Retour sur le congrès-salon des maires et élus du Lot 2026.
Le congrès-salon des maires et élus du Lot 2026 s’est tenu à l’espace François Miterrand à Figeac ce 16 octobre. En clôture de l’assemblée générale, Jean-Marc Vayssouze-Faure, président de l’AMF 46, dans son discours, a rappelé le rôle fondamental joué par les élus de proximité en particulier les maires « dans un monde sans répit ». Il a aussi regretté « les allures de surenchère de la campagne présidentielle contre l’échelon local ». Et de se projeter : « Face ce à cet environnement fait de vulnérabilités, notre pays a besoin de repères. Il a besoin de lucidité, de solidité, de proximité. Il a donc besoin de collectivités. D’élus qui tiennent bon ! D’élus en action ! D’élus qui, comme à chaque fois, savent se placer aux avant-postes ! Nous avons jusqu’à présent été les défenseurs de l’échelon local. Nous entrons désormais dans une zone de turbulences qui exige de nous de la combativité. Et vous en avez fait preuve, dès ces premiers mois, en affrontant le contexte difficile que j’évoquais à l’instant. Et vous allez continuer à prouver que la République tient bon grâce à vous ! Grâce à vos projets ! À votre travail ! À votre présence sur le terrain, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept ! Oui, notre République a besoin des collectivités. Et, pour cela, nous devons retrouver le chemin de la confiance avec l’État. Or, les perspectives qui s’ouvrent avec le projet de loi de finances pour 2027 sont tout simplement inacceptables. Et je vous le dis avec gravité : le budget de l’État, tel qu’il est présenté à cet instant au Parlement, organise les conditions d’un affaiblissement durable de nos communes, de nos départements et de nos régions, à l’heure où la France doit plus que jamais s’appuyer sur l’action de proximité. Après dix ans de reniement, cette ultime ponction pourrait bien être pour nous l’extrême onction : un nouveau calvaire budgétaire clairement insupportable, avec un prélèvement imposé aux collectivités qui atteindra, au bas mot, 7 milliards d’euros. Je le dis devant vous, comme je le dirai dans l’hémicycle lorsque nous allons mener la bataille : on ne peut pas reprocher aux collectivités de ne pas avoir pris part à l’effort de redressement des comptes publics. Cela fait dix ans que l’on se serre la ceinture et cela fait dix ans que la situation de la France s’empire, que le déficit s’aggrave et que l’échelon local pèse toujours de manière aussi infime dans la dette. Il faut regarder la réalité en face : la charge de la dette va bientôt dépasser les recettes de l’impôt sur le revenu. Quand est-ce qu’on va arrêter ce cycle infernal dans lequel l’affaiblissement des collectivités locales entraîne un recul de l’investissement local, qui met nos entreprises en difficulté, qui pèse à son tour sur la croissance et qui prive finalement l’État des recettes dont il a besoin ? Ce même État qui est en train d’imposer aux communes un esprit de renoncement. Renoncement aux projets, renoncement à la modération fiscale, renoncement à l’envie d’agir, renoncement à l’avenir. Alors oui, nous allons devoir nous battre avec vigueur pour vous redonner les moyens d’agir, comme nous devrons nous battre sur tous les autres fronts. Au premier rang desquels l’inflation normative, contre laquelle je me mobilise sans relâche. Au mois de mai dernier, le nombre de normes en vigueur a atteint un triste record avec 367 000 articles et 49 millions de mots. Je le dis ici, à Figeac : nous aurons bientôt besoin d’un nouveau Champollion pour décrypter toutes ces normes contradictoires et ces dossiers de subvention à rallonge. Nous aurons bientôt besoin d’une Pierre de Rosette de la démocratie locale pour continuer à agir. Face aux crises et parce que nous devons désormais nous préparer à tout, nous aurons besoin de moins de régulation et de plus d’action. De moins de planification et de plus de concrétisation. Vous le savez mieux que quiconque, le rôle d’un élu local, c’est d’être un meneur de projet, c’est d’être un transformateur de territoire, c’est d’être un artisan de la solution concrète, de la solution utile. L’enchevêtrement de normes enferme les élus dans leur bureau. Alors, je lance un nouvel appel à l’État : un appel à ouvrir les fenêtres et à changer d’air car, ici, sur le terrain, on étouffe ! Nous continuerons également à mener la bataille sur la question décisive du maintien des services publics de proximité en rappelant, à chaque instant, que notre faible densité ne justifie pas d’être délaissés et oubliés. Nous serons toujours à vos côtés sur les écoles, sur l’eau, sur le service postal et, plus que jamais, sur l’urbanisme. Et nous devrons également mener la bataille de la décentralisation. Avec de nouveaux transferts de compétences. Avec un principe de subsidiarité qui rime enfin avec réalité. Et surtout, avec un nouveau contrat de confiance ! Car dans le désert aride de l’incertitude, l’État a encore besoin de mairies qui agissent comme autant d’oasis de liberté. Une liberté dont nous devons écrire le nom : liberté, liberté locale. Dans les fractures abyssales qui divisent nos espaces, nos concitoyens et nos destins, notre point d’atterrissage doit être l’égalité, l’égalité territoriale. Dans les longs couloirs de ces vies qui ne se croisent plus, de ces Françaises et de ces Français qui ne se regardent plus, dans cet horizon brouillé d’hypernarcissisme, nous devons nous réunir autour d’un projet : la fraternité et, bien plus encore, la fraternité communale. Vous connaissez peut-être ce proverbe qui dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Eh bien, je crois, pour ma part, qu’il nous faudra tous les villages pour préserver la République. Et dans chaque village de notre département, il y a des femmes et des hommes qui s’apprêtent à apporter leur pierre à l’édifice républicain. Il y a des maires et des élus qui donnent déjà de leur temps et de leur énergie pour réparer les fissures de la maison commune. Il vous faudra tenir. Longtemps. Inlassablement. Et ainsi, dans six ou sept ans, vous pourrez dire « nous l’avons fait ». Vous aurez traversé de nombreuses difficultés mais porter cette écharpe tricolore aura peut-être été une expérience pleine de sens. Mes chers amis, la démocratie a besoin de vous. Les couleurs de la République flottent sur votre cœur parce que vous avez le sens de l’intérêt général chevillé au corps Notre pays a besoin de femmes et d’hommes qui, comme vous, regardent l’avenir à travers le visage de la République. Ce visage de Marianne qui a soif de libertés locales. Ce visage de Marianne qui exige l’égalité territoriale. Ce visage de Marianne qui voit dans notre ruralité et dans l’engagement local une source inépuisable de fraternité. Et nous serons debout. À vos côtés. À chaque instant. Pour dire d’une voix claire et, si besoin, d’une voix forte que vivent les élus du Lot, que vive la République de proximité et que vive la France de nos communes ! »
Alain Bauer, criminologue que l’on ne présente plus, heureux de revenir à Figeac 25 ans après (il y avait rencontré Martin Malvy quand il était collaborateur de Michel Rocard) est ensuite intervenu à la tribune sur le thème « Face au chaos mondial, les maires comme dernier rempart ». Une intervention qui a pris encore plus de relief avec les événements du 17 octobre…
> Marilyne Poulain, préfète du Lot, dans son intervention, a annoncé l’organisation prochaine d’un séminaire sur l’ingénierie de l’Etat afin de rende plus lisibles les dispositifs existants et faciliter l’accès à l’expertise des services. « C’est cette culture de l’accompagnement que je veux renforcer » a-t-elle expliqué.






