Le sénateur du Lot est intervenu à la tribune ce 5 novembre 2026.
Nommé vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées il y a quelques semaines, Jean-Marc Vayssouze-Faure est intervenu à la tribune le jeudi 5 novembre dernier. Il a ainsi pris part au débat portant sur le soutien à l’Ukraine, initié par son collègue Claude Malhuret, à l’issue des élections américaines de mi-mandat.
« La démocratie américaine s’est pleinement exprimée. Elle a sanctionné ceux qui la menaçaient. Elle a fait entendre la colère des victimes d’une guerre solitaire et hasardeuse menée au Proche-Orient qui a déstabilisé l’économie mondiale. Elle a rejeté les outrances d’un président narcissique, d’un bonimenteur davantage préoccupé par les intérêts de son clan que par ceux de son peuple » a lancé le parlementaire en entame de sa prise de parole. Selon le sénateur, qui s’était rendu à Kyiv en 2023, « Donald Trump a perdu la bataille mais l’Ukraine, résistante et héroïque, n’a pas encore gagné la guerre car le rééquilibrage des forces politiques ne tempérera que marginalement les ardeurs de cet admirateur des autocrates qui a déjà promis de mettre son veto à tout. »
Face aux incertitudes qui demeurent autour du soutien américain à l’Ukraine malgré la victoire du camp démocrate, le vice-président de la commission a lancé un appel : « à nous, Européens, de ne pas détourner le regard et de prendre toute notre part dans cet effort car défendre l’Ukraine, c’est défendre un modèle : celui du droit international, de la souveraineté, de la légitimité d’une Nation à décider de son régime, de son destin. Défendre l’Ukraine, c’est défendre l’Europe, son histoire et ses valeurs. » Jean-Marc Vayssouze-Faure a ajouté que « nous sommes parmi les derniers, avec les alliés de la coalition des volontaires, à défendre ces principes, dans un monde brutal où les bâtisseurs d’empires piétinent le droit et la diplomatie et détestent précisément ce que nous sommes : des démocraties vivantes et résistantes. »
Dénonçant fermement les « attaques de l’armée russe sur les installations énergétiques et les équipements vitaux » ainsi que « ses frappes mortelles sur des civils innocents », le parlementaire a formulé un avertissement : « la plus grande des faiblesses serait que nous lâchions l’Ukraine, par usure, par lassitude ou par éloignement ». En s’adressant directement « à ceux qui soutiennent une candidate dont le projet est de mettre fin à ce soutien six mois après son arrivée à l’Élysée », Jean-Marc Vayssouze-Faure a déclaré : « Abandonner un peuple qui défend notre modèle, c’est affaiblir la grandeur de la France ». Il a ensuite écarté un à un « les arguments fallacieux de ceux qui veulent délibérément abandonner l’Ukraine », précisant notamment que « ce ne sont ni la guerre en Ukraine ni le soutien français à Kyiv qui sont responsables de la situation économique, budgétaire et énergétique de notre pays ».
Le sénateur a décrit « une situation toujours difficile sur le front, avec une maîtrise de l’air que l’Ukraine est en train de perdre, avec des difficultés à se prémunir des attaques sur les infrastructures vitales et, surtout, avec au moins 16 874 civils tués, dont 820 enfants, depuis le début de la guerre ». Pour le sénateur, « il y a, dans ce conflit, des horreurs que nous avons le devoir de dénoncer », mentionnant, pour la seule journée du lundi 2 novembre 2026, « 110 missiles tirés, un centre d’aide humanitaire attaqué et un hôpital touché ». Devant la ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le vice-président a déclaré : « il est plus que jamais temps d’aider l’Ukraine car l’hiver sera rude sur le front, car l’Europe entre dans un cycle électoral incertain et car il est très probable que les États-Unis continuent de regarder ailleurs. Aidez l’Ukraine, plus fortement, plus rapidement, car c’est pour nous qu’elle se bat, pour notre avenir. »
En conclusion de son propos, Jean-Marc Vayssouze-Faure a fait référence à l’initiative prise par plusieurs communes partout en France et notamment dans le Lot, quelques jours après l’agression russe : « En février 2022, les frontons de nos mairies se sont spontanément parés de bleu et de jaune. Madame la Ministre, faites en sorte que ce drapeau de la liberté, qui continue de flotter aux côtés des couleurs de la République française, ne soit retiré que pour une seule raison, la seule qui soit digne de nous, de notre histoire, de nos valeurs : parce que l’Ukraine aura gagné la guerre ! »
Photo © sénat





