Conférence de presse des représentants de la FSU, de la CGT Educ’Action, et de Sud Education (la CFDT était excusée).
Ce mercredi 27 mai 2026, place Chapou à Cahors, devant la préfecture, Samuel Martin de la FSU, Fiona Ferrer de la CGT Educ’Action, Isabelle Conte de Sud Education (la CFDT était excusée), ont lu le texte du moratoire restauratif d’urgence sur la carte scolaire dans le Lot, aux côtés de Marie Piqué, conseillère régionale, Catherine Prunet, vice-présidente du Département en charge de l’éducation, et d’Elsa Bougeard, conseillère municipale d’opposition de Cahors en Commun. 70 élus dont la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, ont d’ores et déjà signé le moratoire qui va être envoyé au ministère, à l’inspection académique et à la DASEN. Tous ont annoncé « le début d’une autre page de l’histoire » : « La motion départementale et les mouvements citoyens ont été le tremplin de la rédaction du moratoire restauratif d’urgence. Cet outil politique donne la possibilité de faire converger et d’unir tous les acteurs autour d’une seule et même initiative, à très grande échelle. Grâce à l’obtention de moratoires, des avancées ont été obtenues dans des départements les années passées. Des sénateurs et des députés en demandent actuellement cette année en France, inspirés par le Moratoire Lot. Ainsi, un mois plus tard, nous sommes porteurs des centaines de signatures de représentants, dans tout le département et à tous les niveaux de représentation : enseignants, syndicats, citoyens, parents et associations de parents d’élèves, maires, élus départementaux, élus régionaux, partis politiques. C’est un département entier qui incarne une résistance pleine d’espoir pour la défense de l’éducation. Ce 27 mai, nous sommes réunis pour raconter et inaugurer ensemble l’envoi de la demande de moratoire au gouvernement. C’est un moment historique. Quelque chose se passe. Nous réaffirmons ici au contraire notre exigence : l’école prépare l’avenir de notre démocratie et de la société de demain. La France a pris un tel retard. La baisse démographique ne constitue pas une politique et ne doit pas justifier la pression que nous subissons sur nos postes. Grâce à elle au contraire, soignons et protégeons ce service commun qui est une richesse collective, comme le fait par exemple la Grèce. Réduisons le nombre d’élèves par classe, favorisons les groupes de taille moyenne, accompagnons mieux les élèves, créons massivement des postes de remplaçant, favorisons l’inclusion, ajoutons des encadrants, payons-les décemment. La concentration des fermetures sur certains secteurs, notamment dans la vallée du Lot – Duravel, Castelfranc, Puy-l’Évêque, Luzech, Caillac ou Espère – accentue encore les déséquilibres territoriaux et créera également des difficultés importantes pour les personnels, notamment en matière de mutations et de stabilité professionnelle. Dans des écoles menacées d’une fermeture, il y aura des classes de 25, 26 élèves à la rentrée. Plus de 10 élèves de plus que la moyenne européenne. Notre société a évolué et nombre d’enfants sont actuellement fragilisés. Au lycée, des enseignants, face à des classes surchargées, alertent sur les nombreux décrochages scolaires. Les personnes responsables de ces réductions de moyens ont-elles, lorsqu’elles étaient élèves, appris dans des conditions aussi difficiles et dégradées que celles que les élèves subiront dans les prochaines années si l’Éducation nationale continue d’être méprisée et amputée de ses moyens? Quel coût pour l’enfance, nos futurs citoyens, une société en devenir? Ces annonces nationales puis académiques et désormais départementales attaquent directement les conditions de travail de l’ensemble des personnels et les conditions d’apprentissage des enfants. Notre service public d’éducation a besoin, pour vivre et accomplir ses missions, de 30 000 postes au niveau national. C’est-à-dire 1 milliard d’euros. Peu finalement à côté de ce que l’État veut dépenser prochainement pour ladite « défense ». 30 000 postes permettraient que l’Éducation nationale passe de 21 élèves par classe à la moyenne européenne qui est de 19,3. Ce n’est pas sur l’éducation qu’un État doit faire des économies. Il prendrait alors directement sur ses ressources, ses organes vitaux. L’argent existe pour faire d’autres choix. En 2026, l’État prévoit 42 milliards d’euros dont une bonne partie pour des armes et des munitions. Doit-on rappeler que la réduction des cotisations patronales coûte près de 80 milliards d’euros à l’État ? L’argent existe et doit aller à la jeunesse, à sa culture, à son essor. A travers cette demande de moratoire restauratif, les organisations syndicales, les élus à toutes les échelles, de façon transpartisane, affirment aujourd’hui collectivement la volonté d’une école ambitieuse, humaine et de proximité et qui remette le Droit des Enfants au centre de ses préoccupations et le regard de la Défenseure des Droits des Enfants a été sollicité. Elles appellent à un véritable dialogue sans passage en force entre l’État, les collectivités territoriales et l’ensemble de la communauté éducative afin de construire des réponses durables, adaptées aux réalités du Lot et respectueuses des besoins des élèves comme des personnels. Ce moratoire est dit restauratif car il se veut être réparateur. Il demande une respiration : une suspension des fermetures et un effet de résilience au vu des dégâts occasionnés sur l’éducation et sur notre jeunesse. Nos enfants seront les acteurs et actrices du monde de demain. L’enjeu demande d’être à la hauteur. S’être fédéré autour de cette demande et la porter désormais au National incarne ce choix, cet espoir. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui ne l’ont pas encore fait à signer et faire signer ce moratoire d’urgence sur la carte scolaire dans le Lot » ont expliqué les représentants syndicaux.
> https://www.change.org/p/moratoire-restauratif-d-urgence-sur-la-carte-scolaire-dans-le-lot





