Retour sur la présentation de début octobre.
Le 5 octobre dernier, Fabrice Mengual, directeur départemental de la Banque de France, Mélika Aouni, directrice départementale adjointe de l’institution, et Emmanuelle Matola-Boutali, chargée d’études économiques à la CCI du Lot, ont présenté le baromètre de conjoncture à mi-année 2026. Ce rendez-vous professionnel désormais habituel a été l’occasion de dresser un diagnostic objectivé et précis sur l’état de santé de l’économie et du ressenti des chefs d’entreprises, grâce aux données recueillies d’une part par la Banque de France et d’autre part par la CCI Lot et le réseau CCI Occitanie.
L’analyse des bilans 2025 des entreprises lotoises laisse apparaitre, une nouvelle fois, une réelle résilience du tissu économique départemental, notamment appréciée par des niveaux de marge moyens supérieurs à l’observé régional. Ainsi, on observe que la cinétique des crédits d’investissement ne cesse de progresser, signe d’un dynamisme qui ne se dément pas. Cependant, quelques signes de fragilité, eu égard notamment à l’évolution de la courbe des procédures collectives, se font jour au cours des derniers mois et appellent l’attention.
Consommation des ménages, climat des affaires, dynamique entrepreneuriale : le point de conjoncture croise trois lectures du territoire. Elles convergent vers un même constat : l’inflation masque une activité qui s’érode, tandis que l’emploi résiste.
Une consommation en hausse en valeur, en repli en volume. Entre 2020 et 2025, la dépense des ménages lotois progresse de 14,2 % en euros courants, mais recule de 1,9 % en euros constants.
L’alimentaire (+19,7 %) absorbe désormais 52,6 % du budget, contre 50,2 % en 2020 : un effet prix, non un choix de consommation. Avec 12 407 euros par ménage et par an, le Lot se situe 1 020 euros sous la moyenne nationale (indice 92,4), un écart stable depuis cinq ans.
Des circuits qui se recomposent. La vente à distance gagne 2,7 points quand le commerce de moins de 300 m2 en perd 2,8. L’évasion commerciale non alimentaire atteint 30 % (+4,8 points). Elle est portée d’abord par le numérique (18 %), loin devant la Corrèze (6,3 %). L’alimentaire, dont l’évasion n’est que de 5,4 %, reste le socle de résilience du commerce de proximité.
Des dirigeants prudents, un emploi préservé. Au deuxième trimestre 2026, 43,8 % des entreprises lotoises déclarent un chiffre d’affaires en baisse (48,7 % en Occitanie) et 47,2 % anticipent un nouveau recul. 37,3 % se disent pessimistes quant à leur avenir (32,6 % en Occitanie). Pourtant, 83,2 % maintiennent leurs effectifs. Au niveau national, l’indicateur d’optimisme des dirigeants chute à 57 points en septembre (-12 points en un mois).
Un tissu entrepreneurial fragilisé. Les défaillances atteignent 132 en 2025 (+17,9 % en un an, contre +4,2 % en Occitanie ; +158,8 % en cinq ans). Le solde net entre créations et fermetures est négatif depuis 2023 (-1 880 en 2025).
En définitive, le Lot ne manque pas de consommateurs : il subit un pouvoir d’achat contraint, qui déplace la dépense vers les formats les plus économiques et vers le numérique. Le territoire conserve pourtant de vrais points d’appui : une demande alimentaire ancrée, un emploi préservé et des dirigeants qui, malgré leurs inquiétudes, maintiennent leurs équipes. Pour les consolider, trois leviers se dégagent : accompagner le commerce de proximité dans sa transition numérique, lire la croissance en volume plutôt qu’en valeur, et concentrer le suivi sur les familles de produits les plus exposées à la vente à distance (mode, beauté, loisirs). C’est à ces conditions que la résilience observée pourra devenir une dynamique.





