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Près de Brive, l’ancien château où résidait Colette est en vente

Une personnalité lotoise y avait ses habitudes.

1,8 million d’euros. C’est le prix auquel est affiché le château de Castel Novel, sur la commune de Varetz, près de Brive. L’agence qui est chargée de trouver preneur donne d’autres détails sur l’annonce mise en ligne : « Edifié sur un promontoire rocheux, ce remarquable château féodal domine son territoire avec majesté. Véritable emblème de l’architecture corrézienne médiévale, il constitue l’un des plus beaux témoignages patrimoniaux de la région (…). La tour ouest date du XVIIIe siècle, tandis que le corps du logis principal remonte au XVIe siècle. Les tourelles ainsi que la galerie italienne à balustres témoignent du raffinement de la Renaissance. La façade a conservé un superbe appareillage en pierre rouge Collonges-la-Rouge, signature architecturale rare et précieuse. »

D’autres chiffres donnent le tournis : le domaine occupe 17 hectares et la propriété avec ses annexes possède 60 pièces dont 36 chambres… L’histoire contemporaine des lieux est davantage connue. Le château fut ainsi acquis au XIXe siècle par la famille de Jouvenel. L’une des figures de cette noble maison fut Henry de Jouvenel (1876-1935), journaliste, diplomate et ministre qui fut aussi et surtout le premier mari de la romancière Colette (1873-1954). Leur union fut relativement brève (1912-1923), mais suffisante pour que la grande écrivaine séjourne régulièrement à Castel Novel et s’y fasse des amis. Tel Anatole de Monzie, maire de Cahors (et successivement sénateur, député et ministre) qui avait également des liens avec les de Jouvenel… En atteste l’édition du mercredi 4 novembre 1938 du Journal du Lot. On y lit en une que M. de Monzie _ alors ministre des Travaux publics _ a assisté le dimanche précédent à l’inauguration d’un monument élevé à la mémoire d’Henry de Jouvenel à Varetz (en présence d’autres personnalités comme Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères ou Henri Queuille, ministre de l’Agriculture). Le politique lotois y a prononcé ces mots : « Journaliste, sénateur, organisateur des Etats généraux des anciens combattants, délégué de la France et de M. Poincaré à Genève, fondateur de la « Revue des Vivants », partout, en toutes circonstances, de Jouvenel évalue le prix de la paix, des années de paix. Excusez ce report dans l’actualité : il eût acclamé Daladier au retour de Munich. » Or, en page 2 de ce même journal, un article mentionne : « Répondant à l’invitation du Conseil municipal, M. de Monzie, après avoir présidé l’inauguration à Varetz du monument Henry de Jouvenel, passa dimanche quelques heures à Cahors. Il arriva en auto vers 18 heures et sur le parvis de l’Hôtel de Ville, où de très nombreux Cadurciens étaient rassemblés, il fut salué par… » Suivent les noms d’une kyrielle de personnalités ayant souhaité féliciter l’élu, considéré comme l’un des grands artisans des Accords de Munich et donc d’avoir sauvé la paix… On connaît la suite !

Déboires judiciaires et de nouvelles pages à écrire

Toujours est-il qu’à Castel Novel, Colette, pour sa part, ne fit pas que se reposer loin des agitations parisiennes. Alors que son mariage avec le père capotait, elle y entama une liaison avec le fils, Bertrand de Jouvenel (1903-1983), fruit des premières noces de Henry. Un amour qui fit jaser mais qui marqua et inspira la femme de lettres. C’est ainsi que l’on retrouve un peu de l’atmosphère de son refuge corrézien dans son chef-d’œuvre, le Blé en Herbe.

Après cette période singulière, ces dernières décennies, de nouveaux propriétaires avaient donné une nouvelle vocation au domaine, dont une partie devint un prestigieux hôtel-restaurant. La table y était réputée. Mais ce chapitre s’est achevé d’une fâcheuse manière. L’établissement a été liquidé en mars, le dernier gérant de nationalité lituanienne ayant fait l’objet d’une procédure pénale et une information demeurant ouverte pour « vol, banqueroute et abus de biens sociaux . Du coup, en plus des murs (1,8 million d’euros), le fonds est également à vendre mais auprès cette fois de l’administrateur judiciaire. Pour de l’hôtellerie ou autre activité touristique. Le prix est plus accessible : 130 000 euros. Un nouveau roman est à écrire. Colette n’est plus, mais les lieux demeurent inspirants…

Ph.M.

Photo : page Facebook château de Castel Novel

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