Communiqué de l’opposition.
« Cent jours après l’installation de la nouvelle équipe municipale, il est temps de dresser un premier état des lieux. Si ce délai reste trop court pour juger une politique dans sa globalité, il permet déjà de distinguer ce qui relève de l’héritage du précédent mandat ou des premiers choix assumés par la nouvelle majorité » expliquent Guillaume Baldy, conseiller municipal d’opposition de Figeac Ensemble, et Claude Gendre de l’association éponyme, avant de détailler leur analyse :
« Nous nous réjouissons tout d’abord que plusieurs dossiers majeurs pour Figeac avancent. Il est toutefois utile de rappeler, par souci de transparence vis-à-vis des Figeacois, que la plupart d’entre eux ont été initiés, financés et engagés par l’équipe municipale précédente, souvent après plusieurs années de travail.
Parmi eux :
– le plan de rénovation des bâtiments publics, rendu possible grâce aux financements obtenus dans le cadre du plan national, négociés et sécurisés sous notre mandat ;
– la modernisation de l’éclairage public avec le passage au LED, engagée depuis plusieurs années et qui permet désormais l’allongement des plages d’éclairage auquel nous nous étions engagés ;
– l’implantation d’une IRM à l’hôpital de Figeac, obtenue de haute lutte auprès des autorités de santé. Sa mise en service dépend désormais des travaux d’extension de l’hôpital, qui comprennent également l’agrandissement des urgences. Nous regrettons d’ailleurs que les arbitrages attendus au printemps aient été repoussés à l’automne. Sur un sujet aussi essentiel que l’accès aux soins, chaque mois compte ;
– l’ouverture de près de 200 nouvelles places de stationnement gratuites ainsi que le réaménagement du parvis de la gare SNCF ;
– la poursuite des travaux du Surgié et de la prise d’eau, un projet que le nouveau maire avait pourtant vivement critiqué durant la campagne avant de le présenter aujourd’hui comme indispensable. Nous prenons acte de cette évolution, qui confirme la pertinence du travail engagé ;
– les nombreuses animations culturelles programmées de longue date : l’accueil du Bal’Ograph, les expositions temporaires du musée Champollion, les Mardis de l’été ou encore l’accueil des Meules Bleues.
– et bien d’autres
Que ces projets aboutissent est une excellente nouvelle pour Figeac, et c’est bien là l’essentiel. Nous tenions simplement, par respect pour le travail accompli et pour la clarté du débat public, à rappeler leur origine.
Il faut d’ailleurs garder à l’esprit que les effets des décisions prises lors du mandat précédent continueront à produire leurs résultats pendant plusieurs années. À l’inverse, les choix de la nouvelle majorité ne pourront être évalués qu’avec le temps.
Il nous paraît donc plus juste d’apprécier son action sur les décisions qui relèvent réellement de sa responsabilité que sur la poursuite de projets hérités.
En revanche, certains choix relèvent pleinement de la nouvelle majorité et méritent d’être examinés avec attention.
La baisse des subventions aux associations touche directement le tissu associatif figeacois, pourtant indispensable à la vie sociale, culturelle et sportive de notre commune. Les conséquences de cette décision se feront rapidement sentir.
La limitation du droit de manifester sur une partie de l’espace public constitue, quelles que soient les revendications exprimées, une atteinte préoccupante à une liberté fondamentale.
L’isolement institutionnel de Figeac. Le refus de participer à l’exécutif communautaire prive la ville-centre d’une place autour de la table où se décident des politiques essentielles : développement économique, mobilités, habitat, eau, transition écologique. De la même manière, l’absence, pour la première fois depuis très longtemps, d’élus de la majorité municipale dans la plupart des syndicats mixtes et organismes extérieurs réduit considérablement la capacité de Figeac à défendre ses intérêts. Pour notre part, nous continuerons, chaque fois que cela sera possible, à porter la voix des Figeacois dans ces instances, même si le risque est réel de voir les politiques municipales se désynchroniser progressivement de celles conduites sur le reste du territoire.
Ces choix d’isolement institutionnel affaiblissent durablement la capacité de Figeac à peser sur son avenir, alors même que les grands enjeux — eau, mobilité, santé, déchets, énergie ou transition écologique — se décident de plus en plus à l’échelle intercommunale ou départementale. Les conséquences de ces choix ne seront probablement visibles que dans plusieurs années, lorsqu’il sera plus difficile d’y remédier.
Nous constatons également plusieurs renoncements qui interrogent.
L’abandon du complexe sportif attendu depuis de nombreuses années par les clubs figeacois. Ce projet, préparé pendant plusieurs années, était prêt à être lancé. Son abandon constitue une profonde déception pour le monde sportif et représente également une perte de plus de 60 000 euros déjà investis en études.
Le renoncement aux travaux de réfection des trottoirs des allées Victor-Hugo, pourtant programmés pour cet automne et qui semblent aujourd’hui abandonnés.
la fin du soutien à certaines associations qui assurent de vraies missions de service public.
Ces renoncements interrogent d’autant plus que, dans le même temps, le dernier conseil municipal a voté plus de 400 000 euros de dépenses supplémentaires. Autrement dit : moins d’investissements utiles au quotidien des Figeacois, mais davantage de dépenses. La nouvelle majorité devra expliquer clairement ses priorités et la cohérence de ses choix.
Au-delà de ce premier bilan, un sujet nous préoccupe plus profondément : celui de l’adaptation de notre commune aux dérèglements climatiques, que les inondations du printemps et la canicule actuelle rappellent avec force.
La campagne municipale a été marquée par de nombreuses promesses d’action immédiate. Pourtant, les défis auxquels Figeac est confrontée — gestion de l’eau, confort thermique, aménagement urbain, protection des populations les plus fragiles — ne se résolvent ni dans l’urgence ni par des mesures ponctuelles. Ils exigent une vision de long terme, de l’anticipation et de la constance.
C’est cette stratégie que nous avons construite au cours des dernières années, et dont les effets commencent aujourd’hui à produire des résultats. Nous serons particulièrement vigilants à ce que cette dynamique ne soit pas interrompue sur d’autres projets structurants pour l’avenir de notre commune.
Nous continuerons, comme nous nous y sommes engagés, à exercer une opposition exigeante, constructive et responsable : en soutenant tout ce qui ira dans le sens de l’intérêt général des Figeacois et en alertant chaque fois que des renoncements, des retards ou des choix contestables risqueront de pénaliser l’avenir de notre ville.
Durant la campagne électorale, nous avons souvent entendu que, malgré un profond renouvellement de notre équipe, nous étions « là depuis trop longtemps ». Cent jours plus tard, un constat s’impose déjà : en matière de gestion publique comme dans bien d’autres domaines, l’expérience n’est pas un défaut. Elle est un atout précieux au service de l’intérêt général. »
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