Le syndicat a été créé en 1996.
Cette année, le SYDED du Lot fête ses 30 ans. A l’occasion de cet anniversaire majuscule pour l’établissement public, entretien croisé avec Stéphane Magot, le président du SYDED, et Muriel Descamp, la directrice générale.
> Medialot : pouvez-vous nous rappeler la genèse de la création du SYDED ?
Stéphane Magot : le SYDED, c’est une aventure humaine et locale débutée en 1996. Tout est parti de quelques élus visionnaires, des pionniers, dont Gérard Miquel, le fondateur. Ils avaient une double ambition : la préservation de l’environnement et la valorisation de la ressource.
Le fonctionnement du SYDED s’articule autour de 3 principes forts qui ont été mis en place dès les origines :
– la mutualisation des moyens techniques, humains et des savoir-faire pour maîtriser les coûts et mener des projets ambitieux sur le territoire.
– la solidarité départementale pour garantir un accès au service public identique à tous les usagers, qu’ils habitent en ville ou dans une petite commune rurale.
– la responsabilité environnementale qui guide l’ensemble des actions pour préserver notre territoire
> M. : que représente le SYDED en 2026 ?
Muriel Descamps : aujourd’hui, Ce qui nous caractérise, c’est la multicompétence environnementale. La solidarité et la mutualisation sont toujours dans notre ADN ce qui évite les doublons avec une multitude de structures publiques pour gérer les ENR, l’eau… Le réseau des 29 déchetteries, calqué sur les cantons historiques, permet à chacun d’avoir une solution à 10 minutes de chez soi, à moins de 12 km des communes pour être précis. C’est très rare en territoire rural. Nous gérons aussi 16 réseaux de chaleur au bois qui valoriser des déchets de bois locaux. Pour la gestion du cycle de l’eau, nous sommes aux côtés des collectivités qui ont la gestion de l’eau potable, de l’assainissement et de la baignade. Nous les aidons aussi sur des projets de consolidation, d’interconnexions… Pour le traitement des boues, nous accompagnons toutes les stations de traitement des eaux usées. Le volet baignade est également un volet important notamment en terme d’attractivité.
S.M. : le SYDED du Lot avec 280 agents est dans le Top 10 des employeurs du département Le choix politique a été fait de conserver la totale maitrise des activités. Au SYDED, il n’y a pas de délégation à du privé. Les activités sont gérées par des agents et des moyens du SYDED.
> M. : comment ont évolué les conditions de travail en 30 ans pour les différents métiers ?
M.D. : cette volonté de garder les misions en régie a ouvert de nombreuses passerelles pour des agents pour changer de poste. Il y a ainsi des personnels qui sont là depuis les débuts. La sécurité et les conditions de travail ont été nos priorités. Nous avons même amené notre pierre à l’édifice sur ces sujets. On a ainsi co-construit les normes nationales sur les centres de tri car nous étions en avance. Nos innovations ont été reprises. Aujourd’hui, l’aspect sécurité est primordial dans les activités industrielles gérées par le SYDED. Nos agents sont formés par exemple sur le risque incendie. On va également plus loin pour assurer le bien-être au travail et la conciliation vie privée / vie professionnelle.
> M. : dans le sillage du SYDED, les Lotois sont devenus des champions du tri. Est-ce toujours le cas ?
M.D. : les Lotois ont toujours été de bons trieurs et sont les meilleurs d’Occitanie avec une quantité de déchets résiduels (dans les sacs noirs) parmi les plus faibles de la région. 40 000 composteurs individuels ont été distribués dont 6500 en 2025. Les usagers ont également compris l’intérêt de ne plus déposer les feuilles et la tonte en déchèterie. Cela représente 30 % de déchets vert en moins sans perte de bois que nous valorisons. Tout le monde a aussi adhéré au « pass déchetterie » avec 72 000 pass activés. Cela permet aux agents d’accueil de travailler dans de meilleures conditions et de mieux accueillir les usagers. Il y a encore une marge de progression pour améliorer le tri. Un certain nombre d’emballages échappent encore à la poubelle jaune…
> M. : quels sont les sujets prioritaires actuellement ?
S.M. : la mise en service d’un 16e réseau de chaleur à Salviac cet autombe et du 17e à Souillac en 2027, le plus important réseau porté par le SYDED, qui alimentera l’usine Pivaudran, une 1ère dans le Lot. La finalisation de l’usine de production d’eau potable de Cajarc qui appartient au SYDED. Répond au problème récurrent de turbidité. Cette usine intègre désormais un système d’ultrafiltration qui stoppera les particules, virus et microbe sans traitement chimique. La déchetterie de Figeac est actuellement en cours de rénovation. Le centre de tri de Saint-Jean-Lagineste va être réorganisé au niveau de son process afin d’améliorer encore la performance et augmenter le recyclage. Il pourra être visité après l’été 2027.
> M. : et pour demain, quelles sont les orientations ?
S.M. et M.D. : la poursuite de la mise en œuvre du plan stratégique « déchets 2035 » qui comprend une vingtaine d’actions concrètes pour diminuer les déchets sur le territoire avec notamment dans un premier temps l’objectif d’un composteur collectif par bourg. Il y a aussi la volonté de déployer davantage le réemploi en collaboration avec les structures de l’économie sociale et solidaire. Sur les énergies renouvelables, c’est la poursuite du déploiement des réseaux chaleur bois si les financements suivent. Le développement du bois énergie participera à l’indépendance énergétique du Lot. Continuer d’accompagner les collectivités sur le cycle de l’eau pour assurer la disponibilité en qualité et en quantité dans les décennies à venir. C’est un sujet primordial.





