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Assises : émotion pour le début du procès Belmon


La cour d’assises du Lot juge cette semaine Matthias Belmon pour avoir tué sa soeur Stephan en octobre 2011.

« Maman s’appelle Françoise et papa s’appelait Christian”. Matthias Belmon est debout et se présente pour l’ouverture de son procès, un peu perdu dans une veste en velours qui semble un peu trop grande pour lui. Reprend son souffle, ses idées lors de l’interruption d’audience pour choisir les jurés. Un regard pour sa femme au premier rang, pour des proches…

Premier incident, l’enquêtrice de personnalité s’est excusée pour cause de congés. Me Catala, avocat de la défense, a alors demandé à la présidente, Michelle Salvan, d’intervenir : « Sans aller jusqu’à une démarche manu militari, une démarche vigoureuse pourrait être accomplie, par démarche vigoureuse je parle d’un coup de téléphone. » Finalement, après intervention, l’enquêtrice sera là jeudi.

La présidente de la cour d’assises a ensuite présenté les faits du 17 octobre 2011 où Matthias Belmon a appelé au matin la gendarmerie déclarant avoir tué sa soeur. Le corps de Stephan a été retrouvée sans vie près des WC avec des traces de strangulation manuelle et avec un lien et quatre traces compatibles avec un pistolet électrique. C’est dans la nuit après être revenu d’un dîner à Mercuès et être rentré chez lui à Goujounac que Matthias Belmon est reparti pour Cahors afin d’avoir une discussion avec sa soeur « qui depuis quelque temps fuyait le dialogue » avec un boîtier à impulsion électrique type shocker et « une corde pour la forcer à écouter ». Après être entré, une dispute violente a eu lieu, Stephan a essayé de fuir, a mordu son frère pour se défendre lui sectionnant presque une phalange. Après l’avoir étranglée, il est remonté chercher une corde et est redescendu l’étrangler. Dans ses déclarations, l’accusé niera s’être rendu chez elle pour la tuer. Il a évoqué ne se souvenir que par flash des faits. Amnésie due à une prise, dira-t-il, d’anxiolytiques.

La magistrat a également énuméré ce qui a été retrouvé dans sa voiture : un sac vert, une cordelette de trois mètres tachée de sang, une lampe frontale, des gants et des vêtements ensanglantés, un fusil et des cartouches. Le téléphone mobile acheté sous une autre identité et le pistolet électrique n’ont pas été retrouvés.

Matthias Belmon s’est ensuite levé pour présenter les éléments marquants de sa vie. Son enfance à Goujounac, à Frayssinet-le-Gélat. « Mon premier souvenir, c’était la naissance de Steph. Nous avons grandi ensemble avec Steph. C’était une enfance à la campagne, une enfance extrêmement heureuse. » indique-t-il les larmes aux yeux. Il poursuit : « Je ne voyais pas beaucoup papa et maman, cela a été retranscrit par ma nounou de l’époque. J’ai passé beaucoup de temps avec mon grand-père paternel qui m’a initié à la chasse. » Ecole primaire, déménagement à Cahors – « C’est à cette époque que Steph et moi avons été très proches »-collège, lycée, rugby, études d’architecture à Paris, rencontre avec son épouse, « une belle histoire d’amour », naissance de ses deux fils, retour dans le Lot pour travailler dans l’entreprise familiale avec son père, sa mère, et sa soeur. « J’ai découvert une famille différente que quand nous étions adolescents. Quelque chose avait changé ou nous peut-être… » explique-t-il avant de revenir sur la mort de son père en 2010 : «  Cela a été traumatisant ainsi que sa maladie. Steph a été très présente pendant ces moments. J’ai quand même le souvenir de l’avoir été également. Papa s’est occupé de la succession. Il y a deux activités pour lesquelles on s’est entendu avec Steph : la vigne et la carrière. Mon père était content alors que ce n’était pas son idée de départ.» Sur le plan affectif, Matthias Belmon s’est livré à une analyse : « J’étais proche de mon grand-père paternel, de mon père, un ami, un confident avec des passions en commun la chasse, le rugby, un métier commun. Petit j’étais proche de ma maman, et à l’adolescence on l’était moins. Je ne sais pas pourquoi. Il n’y avait pas de conflits, il y avait moins d’affinités. »  Et d’évoquer les bons moments récents avec sa soeur comme un week-end à Madrid ou un Noël ensemble.

La matinée s’achève et Matthias Belmon essaie de trouver ses mots sur la relation avec sa soeur, sur son « acte » : « Avec Steph, on était très différents, elle avait un caractère bien trempé. Elle avait les traits de visage de papa, et le caractère de mon grand-père. C’était ma petite soeur, je l’aimais. Elle était très dynamique, solaire. J’éprouve un sentiment de culpabilité par rapport à l’acte que j’ai pu commettre, Un sentiment de honte, de déchéance. J’ai demandé pardon à ma mère, je le réitère aujourd’hui. Steph me manque. J’ai d’abord pensé à la retrouver…Steph, papa…Je ne suis pas là pour me défausser. C’est normal que je sois jugé pour cet acte qui m’apparait, encore aujourd’hui, incompréhensible. »

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