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Sibelle, le Département et la France d’en bas, les circuits courts et le grand Robert Badinter 


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ Ce n’est pas un inventaire à la Prévert mais la liste est sombre : crise du logement, crise de l’école, crise du système de santé, crise du monde agricole, crise de l’énergie… Alors que le Conseil départemental est réuni pour voter son budget, le président Serge Rigal pointe du doigt les insuffisances de la politique gouvernementale. Et il se pose en garant, avec ses collègues, d’une politique de terrain qui doit retisser sans cesse ce tissu qui se déchire… « Ce contexte de régressions sociales, s’il est alarmant car nous voyons bien qu’il fait le lit du populisme, ne doit pour autant pas nous paralyser. Pour les hommes et les femmes de progrès que nous sommes, cela ne peut que nous inciter à redoubler d’ardeur au service de nos projets et de la vision de la société que nous portons. Cette vision, c’est celle du faire et du faire ensemble. Au service de tous. Celle d’une institution qui, je le disais lors de mes vœux, « bâtit des liens »… » En clair, le Département entend « en bas » recoller les morceaux d’une société qui se déchire par les mauvais ou les non choix d’en haut. Sibelle retient par ailleurs que les élus du groupe Socialiste et Ecologiste ont haussé le ton au sujet de la participation lotoise au financement de la ligne LGV Bordeaux-Toulouse. Ils veulent une pause tant que dans le même temps, l’État et la SNCF négligent la ligne POLT et la desserte de Souillac, Gourdon et Cahors. « Des arguments qui étaient déjà ceux qui doutaient quand le même Conseil départemental avait dit oui en 2021 » remarque ma protégée. Certes. Mais la problématique n’est pas propre au Lot. Sur les lignes TGV déjà existantes, certaines collectivités qui avaient mis la main au portefeuille constatent dépitées que le nombre de dessertes de ce même TGV se réduit. S’il veut concurrencer l’avion pour relier les métropoles à Paris, le TGV ne peut s’arrêter partout. Alors, pour les villes qui ne sont même pas sur la ligne, c’est encore pire. « C’est une sorte de jeu de chaises musicales sur voies ferrées » conclut ma tigresse. « Les trains, ou on est dedans, ou on les regarde passer. Quand il y en a encore… » 

Mardi._ Le roi d’Angleterre et ses soucis de santé, des inondations catastrophiques en Californie, les ratés du chèque-énergie, un enneigement qui n’a jamais été aussi faible dans les Pyrénées depuis un quart de siècle… Regarder un journal télé (en l’occurence le 20 heures de France 2 ce soir-là) est tout sauf une partie de plaisir. On remerciera quand même les confrères de conclure par deux sujets un tantinet plus souriants. A savoir la fête du citron à Menton et les 70 ans de l’Olympia. J’ai eu la chance d’assister naguère à la première, lors de vacances d’hiver sur la Côte, et de connaître aussi le second, où j’ai vu Christophe chanter Aline (et pas que). C’est dire qu’un parfum de nostalgie me saisit avant le générique. « Tu devrais éteindre la télé à l’heure de l’apéro ou du dîner. C’est mauvais pour ton appétit comme ta digestion » me conseille Sibelle. Oui mais c’est aussi une des lois du métier. Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent pas grand monde. Sauf dans le Lot, évidemment. De mauvais esprits qui ont lu le premier chapitre de cette chronique seraient même tentés de dire que parfois, on les compte sur les doigts d’une main. 

Mercredi._ On apprend dans Medialot qu’un Lotois de Lhospitalet lance une application baptisée « Local Panier » « pour trouver des produits locaux en circuit court à moins de 100 km ». Je suis de ceux qui ont découvert l’intérêt des circuits courts lors du confinement de 2020. Et qui pensent que c’est l’une des alternatives à développer pour redonner du sens (et des revenus décents) au labeur de nos agriculteurs et producteurs. A condition évidemment que les prix demeurent sages. Tout le monde y gagnera, et la planète aussi. Une autre exigence est de respecter les saisons. J’ai fait la leçon l’autre soir à ma chère Sibelle qui avait une envie de fruits rouges (sans que cette lubie ne soit liée à l’annonce d’un heureux événement, puisque… enfin bref, ma tigresse a été opérée…). « On ne mange pas des fraises en février, et si l’on évoque des tomates, comme Ségolène Royal l’autre jour sur un plateau télé, on doit savoir aussi que ce n’est pas en hiver qu’elles sont les meilleures… » suis-je obligé de lui rappeler. Reste l’utilité des congélateurs et des conserves à l’ancienne. D’où ce souvenir ému de cette époque où, dans sa cuisine, ma grand-mère ardennaise faisait stériliser ses bocaux de haricots verts qui accompagneraient en hiver les poulets rôtis avec quelques pommes de terre. L’enfant que j’étais était très intrigué par le maniement des grands caoutchoucs que l’on aurait ensuite un mal fou à décoller. Mais je ne disais mot. D’ailleurs, les bocaux étaient de marque « Le Parfait ». En matière de communication et marketing, ça se pose là. Et personne ne bronche… 

Jeudi._ Enfin est publiée la composition complète du gouvernement de Gabriel Attal. Toujours pas de ministre ou secrétaire d’État lotois. Mais d’éminents spécialistes notent – outre évidemment la nomination de l’ancienne Garde des Sceaux à l’Education – que le record est battu aux Outre-mer qui auront connu quatre ministres en 20 mois. A quoi servent les grands commis de l’État dans les cabinets et hautes administrations ? A assurer la continuité. Les politiques passent, les fonctionnaires restent. La France, quoi. 

Vendredi._ C’est devenu une mode ? Après Aurélien Pradié qui continue d’assurer la promotion de « Tenir bon », voici Rémi Branco, l‘étoile montante du PS lotois, qui s’apprête à publier le 16 février « Loin des villes, loin du cœur », dont le sous-titre résume le propos : « La gauche veut-elle regagner les campagnes ? » (éditions de l’Aube et Fondation Jean Jaurès). On lira avec attention cet essai avec Sibelle, prolongement d’une tribune parue en août où l’on relevait ceci : « La gauche doit d’urgence s’adapter et parler à cette France à plusieurs vitesses. Celle des centres-villes piétons, en particulier des métropoles, où apparaissent chaque jour de nouveaux services : nouveaux métros, tramways, transports qui deviennent ici ou là gratuits, vélos, trottinettes, livraisons de repas à domicile dans des villes qui vivent de plus en plus tard la nuit. Celle de nos ruralités qui possèdent beaucoup de points communs avec les quartiers populaires : les déplacements sont chers ou compliqués, les services publics se dégradent ou disparaissent, les commerces réduisent leurs horaires ou menacent de fermer faute de personnel, les artisans et petites entreprises sont submergés de demande sans avoir la main- d’œuvre suffisante pour y répondre. Sans parler des médecins en voie de disparition. » Le sous-titre aurait-il pu être « Y’a du boulot, camarade ! » ? Sans doute… 

Robert Badinter : Au moment de terminer cette chronique, nous apprenons la mort de l’immense Robert Badinter. Avocat, ministre de la Justice (poste auquel il succéda en juin 1981 à Maurice Faure), président du Conseil constitutionnel, rescapé de la Shoah… Cette conscience du XXe siècle a sa place au Panthéon. Et dans notre mémoire, pour toujours. Retenons cette phrase : « Je ne demande que le silence que les morts appellent. » 

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