Retour sur le rassemblement citoyen de ce 19 octobre 2026.
Sur le parvis de l’hôtel de ville de Cahors, ce lundi midi, plus de 150 personnes avaient répondu à l’appel à rassemblement lancé par l’AMF suite aux événements du 17 octobre. Aux côtés de son équipe municipale dont Jean-Marc Vayssouze-Faure, président de l’AMF 46, Vivien Coste, maire de Cahors, a posé dans son discours un regard lucide sur la crise : « Une fois encore, une nouvelle fois, nous voici rassemblés devant l’hôtel de ville, la maison commune, pour démontrer notre unité et notre solidarité : cette fois, suite à un déchainement de haine et de violence dont plusieurs villes de notre pays ont été le théâtre ce week-end. Des émeutes, des pillages, des incendies ont créé, auprès de la majorité de nos concitoyens, de la stupeur, de l’émoi et de la colère. Des commerçants, des forces de l’ordre, les secours, des agents publics, des élus, des manifestants pacifiques, tous ont été pris pour cible par des casseurs prêts à tout pour créer un climat d’insurrection. Ils s’en sont pris à des mairies, un office de tourisme, une résidence préfectorale, bref, aux symboles de la République, à des institutions qui s’attachent et contribuent chaque jour à faire société sur nos territoires. Venus de France et de l’étranger, organisés pour semer le chaos, ils s’en sont pris à nos pairs. A des commerçants dont l’outil de travail a été ravagé, à des agents et des élus qui rendent le service avec constance et dévouement, à des personnels qui ont pour mission de maintenir l’ordre, à des Français pour qui le présent est confisqué et l’avenir brouillé. Exaltés par le climat qu’ils étaient en train de semer, réjouis par les incendies qui réduisaient en cendre notre patrimoine, portés par l’ivresse de la destruction alors que nos institutions étaient en proie aux flammes, ces semeurs de trouble apportent de la matière aux théoriciens du chaos. Comment ne pas se sentir atteints dans notre chair, devant le spectacle désolant de l’hôtel de ville de Limoges, ce chef d’œuvre du XIXe siècle occupé par des agents et des élus au moment où étaient perpétrés ces actes odieux. Pour ces quelques centaines de casseurs, ni les revendications lycéennes, ni la crise du pouvoir d’achat, ni le patrimoine, ni la vie ne comptent. Seul importe le désordre. Celui-là même qui contribue à polariser notre société, à créer des oppositions profondes, à affaiblir notre pays, à l’intérieur et, dans le concert des nations, face aux puissances étrangères. Pourtant, dans le moment que nous traversons, aussi naïf que cela puisse paraître, nous avons besoin de concorde. Au-delà de nos différences de sensibilités et d’horizons, quel que soit là où nous vivons, par-delà nos parcours, la période exige de rechercher ce qui nous unit, de rechercher les ressorts du rebond. En commençant par éviter les oppositions inutiles, en veillant à n’instrumentaliser aucune situation, en se gardant bien, dans la simplification du débat, à désigner des boucs-émissaires. Pas plus qu’il ne faut faire l’économie de regarder la situation avec lucidité. Pour administrer le bon remède, faut-il encore poser le bon diagnostic. Tout comme nos institutions ont été prises pour cible ce week-end, les revendications lycéennes, étudiantes et plus encore les inquiétudes sociales et territoriales ont été confisquées. Pourtant, ces mouvements disent quelque chose du pays. De notre France périphérique et des plus modestes des métropoles, qui payent chaque jour les conséquences de la vie chère. Les travailleurs pauvres, les citoyens assignés à résidence, de leur conditions sociales, territoriales ou culturelles, celles et ceux qui sont chassés du cœur des ville, tous ont en commun d’être atteints dans leur dignité. Lorsque les plus jeunes d’entre nous partagent avec anxiété la marche du monde. Marqués par la crise du Covid, bouleversés par le repli des Nations, anxieux face à la crise climatique, leurs alertes et leurs voix nécessitent d’être entendues. C’est cette liberté d’expression, ce message à notre société, cet appel à la survie de tant de nos concitoyens que les casseurs détournent et affaiblissent. Alors aussi simplement que nécessairement, les maires de France en appellent à la solidarité envers celles et ceux dont le message, le quotidien et l’intégrité ont été honteusement affectés. En tant qu’élus locaux, nous avons la responsabilité d’aller vers les Cadurciens fragilisés, d’écouter, de tenter d’apporter des réponses concrètes à leur quotidien. Que ce qui fonde notre République, ceux qui réparent les blessures, ceux qui contribuent au vivre-ensemble, les mairies et par-delà nos institutions résistent. En un mot, le sursaut. »





