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Sibelle et la magie des trains de nuit


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

En ces jours de canicule, il y a comme une illusion doucereuse à se rapprocher, en milieu d’après-midi, de tout point d’eau, de la moindre rivière, même maigrelette. Avec Sibelle, profitant d’un emploi du temps allégé durant cette première semaine aoûtienne, nous avons succombé à ce réflexe. Mardi, à Figeac où je retrouvais un ami de 30 ans (et même davantage, on s’est connu en fac dans les années 80) séjournant dans le proche Aveyron, après un confit de canard en terrasse, nous avons observé le cours du Célé. Bas, très bas. A quelques pas du cœur médiéval, des nobles maisons Renaissance, du musée Champollion et des Ecritures, le malheureux affluent du Lot ne semble plus guère charrier ces temps-ci qu’une mélancolique langueur.  « On dirait ma pomme quand, certains jours, je profite de ton absence pour faire la grasse matinée dans ta chambre. Je suis perdue dans ton lit. Les draps sont trop larges, je ne sais plus dans quel sens m’allonger » a souri Sibelle.

Jeudi, c’est à Albas qu’avec ma tigresse, nous avons traqué l’eau fraîche. Banco. Le village était quasi déserté en plein cagnard. Vers 16 heures, avec ma princesse, nous nous sommes transportés en Italie et fait une pause bienvenue dans le très joli jardin toscan qui surplombe désormais le Lot. Calés à l’ombre de la roche et de l’ancien château, la musique de la fontaine à elle seule nous sembla apaisante. Les 35 degrés et quelque adoucis par les fleurs, massifs et cheminements annonçant le romantisme, avec plusieurs siècles d’avance, nous nous serions assoupis si ma chère féline n’avait pas observé deux ou trois piscines en contrebas. On a jalousé leurs heureux propriétaires. L’herbe du voisin est toujours plus verte… A fortiori en été, quand notre modeste jardinet est grillé.

C’était ensuite à prévoir. Voilà que rentrés, Sibelle a émis le vœu qu’un jour ou l’autre, nous allions pour de vrai visiter la Toscane. En Italie-même. Vous savez comme je suis faible : j’ai dit oui. Mais seulement quand il sera de nouveau possible de faire le voyage en train de nuit. De nombreuses voix se font entendre pour que ce mode de transport retrouve sa vigueur d’antan. C’est écologique et c’est magique. « Je me souviens d’un Paris-Toulouse aller-retour au temps lointain où j’étais journaliste sportif et, encore plus loin dans le passé, de Reims-Nice via Dijon et Lyon lors de mes premières vacances d’étudiant » ai-je raconté à ma belle. « Il faut avoir connu l’éblouissement d’un réveil en gare Saint-Charles puis, de Marseille à Nice, la beauté du soleil se levant sur la mer quand la ligne suit la côte, parallèle à feu la Nationale 7, pour comprendre toute la puissance émotionnelle et esthétique des trains de nuit… » ai-je soupiré. Sibelle en rêve déjà. Ce qui la contrarie toutefois, c’est d’imaginer devoir partager son compartiment avec des inconnus. Quand bien même la sécurité au sens premier du terme est assurée, devoir supporter les ronflements de l’un, les odeurs de sandwiches enfouis dans un sac de l’autre, cela demande quelque tolérance. Mais il y a pire : « Tu te rends compte si par hasard un voyageur avait l’idée d’embarquer avec je ne sais quel Yorkshire ? Moi, sur ma couchette, cela me gâcherait tout mon plaisir… » a craint Sibelle.

« Je te protégerai. Je réserverai la couchette du haut. Tu pourras te blottir contre moi. Ignorer le reste des passagers, ignorer le reste du monde. Nous serons seuls, parce que nous, nous saurons déjà que l’essentiel n’est pas de prendre un train. Même de nuit. C’est d’en descendre, le regard encore embué, les vêtements chiffonnés, de rassembler ses bagages, et au petit matin, débarquant à Nice, Toulouse ou Florence, que sais-je, ou pourquoi pas à Cahors, de traverser le hall de la gare, de déguster un café au petit matin, et de se croire, ne serait-ce que quelques instants, que toute la beauté d’un nouveau monde nous appartient. » Surtout si une fontaine, près de là, éclabousse de son eau fraîche un matin d’été.

– Post-scriptum 1 : A propos de train, on ne peut que souligner à quel point la région Occitanie, toutes tendances politiques confondues ou quasi, s’efforce de maintenir et même, surtout, de renforcer le service public ferroviaire tout en bataillant par ailleurs pour sauvegarder une de ses richesses premières, la filière aéronautique et des dizaines de milliers d’emplois. Ce qui n’est pas paradoxal mais complémentaire à l’aube du monde d’après.

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– Post-scriptum 2 : Une pensée solidaire avec le Liban, meurtri par une explosion effroyable qui a rappelé de terribles heures sombres que résument ces trois lettres, AZF, chez nombre de Toulousains et de Lotois…

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