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Sibelle et la défaite de la musique


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

« Résumons : ce samedi, c’est le début de l’été. Et lundi, c’est la rentrée des classes. Je n’ai pas connu les Années folles mais je peux déjà conclure que 2020 restera comme une année de dingue. » Elle a le sens de la formule, ma protégée féline. Et je crois pouvoir ajouter qu’elle n’a pas vraiment tort.

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Alors que les étapes du déconfinement se poursuivent _ mais officiellement « dans le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale » _, ce qui ne saute pas forcément aux yeux quand on se promène ici ou là, il ne manquait plus que les spécialistes du complotisme à grande échelle pour nous avertir qu’entre le 20 et le 22 juin, il y aurait un hic. Un petit souci. Pas grand-chose même : la fin du monde. Un temps prévue selon les exégètes du calendrier maya en décembre 2012, après un énième calcul tenant compte de divergences entre ledit calendrier maya et le calendrier grégorien, il y a quelques jours, la date du 21 juin 2020 est sortie du chapeau d’un expert américain. Mais la NASA s’est aussitôt voulue rassurante : selon elle, ces affabulations ont débuté par « des affirmations selon lesquelles Nibiru, une supposée planète découverte par les Sumériens, se dirigerait vers la Terre. Cette catastrophe était initialement prévue pour mai 2003, mais comme rien ne s’est passé, la date du Jugement dernier a été avancée à décembre 2012 et liée à la fin de l’un des cycles de l’ancien calendrier maya au solstice d’hiver en 2012 – d’où la date du Jugement dernier prévue du 21 décembre 2012. Les théoriciens du complot affirment maintenant que le monde pourrait prendre fin à cette date révisée du 21 juin 2020. » Comme dit ma tigresse, on verra bien lundi si on est encore là.

D’autant que la veille, à défaut d’apocalypse, il aura fallu fêter la musique. Loin de nous, avec Sibelle, l’idée de critiquer l’idée originelle et originale du sémillant ministre de la Culture de l’époque quand il créa cet événement, mais il nous est arrivé parfois d’apprécier modérément le résultat obtenu. Certes, il est agréable et bienvenu de mettre en avant les artistes amateurs qui à cette occasion se confrontent au public ou de saluer les professionnels qui sortent des auditoriums et des cercles convenus où monsieur et madame Tout-le-Monde ne mettent jamais les pieds et les oreilles : je pense à ces petits concerts de jazz improvisés aux terrasses des cafés, à ces extraits de concertos ou symphonies interprétés sur des pelouses de jardins publics ou sur une estrade au pied d’une statue (pas encore déboulonnée), ou encore à quelques notes d’accordéon égayant un coin de rue, un quai de gare…

En revanche, il nous revient des souvenirs plus pénibles, quand d’aucuns déclinent la fête de la musique en défaite, branchant un ampli à leur fenêtre et inondant toute une rue, voire tout un quartier, de décibels à haute dose, au travers desquels, dans notre ignorance crasse de la modernité, nous ne percevons guère que des rythmes sourds de basse (genre boum, boum, boum) qui font trembler les vitres et craindre pour de bon on ne sait quelle catastrophe intergalactique.

Pendant ce temps, dans notre département aussi, des dizaines d’hommes et de femmes ont bien d’autres soucis. Ils font campagne pour le second tour des municipales fixé au 28 juin prochain. 29 communes lotoises sont concernées. A suivre attentivement l’actualité via Medialot, ça chauffe surtout à Lalbenque et à Figeac. L’ancien fief de Martin Malvy fait en effet partie des 155 localités de France où se déroule une quadrangulaire. Ayant été, dans une autre vie, journaliste « de terrain » en Champagne-Ardenne, j’ai suivi quelques campagnes. Parfois serrées, parfois même jalonnées de coups tordus. Cependant, entre le classique porte-à-porte, la rituelle distribution de tracts sur le marché ou le meeting habituel dans le gymnase de quartier, on s’y retrouvait quand même. Mais là, sans en rajouter dans le pathos, j’ai une pensée comme citoyen et démocrate pour tous les candidat(e)s qui tentent de convaincre les électeurs, que ce soit dans des villages ou des métropoles, avec un masque sur le visage, sans pouvoir serrer les mains, sans s’approcher au plus près, c’est le cas de le dire, de leurs électeurs potentiels.

Dans une semaine, après cette campagne d’un nouveau genre, quelques-uns auront le sourire, beaucoup seront déçus. Les élus du millésime 2020 des municipales ne l’auront pas volé, ce mandat… Et les vaincus n’auront pas volé quelques jours de vacances !

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