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« Il était glacial, un peu comme un robot, un automate »


L’après-midi du premier jour du procès de Matthias Belmon, plusieurs témoins, partie civile, experts se sont succédé à la barre se concentrant sur le matin du 17 octobre 2011. Morceaux choisis.

Le médecin de famille, Jean-Luc Lavayssière

– « J’ai été appelé par Marine Belmon, la femme de Matthias. C’était plus un appel à l’aide, qu’un appel d’intervention médicale. Je suis arrivé, et j’ai compris ce qui s’était passé. Je l’ai trouvé dans un fauteuil  dans la salle d’armes, somnolent, très abattu, des difficultés à s’exprimer. Il m’a dit qu’il ne pouvait pas dormir et qu’à cinq heures du matin il était allé voir sa soeur pour discuter et que ça s’était mal passé. Il m’a dit qu’il avait pris quelque chose. J’ai soigné son doigt qui était coupé, il l’a sorti de sa poche. Je suis resté ensuite au côté de Marine très abattue, désespérée. »

– « Il m’a déclaré avoir fait une connerie. Je n’avais pas la notion de mort, il me disait qu’elle était immobile. C’est quand les gendarmes sont arrivés, qu’ils lui ont demandé s’il l’avait étranglée et qu’il a répondu oui que j’ai compris. »

– « A la suite du décès du père de Matthias, je lui ai prescrit des anxiolytiques du zolpidem et du stilnox pendant un mois. Il y avait du surmenage, du stress, beaucoup de manque de sommeil. Il était dans l’état de quelqu’un de surmené, avec beaucoup de charges. J’ai été surpris qu’il en ait encore (on a découvert deux cachets de zolpidem sur Matthias lors de son arrestation)»

– La défense lui a demandé ce qu’il se passe quand ces prescriptions se font sur une plus longue durée. Le praticien a dit que l’on pouvait prolonger de trois semaines. A la question sur d’éventuels effets secondaires, il a  répondu « comme tous les traitements ».

– « On ne donne pas des antidépresseurs à tout va. Je n’avais pas tous les critères de l’état dépressif la dernière fois que je l’ai vu en mai 2011. On n’est pas dans la tête, dans la peau des gens.»

Françoise Belmon, la mère de Matthias

– « Le lundi matin, j’étais dans ma cuisine, nous faisions des confitures avec la femme de ménage. J’ai reçu un coup de téléphone vers 9 h 10 de Matthias, il voulait me dire quelque chose, je lui ai dit bien sûr, il était habillé tout en beige, un grand manteau beige et un foulard autour de la main. Il voulait me parler. On s’est installé dans le salon. Il n a pas voulu s’asseoir sur le lit me disant que c’était le lit de papa. Il s’est assis sur un fauteuil. Il m’a dit j’ai tué mon père, ma femme, mes enfants, j’ai tué, assassiné ma sœur. Je n’ai pas voulu le croire, je lui ai demandé s’il voulait un verre d’eau. J’ai essayé d’appeler sa sœur bien sûr ça ne répondait pas. Marine, sa femme, est arrivée, elle m’a dit vous avez vu ce que Stephan a fait à Matthias, elle lui a coupé un doigt. Elle a appelé un médecin. J’ai essayé de faire parler Matthias il m’a dit qu’il l’avait tuée, étranglée et qu’il était resté un moment à côté d’elle. J’ai pris la voiture pour aller à Cahors. J’ai dit à la femme de ménage de les surveiller de peur qu’ils fassent une bêtise. Je n’étais pas tranquille. Je savais que les gendarmes, le médecin arrivaient. Matthias était très froid, tellement froid qu’il me faisait peur, comme sans vie. Il était glacial, un peu comme un robot, un automate. Il s’exprimait très bien. Il m’a donné des détails : qu’il l’avait étranglée, qu’il voulait la faire parler. Je suis partie à Cahors, j’espérais. »

– « La veille Matthias et Marine m’ont demandé de garder les enfants. j’ai insisté pour aller chez eux. On a dîné avec les enfants, ils ont été mignons. A 1 h 15, ils sont rentrés de Cahors. Marine m’a offert une tisane. Matthias m’a dit je suis crevé, je vais me coucher.

– « Il était surmené, il avait des difficultés à tout gérer. Quand on démarre un métier, on a tous des difficultés. »

– « Le dernier échange avec Stephan c’était par SMS, la veille elle était partie avec Jérôme et des amis. A ma question comment ça allait ? Elle m’avait répondu : C’était top. »

– « Au moment du drame, leurs relations étaient apaisées. Stephan m’avait dit que ça allait mieux. Elle était rayonnante, gaie. Ils avaient des frictions sur la conduite de la vigne. La vigne n’est pas rentable, c’était un montage financier avec la carrière. Matthias m’a dit qu’il ne pouvait se permettre que la vigne perde de l’argent. »

Me Catala est revenu sur les déclarations initiales de Françoise Belmon soulignant l’absence du verbe assassiner. Elle en a convenu.

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