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Lot – Carte scolaire 2026 : Pradines ne fermera pas, boycott… clap de fin pour le CDEN

Retour sur les décisions de ce 13 avril. 

Ce lundi 13 avril, le CDEN s’est réuni pour aborder la préparation de la rentrée scolaire 2026 dans les écoles, collèges et lycées du Lot. Une manifestation d’une quarantaine de personnes a eu lieu en amont rassemblant des élus, des représentants syndicaux (FSU, CGT Educ’action, CFDT, Solidaires) et des parents d’élèves. « On a l’impression que c’est un dialogue à sens unique. On déplore la méthode. Les économies sur l’humain aujourd’hui nous les paierons très cher. Nous demandons le gel de la carte scolaire et nous voulons une véritable concertation. L’éducation nationale doit écouter ceux qui vivent sur les territoires » a déclaré Catherine Prunet, vice-présidente du Département.

Après la lecture de différentes déclarations préalables, les conseillers départementaux, des organisations syndicales et la représentante des parents d’élèves (FCPE) ont quitté la séance pour dénoncer « le refus de revenir sur toutes les suppressions de postes ». La délégation de l’UNSA Education ainsi que deux maires, le représentant des DDEN, le représentant de l’UDAF et celui de la Ligue de l’Enseignement sont restés. La représentante de l’AMF (Association des Maires de France) en a fait de même et a pu détailler des argumentaires sur plusieurs situations situées dans la vallée du Lot.

Le projet concernant les collèges et les lycées n’a pas évolué. L’UNSA éducation a voté contre ce projet « du fait du nombre important de divisions en 6ème et 5ème à 30 élèves et des divisions en lycées à 35 voire 36 élèves par classe. Au moment où l’on parle de la santé mentale des jeunes et de l’ambition de réussite pour tous, ces conditions ne sont pas pour le syndicat, favorables aux apprentissages de tous. Les élèves les plus faibles seront encore une fois ceux qui seront les plus touchés par ces conditions dégradées ».

Le projet concernant les écoles a connu une nouvelle évolution. Alors que suite à la réunion du CSASD, la fermeture à l’école de Bretenoux avait été annulée (sursis), la préfète et la DASEN ont annoncé avant de voter le projet global de la carte scolaire que la mesure concernant Pradines Labéraudie était annulée (sursis). Chaque renoncement se traduit par autant de créations de postes de remplaçants en moins. Pour les RPI Duravel/Touzac/Soturac et Caillac/Crayssac la mesure est maintenue avec une « attention particulière » et un accompagnement local. La DASEN a rappelé que la vérification des effectifs serait faite et si des ajustements sont nécessaires ils seront faits. Elle a également annoncé que le Lot venait de recruter 2 contractuels : un affecté à Frayssinet le Gélat et l’autre à Lacapelle-Marival.

> Pour l’UNSA éducation, « la politique de la chaise vide n’est pas une solution pour plusieurs raisons » : «  D’une part si on a des oppositions, des remarques, des questions à partager, quoi de mieux que de de siéger ? D’autre part, de nombreuses écoles nous ont confié des éléments à mettre en avant concernant leur situation : l’UNSA Education considère que c’est de notre responsabilité de transmettre ces éléments à l’administration qui ensuite décide. » Et le syndicat de conclure : « Pour l’UNSA Education, la situation démographique du Lot ainsi que les éléments économiques doivent servir de base à la poursuite de la réflexion sur les évolutions structurelles des écoles du département et au lancement d’une réflexion sur l’offre scolaire dans les collèges du département. Si l’intérêt des élèves et celui des enseignants est mis au cœur de la réflexion, ceux qui ont aujourd’hui la compétence sur les structures ne peuvent pas en rester sur un statu quo mortifère. Là où la réflexion sera engagée, l’UNSA éducation prendra toute sa place pour que l’ensemble de la communauté éducative soit associée dans l’intérêt premier des élèves. »

> La réaction de Denis Marre, maire de Pradines : « J’ai été informé, à l’instant, par madame la directrice académique des services de l’éducation nationale de la décision de ne pas fermer une classe à l’école Jean Moulin à la rentrée 2026. Je tiens à saluer cette décision, qui prend en compte le dynamisme démographique de notre commune ainsi que l’évolution attendue des effectifs scolaires dans les années à venir. Le maintien de cette classe constitue une reconnaissance de l’attractivité de Pradines et de son rôle au sein du bassin de vie de Cahors. Il permettra de préserver des conditions d’apprentissage de qualité pour les élèves, en évitant une augmentation excessive des effectifs par classe. Je tiens également à adresser mes remerciements sincères à l’ensemble des parents d’élèves ainsi qu’aux élus qui se sont fortement mobilisés ces dernières semaines. Leur engagement collectif, responsable et déterminé a contribué à faire entendre la voix de notre commune et à défendre avec conviction l’intérêt des enfants. La municipalité restera pleinement mobilisée aux côtés de la communauté éducative pour accompagner les évolutions futures et défendre un service public d’éducation de qualité, adapté aux réalités de notre territoire. »

> L’intervention de Marie Piqué, conseillère régionale, qui a lu une déclaration au début du CDEN (avant de quitter l’instance) : « Je souhaite, en ouverture de ce Conseil départemental de l’éducation nationale du Lot, faire entendre une inquiétude profonde et, disons-le clairement, une colère qui monte sur notre territoire, tant chez les équipes pédagogiques que chez les parents d’élèves dont les représentants syndicaux n’ont eu de cesse de me saisir pour m’exposer leur désarroi. Derrière les tableaux d’effectifs, derrière les lignes budgétaires et les arbitrages administratifs, il y a une réalité sociale que nous ne pouvons pas ignorer : celle d’un affaiblissement progressif du service public d’éducation dans un département déjà fragilisé par des inégalités territoriales. Les suppressions de postes d’enseignants envisagées, 13 postes dans le primaire, près de 20 dans le secondaire… ne sont pas des ajustements techniques mais sont la conséquence de choix politiques qui auront des impacts concrets pour nos enfants : classes surchargées, remplacements non assurés, options supprimées, accompagnement réduit des élèves. Dans le Lot, en Quercy, supprimer un enseignant ce n’est pas seulement réduire une ligne dans un budget, c’est éloigner un peu plus l’école de la promesse républicaine d’égalité. C’est fragiliser le lien avec les habitants avec la disparition d’une école de proximité, c’est mettre en difficulté également les équipes pédagogiques locales déjà engagées au-delà de leurs moyens et ressources. Est-ce que nous devons accepter que la logique comptable prenne le pas sur une vision éducative républicaine ? Est-ce que nous devons accepter que nos enfants aient moins parce qu’ils vivent dans un territoire rural ? Est-ce que nous devons accepter que les enseignants soient une variable d’ajustement d’une politique nationale décorrélée de la réalité et des besoins du terrain ? Je considère que l’Ecole de la République doit être un rempart contre les inégalités… Pas un amplificateur ! Elle doit garantir à chaque enfant, où qu’il vive, les mêmes conditions d’apprentissage et les mêmes chances de réussites. C’est pourquoi, au nom des valeurs que je porte, je vous demande d’entendre notre message d’un besoin d’une école publique, inclusive, émancipatrice et accessible à tous. La décision que vous allez prendre engage les conditions du bien vivre ensemble dans notre territoire et dans nos villages. Si vous maintenez ce projet en l’état, le risque c’est un impact sur la santé et la sécurité de nos enfants. Si vous maintenez ce projet en l’état, le risque c’est un possible délitement du lien collectif et des valeurs républicaines qui nous rassemble avec la montée de l’extrême droite. Il vous appartient de changer de cap ! Il est encore temps, d’autres choix sont possibles : des choix à la hauteur des enjeux éducatifs, sociaux et territoriaux, en bref être au service du bien public. »

Photo DR

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