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Sibelle, de la taxe lapin à la transhumance en passant par le carnet découvert à Cahors 


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ Est inauguré ce lundi un nouvel « espace culturel » à Cahors. Ces mots peuvent effrayer, rebuter… Et sans verser dans je ne sais quelle démagogie, ce concept même d’« espace culturel » suscite certainement une forme de défiance ou bien chez des certains de nos concitoyens qui ne pensent pas être intéressés ou formés pour apprécier ce qui relève de la vie culturelle en général (une forme de complexe de classe, diraient des sociologues), ou bien chez d’autres qui voient là un énième repaire dédié aux bobos. Alors disons les choses clairement. C’est tout le contraire. Il s’agit d’une salle d’exposition que le Département ouvre dans le hall d’accueil de la cité Bessières, près du cinéma Le Grand Palais. Cette dernière précision n’est pas anecdotique. L’idée est bien de s’adresser au plus grand nombre, sans exclusive. Sans discours inutile. Sans chichi. La première exposition, jusqu’en juin, permet au public (et donc, aussi, au contribuable) de découvrir les dernières œuvres ayant rejoin « l’artothèque » du Département. Des œuvres signées d’artistes confirmés ou qui aspirent à l’être. Il est précisé dans le communiqué du Département que certaines des œuvres en question ont été sélectionnées par des collégiens de Puy-l’Evêque. Voilà qui réconforte Sibelle. Elle fait partie de ceux qui pensent que trop de musées ou galeries ressemblent à des appartement haussmanniens, empesés, poussiéreux, ou faussement dépouillés, ce qui est pire encore. Selon elle, comme l’a dit Malraux, « l’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme ». Tout détour est malvenu. Et ce ne sont pas les orchidées sauvages qui taquinent les murs en pierre sèche, là-haut, sur le causse qui domine le vieux village, qui diront le contraire. Ce sont des œuvres d’art elles aussi. 

Mardi._ Le Premier ministre annonce qu’une « taxe lapin » pourrait être instaurée. Un rendez-vous médical non honoré serait facturé 5 euros (dès lors que le patient ne s’est pas excusé 24 heures à l’avance). Gabriel Attal évoque le chiffre de 27 millions de « lapins » chaque année. Une estimation d’ailleurs invérifiable. Dans notre cher département du Lot, où l’on se bat contre les déserts médicaux (dernier exemple en date à Vayrac où la Région subventionne à hauteur de 110 000 euros un projet de maison de santé pluri-professionnelle), il y a sans doute effectivement des patients qui exagèrent. Et qui oublient de prévenir quand ils ne peuvent pas venir à un rendez-vous. Mais la majorité d’entre-nous est plutôt dans une situation inverse. Une amie a obtenu un rendez-vous chez un spécialiste pour mai 2025. Vous avez bien lu. 2025. « 16 heures, ça vous convient ? » a demandé sans rire la secrétaire. Et vous ? Vous ferez quoi le 10, 15 ou 20 mai 2025 à 16 heures ? Ma protégée féline qui redoute qu’on finisse par étendre la « taxe lapin » aux rendez-vous chez les vétérinaires ne prend pas les choses à la légère. Quand arrive le Jour J pour sa visite annuelle, elle devine tout de suite. Quand je sors son carnet de santé du tiroir, quand je vais chercher sa caisse de transport au fond du garage, je vois soudain ma tigresse se crisper. Mais la peur n’évite pas le danger. Pas question de poser un lapin. Comme son maître, elle est un brin hypocondriaque. Elle ? Poser un lapin ? Trop peur d’attraper la myxomatose ! 

Mercredi._ Alors qu’on s’installe devant la télé pour regarder PSG- Barcelone, on apprend qu’un homme vient d’être poignardé à Bordeaux, en plein centre-ville, et qu’une autre victime est grièvement blessée. L’auteur leur reprochait de consommer de l’alcool. Les faits divers s’enchaînent. Toujours plus glauques, concernant de plus en plus souvent des enfants ou ados, même si ce n’est pas le cas en l’espèce à Bordeaux. Des confrères, des experts, des politiques se succèdent sur les ondes pour avancer telle ou telle explication. Repli identitaire, extrémisme religieux, perte de repères, manque d’autorité, désagrégation des tissus indispensables au lien social, familles en détresse, ghettoïsation, influence des écrans. On en passe. Sibelle n’est pas plus maline que les autres. « Sans doute un peu de tout cela. Mais au fond, Rousseau ne s’est-il pas trompé ? Et si c’était tout le contraire ? Et si l’homme ne naissait pas naturellement bon et que c’est la société d’aujourd’hui qui ne parvenait plus à lui donner de quoi devenir un « être civilisé » ? » Sur ce, ma belle file dehors. Sur le petit carré qui surplombe notre humble jardinet, des oiseaux ont fait leur nid. Elle guette leurs allées et venues. L’état de nature est effectivement si cruel, hein… 

Jeudi._ Les télés nationales continuent d’évoquer la découverte à Cahors du carnet écrit par un déporté qui consigna des dizaines de recettes. Dans les camps de la mort, tenaillé par la faim et l’inhumanité de ses gardiens, Paul Duval, originaire du Mans, rédigea par exemple comment réaliser un poulet basquaise ou une quiche lorraine. Cela l’a aidé à survivre, sans doute, quelque temps. Mais il n’est pas rentré vivant. Tué par le typhus. On ignore comment ce carnet a fini par être découvert dans le tiroir d’une vieille machine à coudre, à Cahors. Mais ce petit trésor est un formidable témoignage historique et un pied-de-nez. Un romancier aurait imaginé cette histoire qu’on l’aurait jugé peu crédible. On repense à Rousseau. Naturellement bon ou pas, l’homme est d’abord et surtout un être insaisissable. 

Vendredi._ Déjà hâte. La semaine prochaine, c’est la transhumance entre Rocamadour et Luzech. Des dizaines, des centaines de brebis et leurs agneaux (les plus aguerris) « descendent » des causses pour aller avec gourmandise entretenir les rives et les sous-bois de la vallée du Lot. La caravane et les suiveurs passent près de chez moi. Avec Sibelle, on ira les saluer. J’aurai une pensée tendre pour mon grand-père ardennais. Il surveillait une transhumance bien plus modeste. Une à deux fois par jour, il encadrait le passage des quelques moutons élevés pour « tondre » les prairies de la propriété familiale. Il y avait un pré de chaque côté de la petite rivière et il fallait toujours que l’un des moutons, le chef du groupe en somme, accepte de s‘avancer sur le petit pont de pierre pour que les autres daignent le suivre. Mon grand-père ne s’agaçait pas. Il avait déjà lu le journal, le pot-au-feu mijotait déjà sur la vieille cuisinière. Alors, sauf si le temps était exécrable, rien ne pressait. Une retraite paisible, c’est tout un art. 

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