Le sénateur a également lancé un nouveau cycle de rencontres pour « amener le débat national dans les territoires ».
Au sénat, le sénateur du Lot Raphaël Daubet est intervenu à la tribune pour soutenir la proposition de loi visant à remobiliser le bâti rural. Adopté en première lecture, ce texte crée, à titre expérimental et pour une durée de six ans, un « Fonds de mobilisation du bâti rural » destiné à financer des projets de réhabilitation ou de reconversion du bâti dégradé dans les communes très peu denses de moins de 1 000 habitants.
Ce texte est avant tout un texte d’action, attendu par les élus locaux, qui répond à des besoins identifiés de longue date dans les territoires ruraux.
Pour le sénateur du Lot, ce texte apporte une réponse concrète à une double exigence, celle de lutter contre une crise du logement structurelle et donner aux communes rurales les moyens de valoriser leur patrimoine bâti. « La mobilisation du bâti existant est une nécessité face à la crise du logement, nous avons eu raison d’ouvrir ce débat car il y a urgence à agir », a-t-il souligné. A la tribune, le sénateur a rappelé que les collectivités disposent aujourd’hui de nombreux dispositifs d’ingénierie territoriale qui permettent d’accompagner l’action publique locale, de planifier les projets et d’en identifier les priorités. Mais ces outils demeurent insuffisants s’ils ne s’accompagnent pas des moyens financiers nécessaires à leur mise en œuvre. : « Action Cœur de Ville, Petites Villes de Demain ou Villages d’avenir permettent de planifier et de structurer l’action publique locale. Mais il manque encore l’outil du passage à l’action ». Le sénateur a également appelé à davantage de cohérence dans les politiques publiques. Selon lui, « on ne peut pas, d’un côté, voter des lois pour limiter l’artificialisation des sols et, de l’autre, ne pas donner aux communes les moyens de restaurer les bâtiments vacants, en état d’abandon ou de péril. »
> Le 12 juin, Raphaël Daubet a lancé un nouveau cycle de rencontres pour « amener le débat national dans les territoires », dont le premier invité était l’ancien ministre de l’économie et des finances, Éric Lombard. Cette démarche du parlementaire vise à faire dialoguer le débat national avec les réalités locales, en associant directement les acteurs des territoires aux grandes réflexions économiques et budgétaires. Dans un contexte international marqué par la multiplication des crises géopolitiques et alors que la France doit poursuivre ses efforts pour maintenir son déficit à 5 % du PIB, cette première rencontre a réuni élus locaux, chefs d’entreprises, acteurs du logement, et plus largement les forces vives du Lot autour d’une conférence-débat avec l’ancien ministre. Cette rencontre avait donc un objectif simple, celui de permettre aux acteurs du territoire de débattre de sujets qui auront des conséquences concrètes sur leur activité, leurs investissements et, plus largement, sur l’avenir du pays.
Au cours de cette conférence, Éric Lombard a dressé un état des lieux des tensions internationales et de la situation des finances publiques françaises, tout en esquissant les conditions politiques, économiques et budgétaires nécessaires au redressement du pays.
Revenant sur leur collaboration lors des travaux budgétaires de 2024, Éric Lombard et Raphaël Daubet ont rappelé combien le dialogue et la recherche du consensus constituent des leviers indispensables à la construction d’un budget de l’État solide et responsable. Ils ont toutefois souligné que cette condition, si elle est essentielle, demeure insuffisante à elle seule pour engager durablement le redressement du pays. La question de la fiscalité et celle des salaires ont été au cœur des échanges. L’avenir de la France dépend également de sa capacité à renforcer ses partenariats avec des États européens volontaires afin de consolider notre souveraineté industrielle, numérique et énergétique. Les discussions se sont prolongées pendant près de deux heures, témoignant de l’intérêt suscité par ces sujets et de l’attente forte des acteurs locaux d’être pleinement associés aux réflexions qui engagent l’avenir du pays. Pour Raphaël Daubet, ces rencontres sont indispensables pour éclairer la décision publique et donner un cap aux politiques nationales : « Les grandes décisions nationales ne peuvent pas être prises sans écouter celles et ceux qui en mesurent les effets au quotidien. Les élus locaux, les entrepreneurs, les acteurs du logement ou encore les responsables économiques ont une connaissance concrète des réalités de terrain. Leur parole doit nourrir la décision publique. Sans cela, nous risquons de naviguer à vue. Au sénat, nous travaillons sur ces sujets avec des universitaires, des experts et des administrations. C’est indispensable, mais ce n’est pas suffisant. Nous devons aussi écouter les territoires. Les enjeux géopolitiques, les arbitrages budgétaires ou les politiques économiques n’ont pas les mêmes conséquences partout. Réunir les acteurs locaux, entendre leurs inquiétudes et leurs propositions est essentiel pour fixer un cap et prendre des décisions qui correspondent aux réalités du pays. »





