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« Souveraineté alimentaire, oui mais laquelle ? » La mise au point de Christophe Canal


Analyse du président de la Chambre d’agriculture du Lot.

Christophe Canal, président de la Chambre d’agriculture du Lot,  met les points sur les i sur « la souveraineté alimentaire » : « Durant cet épisode de crise sanitaire majeure, tout le monde a noté l’importance de la santé et de l’Agriculture. Le Président de la République a d’ailleurs largement communiqué sur l’impérieuse nécessité de « rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française».

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Nous nous accordons tous aujourd’hui sur le fait que cet épisode Covid-19 a révélé la grande fragilité de notre société face à la crise sanitaire, économique et sociale qu’il a engendrée. C’est en soi une belle prise de conscience que je salue. Par contre, je remarque que nous ne mettons pas tous les mêmes idées ni les mêmes enjeux derrière la reconstruction d’une souveraineté alimentaire et je souhaite clarifier sans ambiguïté les enjeux et la position de la chambre d’agriculture. Depuis 20 ans notre population a augmenté de 11% alors que le nombre d’agriculteurs a chuté de 15% en 10 ans et, dans les 10 ans qui viennent, la moitié de ceux qui sont aujourd’hui en activité prendront leur retraite. L’enjeu démographique est crucial. Il est donc indispensable de rebâtir notre souveraineté alimentaire en incluant une politique volontariste sur la transmission et l’installation dans des conditions économiques viables. Je rappelle que dans le Lot nous n’avons qu’une installation pour trois départ à la retraite !

Rebâtir notre souveraineté alimentaire ne doit aboutir ni à la fermeture de nos frontières ni à la guerre entre circuits courts/filières longues et agriculture conventionnelle/agriculture biologique. Malheureusement j’entends déjà certains militer dans cet esprit malsain et opportuniste qui n’aboutirait qu’à la déproduction et à la perte de compétitivité alors que notre balance commerciale n’a jamais été aussi mauvaise. Notre agriculture, y compris dans le Lot, contribue aux grands équilibres alimentaires européens et mondiaux, avec des produits d’excellence. Je rappelle pour exemple que la filière viticole lotoise a subi de lourdes pertes, même avant le confinement, du fait de la « taxe Trump » aux USA. Il faut également avoir à l’esprit que notre production de viande ovine comme bovine est 7 fois supérieure à la consommation des Lotois. L’élevage lotois, essentiellement organisé en filière longue, est même un exemple à exporter en matière de respect des attentes sociétales environnementales. Oui, il faut développer les circuits courts et l’agriculture biologique. Les efforts de chacun, partout en France, sont indéniables et vertueux. Notre plate-forme « Mangez Lotois » a pris son essor et nous comptons bien la développer encore plus vers la restauration collective et les particuliers. Elle propose au travers de sa vingtaine de points relais dans le département une gamme complète en Bio et en conventionnel, toujours en produits fermiers locaux.

Mais je veux aussi rappeler que ce marché ne permettra jamais à tous les agriculteurs d’écouler et de valoriser leurs productions. Nos 250 producteurs de lait produisent par exemple plus de 7 millions de litres de lait par mois et seulement une dizaine pratiquent la vente directe en frais ou transformé. Sans les coopératives, les transformateurs et les réseaux de distribution point de salut ! Restructurer pour relocaliser nos filières de productions oui, mais dans une logique de croissance durable et de compétitivité y compris technologique pour nous permettre de ne plus perdre pied dans nos exportations et notre qualité « made in France » ou « Oh My Lot ! » 

Cela devra se faire également avec plus et mieux d’Europe, principalement avec des règles équitables pour éviter les distorsions inadmissibles de concurrence sur les normes de productions ou l’emploi de main d’œuvre. Cela devra se faire aussi avec un changement radical de paradigme : l’agriculteur ne doit plus être perçu comme un empoisonneur ou comme un pollueur mais comme un producteur responsable de bons produits, d’énergie renouvelable et d’oxygène. C’est, au final, presque le point de départ pour construire ensemble un nouvel équilibre ! »

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