Une association s’oppose à son implantation, l’agriculteur répond à la polémique.
Le collectif « Ensemble pour le Quercy Blanc » s’oppose au projet de méthaniseur à Villesèque : « Nous n’avons rien contre les fermes d’élevage qui produisent de l’énergie grâce à la fermentation des fumiers et débris végétaux de l’exploitation et qui épandent le sous-produit de ce processus: le digestat, sur leurs terres… mais nous nous opposons au projet présenté pour Villesèque, qui pour fonctionner, importerait majoritairement et massivement des productions végétales en provenance de 4 grosses exploitations du Quercy Blanc ». Et d’en lister les conséquences :
« Un risque de pollution grave et durable de la terre et des eaux au détriment de la santé de tous, avec l’épandage chaque mois de 1186 tonnes de digestat liquide et de 319 tonnes de digestat solide dans des zones très sensibles sur 12 communes voisines.
Des atteintes à nos nombreuses productions bio et à l’attrait touristique de notre territoire.
Une chasse aux terres au détriment de jeunes agriculteurs qui veulent s’installer ( ex récent avec un tour de passe- passe pour contourner la priorité donnée aux jeunes). La priorité doit aller aux cultures vivrières et non à l’alimentation d’un méthaniseur.
De graves nuisances au voisinage de l’usine: habitations, activité commerciale d’une exploitation et un élevage équin, tous à moins de 250m de l’usine subiront puanteur, trafic et dégradation du paysage.
La détérioration de nos routes départementales et communales du fait du transport de milliers de tonnes d’intrants et de digestat (jusqu’à une quarantaine de camions / jour).
Mettre en danger notre santé, ainsi que les activités agricoles et touristiques de notre territoire, cela dans le seul intérêt de Gaz de France et d’une exploitation déjà prospère : Non merci !»
Le collectif souhaite la tenue d’une réunion publique qui est à leurs yeux « essentielle ».
> Le porteur de projet, Nicolas Rybinski, agriculteur, de la ferme éponyme, répond aux accusations :
« Il n’y a aucun risque grave et durable pour les sols, l’eau et la santé. Cette affirmation est fausse et ne repose sur aucun élément technique. Le digestat est un fertilisant organique (utilisable en agriculture biologique) issu de fumier et de résidus végétaux. Son objectif est justement de remplacer une partie des engrais chimiques importés, dont certains peuvent contenir des impuretés comme le cadmium. Le risque ne dépend pas du digestat lui-même mais des conditions d’épandage. C’est pourquoi notre projet prévoit près de 10 mois de capacité de stockage, alors que la réglementation n’impose que 4 mois. Cette marge permet d’attendre les meilleures conditions météorologiques et agronomiques avant tout épandage afin que les cultures puissent absorber les éléments fertilisants. Il s’agit d’une unité de méthanisation agricole, portée par notre exploitation et plusieurs exploitations agricoles partenaires. Notre métier reste avant tout celui d’agriculteurs. Nous continuerons à élever nos animaux, cultiver nos terres et vendre nos produits. La méthanisation vient simplement valoriser le fumier produit sur les exploitations. Contrairement à ce qui est parfois affirmé, notre projet ne traitera ni boues de stations d’épuration, ni déchets ménagers, ni déchets industriels. Les matières seront exclusivement d’origine agricole et produites localement. Les bâtiments de stockage seront fermés et le digestat est moins odorant que les effluents d’élevage Le stockage de près de dix mois permet également de choisir les périodes d’épandage les plus favorables, sans contrainte liée au remplissage des cuves. Le site a été implanté en tenant compte de son intégration paysagère et à proximité des bâtiments d’élevage déjà existants. Enfin, 40 camions par jour sur les routes départementales… est une affirmation est trompeuse car elle ne présente qu’une situation exceptionnelle. Le chiffre maximal correspond uniquement à la période de récolte des CIVE, qui dure environ deux semaines par an. Durant cette courte période, le trafic pourra atteindre 38 trajets par jour, dont 16 en tracteur (pour les parcelles situées à proximité) et 22 en camion. Le reste de l’année, le trafic supplémentaire est sans commune mesure : il représente environ 2 passages par jour (camions et tracteurs confondus), soit seulement 0,5 % des 411 poids lourds qui circulent quotidiennement sur la RD653.»
> Le projet fait actuellement l’objet d’une consultation publique





