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Sibelle, le président Macron et la « ruralité heureuse »


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

Ce ne sont que quelques mots extraits d’un entretien d’une vingtaine de pages publié mercredi par le magazine Zadig (un nom voltairien s’il en est). Mais l’interviewé n’est autre que le président Emmanuel Macron. Alors, dans le département, ils ont rencontré évidemment un formidable écho. Et même Sibelle a longuement médité sur leur signification. Pour reprendre un commentaire, le Président a longuement abordé « son rapport à la France » et quelques « aspects de sa vie personnelle ». C’est ainsi que soudain, il a confié ne pas être « déconnecté des territoires », et à titre d’exemple, il a dit aimer « le Lot, Figeac, Cahors » car il y « retrouve une ruralité heureuse ».

Je fais partie des néo-Lotois, installé à une dizaine de kilomètres de Cahors depuis plus de cinq ans désormais. Et je partage chaque jour davantage cet amour pour le département, ses habitants, ses paysages, sa culture. Pourtant, ce concept de « ruralité heureuse » me semble plus complexe qu’il n’y paraît. Que le Lot soit un département majoritairement rural est une évidence. Certes. Mais qu’entend-on par « ruralité heureuse » ? Une forme de sérénité ? De tranquillité ? Sans doute. Mais encore ? Ce n’est pas une affaire d’argent, en tout cas. En terme de revenu fiscal moyen, le Lot est le 73ème département de France avec 1964 euros par ménage. Alors ? Sibelle songe à cette réflexion rappelée ici même il y a quelques semaines. Une phrase qu’aimait répéter une grande figure politique d’ici, Maurice Faure : « Oui, nous sommes pauvres. Mais nous sommes beaux… »

Il y a une autre manière d’essayer de comprendre les mots d’Emmanuel Macron. En se demandant ce que peut être une… « une ruralité malheureuse ». Quand le climat est rude, la terre ingrate, le paysage austère ? Rien n’est simple. Ce n’est pas sans raison que le Conseil départemental a initié une politique volontariste d’attraction territoriale, que des communes ont fusionné (dans des proportions plus importantes qu’ailleurs) pour endiguer leur déclin et faire front ensemble. Le Lot perdant des habitants, les jeunes diplômés formés à Toulouse, par exemple, ne revenant au pays qu’après la quarantaine, comprenant qu’une maison avec jardin sur les causses ou dominant la vallée valant le même prix qu’un (petit) appartement à Toulouse, la vie au quotidien, ici, pouvait se révéler plus douce… Mais le solde reste fragile. Et avant la crise sanitaire, à Figeac, par exemple, les entreprises aéronautiques avaient du mal à recruter. Pas si simple, donc, ce concept de « ruralité heureuse ».

Sibelle pense qu’une partie de la réponse est peut-être à trouver chez le romancier Serge Joncour. Dans « Nature humaine » (prix Fémina 2020, publié chez Flammarion), qui évoque la destinée d’une famille de paysans lotois, on lit cet échange : « Mais, Jean, c’est le sens de l’Histoire, faut s’ouvrir au monde, regardez vos filles, c’est en bougeant qu’elles ont trouvé du boulot, même votre fils qui est resté là, il est amoureux d’une Allemande ! Dites-vous bien que la mondialisation c’est ce qui nous rend meilleurs, pardon de vous dire ça, Jean, mais faut bouger dans la vie, faut bouger… De toute façon c’est jamais bon de rester dans son coin. » Suit la réponse du Jean en question : « Je vais vous dire, ce décor, eh bien j’en connais tout. Tout. Cette campagne, j’y vis depuis toujours. Ces arbres là-bas, je les connais tous, rien qu’à les voir je sens celui qui flanche, celui qui se fait étouffer par le lierre, celui qui a soif, celui qui repousse les autres, alors si je me mettais à bouger moi aussi, tous ces arbres, ces bêtes, ces prés, ce jardin et ces chiens, ils feraient quoi sans moi, hein, ils feraient quoi ? » 

Reprenant le fil de l’actualité de la semaine, je m’aperçois que le hasard du calendrier fait parfois bien les choses. Mercredi, en soirée, quelques heures après l’interview présidentielle, le conseil municipal de Cahors se réunissait. Des échanges aigres-doux ont émaillé la séance, relatifs à la gratuité du stationnement accordée le jour de la réouverture des commerces (l’opposition jugeant cette mesure un peu radine), à la date de réouverture après travaux du musée (jugée cette fois trop tardive par certains). Puis, les élus se sont chamaillés quant à la désignation des élus appelés à siéger au sein de la commission extra-municipale dite du temps long. Où citoyens et élus réfléchiront sur la thématique de la transition écologique. Avec Sibelle, on a soudain sursauté. Bon sang, mais c’est bien sûr ! On saisit mieux ce que peut- être le président Macron a voulu dire. La ruralité heureuse, c’est la ruralité du temps long. Comme aimait à dire l’un de ses augustes prédécesseurs, une ruralité où l’on convient qu’il faut savoir « donner du temps au temps ».

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