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Sibelle, le nouveau maire « divers gauche » de Cahors et l’odeur retrouvée de la pluie 


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ Le moral dans les chaussettes pour entamer la semaine. On s’est réveillé ce matin comme on s’est couché hier soir. En entendant ou en lisant en boucle la même phrase : « Le XV de France est éliminé, battu d’un petit point en quart de finale par l’Afrique du Sud, 28-29… » Nous sommes tous déçus, évidemment, mais avec ma protégée, il y a quelque chose qui nous chagrine en plus de la défaite elle-même. Qu’est-ce que c’est, en sport, un « petit » point, un « petit » but, un « petit » dixième de seconde », un « petit » centimètre ? Plusieurs mois, plusieurs années de travail, et nos rugbymen ont échoué d’un point, comme dans d’autres disciplines, des athlètes échouent d’une fraction de seconde, de quelques millimètres après avoir préparé les Jeux ou un Mondial pendant quatre ans. Mais cette fois, outre l’attachement évidemment particulier des Lotois au sélectionneur, il y a sans doute autre chose. On ne pouvait le deviner évidemment à l’orée de la compétition, mais ce rêve bleu survenait vraiment au meilleur moment. Après la guerre en Ukraine, après l’inflation, après le climat qui part en vrille, cette épopée pouvait nous consoler, ne serait- ce que quelques heures, alors que de nouveau un attentat meurtrier avait visé un professeur, et que le Moyen-Orient s’embrasait. Dimanche soir, le rêve a viré sinon au cauchemar, tout au moins à la gueule de bois. On avait fini par croire qu’à l’instar du retour sur la pelouse d’Antoine Dupont, remis sur pied après son opération quand il nous faut parfois deux semaines à nous, simples quidams, pour oublier un gros rhume, ce XV de France millésime 2023 allait nous offrir une sorte de nouvelle parenthèse enchantée comme le fut, en son temps, celle de 98 avec Zizou et les autres. Et puis. Et puis voilà. Le train s’est arrêté en gare. Il nous faut descendre. Un « petit » point, mais un point final. Vite, une aspirine ou au moins un café bien serré. Il faut quand même aller bosser. 

Mardi._ Notre bonne ville de Cahors se réveille avec un nouveau maire. Comme prévu depuis l’annonce de la candidature de Jean-Marc Vayssouze- Faure aux sénatoriales, comme attendu depuis son élection, et bien évidemment comme cousu de fil blanc (ou plutôt bleu-blanc-rouge) depuis 2020, Jean-Luc Marx, jusqu’alors premier adjoint, a été quasiment plébiscité pour devenir le onzième maire de la première ville du Lot depuis la Libération. Ancien préfet, âgé de 69 ans, Monsieur Marx possède une qualité qui n’est pas donnée à tout le monde : il est né à Metz. Comme moi. Ma famille paternelle est ardennaise, ma famille maternelle est mosellane. Il possède une autre qualité majeure. Il a souhaité revenir dans le Lot après avoir pourtant beaucoup voyagé, fonction oblige, de la Corse à la Réunion en passant par l’Allier ou la Seine-et-Marne. Mais c’est donc à Cahors que libéré de son devoir de réserve, il a choisi de se fixer. Comme moi. Ou presque. Pour différentes raisons, je suis devenu… un néo-Lotois avant la retraite. Sur ce, un autre constat s’impose. S’il ne faut pas réduire la vie publique à la seule politique, et s’il ne ne faut pas réduire celle-ci aux seules étiquettes, toujours est-il que depuis lundi soir, ce n’est pas (plus) un socialiste qui est maire de Cahors. Sibelle constate que sur Wikipédia, un contributeur a choisi d’apposer la mention « divers gauche » pour situer le nouveau premier magistrat sur l’échiquier. « Quand il faut réparer un trottoir, on ne se demande pas à un élu s’il est de droite ou de gauche » m’avait confié il y a déjà un bail un maire des Ardennes. Certes. Ma protégée féline en profite pour mettre un terme à ces péroraisons : « Et quand on te reproche d’avoir deux mains gauches parce que tu es incapable de planter un clou sans te blesser, qu’est-ce que ça veut dire ? » Que répondre ? Je sors quelques minutes prendre l’air. 

Mercredi._ Un des autres événements de la semaine : le retour de la pluie. Cela n’a rien d’anecdotique alors que septembre puis la première quinzaine d’octobre ont été secs et chauds. Comme jamais ou presque. La pluie, quand on habite sur les hauteurs d’un village de la vallée du Lot, c’est aussi la brume qui revient le matin comme un long nuage de coton sur lequel flottent les sommets des collines. On aperçoit ici un château qui émerge, là des arbres comme plantés dans le ciel. Et puis un parfum étrange. On l’appelle le pétrichor. Je retrouve cet extrait d’un article du magazine Géo : « L’odeur de la pluie porte un nom : le pétrichor. Un néologisme venu du grec signifiant littéralement « sang de pierre ». Il a été inventé par la chimiste Isabel Joy Bear, et le minéralogiste Roderick G. Thomas, deux scientifiques australiens ayant tenté d’expliquer les odeurs de pluie pour la première fois en 1964. » Mais comment appeler le parfum ou l’odeur succédant au pétrichor ? Ma tigresse domestique qui n’est jamais prise au dépourvu me répond sans hésiter : « L’ennui. » 

Jeudi._ On apprend qu’il y a quelques jours, ont été inaugurés dans le village d’Ussel une rue des Orchidées (symbole de la commune), une place Auricoste (député de la Lozère natif du village), une place de la Laïcité, une place de la République, et un chemin de l’Europe. En revanche, a précisé la maire Annie Sourzat, les lieux-dits du Cap del Liot et du Cap del Suc (en occitan dans le texte) ont été conservés, « car cette langue est le maillon d’une chaîne de vie entre nos ancêtres et les générations futures ». Cette opération, en terme administratif et postal, se nomme « un nouvel adressage ». Sibelle me glisse qu’elle juge le « chemin de l’Europe » particulièrement bien choisi. « Mais admettons que ce chemin, il est bien long… » note encore ma protégée. Laquelle ne pouvait évidemment manquer l’occasion de mettre son grain de sel dans cette actualité concernant Ussel… 

Vendredi._ On conclut ce rendez-vous avec le congrès des maires et élus du Lot qui se tient, à l’heure où j’écris ces lignes, au Parc des Expositions du Grand Cahors. Parmi les invités, le politologue Jérôme Fourquet, qui œuvre à l’IFOP et vient de publier un essai, « La France d’après ». La journaliste Eugénie Bastié, classée à droite, relevait récemment sur Twitter cette citation de Jérôme Fourquet : « Il y a 4 000 artisans tatoueurs en France pour 10 000 prêtres. Dans quelques années, les courbes vont se croiser. C’est cela, la France d’après… » Les réactions n’ont pas tardé. « Il y a 18 000 boucheries- charcuteries en France pour 17 000 gymnases. Dans quelques années les courbes vont se croiser, et ça ne voudra strictement rien dire, à peu près comme ce que raconte Jérôme Fourquet ci-dessous » a tancé par exemple un enseignant du supérieur, Emmanuel Martin. Sauf qu’une autre universitaire lui a répondu tout aussitôt : « Citation trop courte… Un tiers des 18-35 ans est tatoué. Cela signifie que le rapport au corps change, que la vieille religion chrétienne n’attire plus et que « quelque chose » de nouveau est en train d’éclore. C’est ce que Fourquet écrivait dans un de ses précédents livres. » On suggère aux congressistes de ne pas oublier de se désaltérer pendant les débats. Et puis, selon la tradition établie jadis par Maurice Faure au terme de ces réunions annuelles, ils pourront regagner leurs villages en ayant en mémoire la seule maxime qui vaille : « Nous sommes pauvres mais nous sommes beaux ». Signée de Maurice Faure, évidemment, qui aimait la répéter lors de ces congrès. 

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