nier que les collectivités ne le soient pas… 

Jeudi._ Ils ont l’art de la communication, nos voisins de Dordogne. Et en particulier dans les pharmacies ! En avril 2025, une officine de Ribérac avait posté une vidéo étonnante, pour créer le buzz. Ayant du mal à recruter un pharmacien, l’annonce consistait en un clip où des préparatrices hilares brandissaient des panneaux où l’on pouvait lire : « Bonjour à tous, votre pharmacie de Ribérac recherche… Un beau gosse, grand, bronzé, bien musclé, avec des abdos saillants, sexy, attentionné et drôle ! » Un an plus tard, c’est un pharmacien de Vélines qui fait parler de lui et qui accumule des milliers de vues. Agé de 31 ans, plutôt charmant, Leevan Decou poste des vidéos sur lesquelles avec humour il distille des petits conseils de prévention. A nos confrères de France 3 il explique vouloir « dépoussiérer l’image » de sa profession. « On a tous l’image du pharmacien d’un certain âge, en blouse blanche, sans sourire qui range des boîtes à l’arrière de sa pharmacie. J’essaie de redorer le blason de notre génération, d’être plus fun. » A lire les commentaires, c’est réussi. Même plus que prévu sans doute. Dans une de ses dernières vidéos, le pharmacien conseillait : « Et si vous mettiez un peu de vert dans votre quotidien ? Les plantes ne sont pas que décoratives : elles apaisent, réduisent le stress, améliorent votre environnement… » Des followers (femmes et hommes) ont répondu assez vite : « Je vais tout plaquer pour devenir la plante verte de votre pharmacie ! » Ah, les réseaux sociaux, c’est quelque chose ! Un regret de Sibelle : à ce jour, sauf erreur, pas une vidéo dédiée aux maux de nos compagnons à quatre pattes…

Vendredi._ Une nouvelle fois, le marché de Prayssac est en lice pour être sacré « Plus beau marché de France ». C’est mérité. Je ne me lasse pas, en été surtout, de parcourir les allées bordées de dizaines d’étals de ce rendez-vous, le vendredi matin. Fruits, légumes, fromages, charcuteries et bien d’autres produits du terroir y rivalisent de couleurs, de parfums. Il y a du monde, beaucoup de monde, mais quelque part, cela ajoute au charme du marché. On capte des bouts de phrases prononcées en occitan, en anglais, en hollandais. On finit par être enivré avant même que le panier ne soit rempli. Et l’on termine cette folle cavalcade en buvant un express sur la place. Il y a sans doute, en été, plus de consommateurs et curieux que d’habitants dans le bourg. Mais on s’en fiche. Quand on marche pour retrouver notre voiture garée sur un parking, on passe devant le cinéma Louis-Malle. Le seul en France à porter le nom du cinéaste qui aimait tant le Lot. Et cela n’a pas de prix.

Visuel DR

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