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La commune de Rocamadour continue de dire non à l’extension de la carrière


Entretien sans langue de bois avec Pascal Jallet, le maire.

Après l’avis négatif du conseil municipal de Rocamadour en date du 9 avril sur l’extension d’exploitation avec dépôt de gravas inertes de la carrière de Malpas, Pascal Jallet, maire de Rocamadour, étaie cette décision.

> Medialot : pouvez-vous nous donner quelques éléments historiques sur la carrière ?

Pascal Jallet : la carrière a été créée en 1984 pour une exploitation épisodique, raisonnée et artisanale et ceci a duré jusqu’en 2005, moment où l’entreprise Colas a repris la carrière et a transformé la philosophie du départ en une industrialisation du site sans se soucier de l’environnement et des habitants.

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> M. : donc les méthodes d’exploitation seront totalement différentes ?

P.J. : oui, car l’extraction de la matière nécessitera au moins 4/5 tirs de mine/an avec une charge maximale de 75 kg/trou soit 2250 kg autorisés. En plus un impact sur le trafic routier, sur la commune et l’Hospitalet , sur 200 jours d’ouverture cela engendrera 20 véhicules de 19 t/jour plus les rotations des véhicules de 3,5 t ce qui porterait la rotation aux environs de 38 passages/jour alors que Rocamadour accueille 2 millions de visiteurs par an, et que plusieurs millions d’euros sont investis, par la Région, le Département et la Commune pour l’accueil des touristes en favorisant la sécurisation des flux piétons et des véhicules. Dans ce cas là, nous rendons la traversée de L’hospitalet plus accidentogène sauf à détourner ces camions vers Lacave et Calès.

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> M. : la commune n’est-elle pas soumise au PPRN ?

P.J. : effectivement, la falaise surplombant le site est protégée par un PPRN et nous n’avons aucune étude sur l’impact des tirs de mine sachant que les ondes suivent les fissures sur une certaine distance. Aucun calcul d’amplitude n’a été fait alors que nous avons des zones d’aléas forts et moyens à quelques centaines de mètres de la carrière. Le PPRN ne prend en compte que les risques naturels et donc pas les tirs de mine de la carrière. 

> M. : quel impact sur la vie économique ?

P.J. : les principales activités de notre commune sont l’agriculture et le tourisme. La carrière ne va pas générer d’emplois supplémentaires, et il existe déjà sur le territoire de Cauvaldor 12 sites d’extraction. Par contre en termes d’habitat, deux des trois hameaux à proximité bénéficient de zones constructibles, permettant d’accueillir des habitants supplémentaires. Ils sont très impactés par les tirs de mine et le concassage. Aucune étude ne les met en évidence. Cela représente un risque de non urbanisation pour ces hameaux. Nous avons un projet d’installation d’un village vacances sur le secteur du bois d’Alix, la poursuite de l’exploitation pourrait remettre en cause un tel projet.

> M. : l’environnement pourrait-il être en danger ?

P.J. : le risque est que la Colas allège les règles d’importation des déchets inertes pour satisfaire sa clientèle et mette en danger notre environnement car seules les entreprises du BTP pourront amener les déchets inertes, nos artisans seront exclus. Ils ne pourront pas présenter les documents ou tests demandés en plus de la contrainte financière. Nous n’avons pas en tant que grand site de France vocation à devenir la poubelle d’un exploitant. Qui va faire les vérifications s’il n’y pas d’emplois supplémentaires ?

> M. : le réseau des eaux peut-il être en danger ?

P.J. : une contamination des eaux serait le pire danger à craindre. Le bassin de l’Ouysse dont la carrière fait partie est un réservoir important du Département et des environs. Nous avons des continuités écologiques partout sur la commune. Là, comme par hasard, nous avons une sensibilité modérée. Les eaux de ruissellement : d’où viennent-elles et où se perdent-elles ? Évidemment si pollution il y a, les habitants et les professionnels de la commune seraient les premiers lourdement impactés sachant que la distance séparant la carrière du captage est de 2 km seulement. C’est un dossier qui n’est pas fait pour nous rassurer, c’est pour moi un dossier particulièrement incomplet. Mon conseil a pris ses responsabilités et sait qu’en cas de problème je ne pratiquerai pas la langue de bois à l’égard des personnes publiques associées qui auront formulé un avis favorable. 

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