Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ La primaire de « la gauche socialiste et démocratique » (c’était l’appellation exacte de la consultation) a désigné hier soir, dès le premier tour, et avec un score sans appel (un peu plus de 66 % des suffrages) Raphaël Glucksmann pour représenter le PS, Place Publique et quelques autres formations à l’élection présidentielle. Un résultat qui a évidemment comblé d’aise la majorité des socialistes lotois et même d’Occitanie, qui ont tout aussitôt déclaré se lancer dans la bataille avec enthousiasme. « Le risque pour le parti à la rose est cependant que le PS _ qui n’aura donc en tant que tel en 2027 aucun candidat issu de ses rangs, une première depuis le congrès d’Epinay, ce qui ne rajeunit personne _ puisse gagner sur sa droite ce qu’il va perdre sur sa gauche » analyse ma protégée féline. Cela étant, pour l’heure, vu le nombre de candidats à droite et au centre (disons « le bloc central » pour user de la sémantique à la mode, ce qui évite d’utiliser le mot « macroniste(s) ») les premiers sondages post-primaire indiquent que la stratégie est payante. Mais la route est encore longue, et personne ne doute que certains vont devoir renoncer (en monnayant leur retrait). Bref, tout reste à faire. La campagne va être encore longue, très longue. Espérons simplement qu’elle donnera tort à la très honorable Simone Veil qui avait eu ces mots il y a quelques décennies déjà :« Il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une réunion électorale. Un jour, je me suis endormie pendant mon propre discours. »
Mardi._ Nouvelles manifs lycéennes dans le Lot. Des cortèges moins fournis, mais dans le calme. Ce n’est pas la même chose partout dans le pays. Avec ici et là des scènes de saccage, ailleurs des violences, souvent le fait de casseurs qui n’ont pas grand-chose à faire des revendications des plus jeunes. Lesquels, coincés entre forces de l’ordre d’un côté et ultras de l’autre, paient les pots cassés, au propre ou au figuré. Ma tigresse domestique me glisse dans l’oreillette que les congés de Toussaint arrivent à point nommé, et les premiers frimas de l’automne aussi. On en reparlera samedi soir, au moment où d’aucuns appellent à une convergence des luttes. Un vocabulaire qui ne nous rajeunit pas, là encore.
Mercredi._ La mondialisation n’épargne aucun domaine d’activité, aucun secteur économique. C’est ainsi que le coureur lotois Clément Braz Afonso s’est envolé pour la Chine pour participer, sous son maillot de la formation Groupama-FDJ, au tour cycliste de Guangxi, une province du sud du pays. Une épreuve que les instances professionnelles de la discipline ont tout aussitôt inscrites dans l’UCI World Tour, un agrément qui cache une ambition commerciale. L’objectif est que la Chine et que les pays asiatiques en général se passionnent désormais pour ce sport. Et que, comme cela s’est produit pour le football ou la Formule 1 (liste non exhaustive), les droits TV et autres produits dérivés puissent avoir accès à un nouveau et très grand marché. Ces considérations bassement matérielles mises à part, tant mieux pour le Lotois. Il a 26 ans, mais passé pro sur le tard et déjà assuré de se reconvertir le moment venu sans difficulté (il a suivi des études d’ingénieur), en attendant, il se fait plaisir. Sur le vélo. Et voit du pays ! Ma petite reine à moi, qui ne pédale guère que dans la semoule, songe à ces mots de l’inoubliable Blondin : « L’exercice de la bicyclette est une activité où toutes les fonctions naturelles, hormis celles de la reproduction, sont appelées à jouer un rôle. »
Jeudi._ La fête foraine s’installe à Cahors et dès ce samedi, sera le point de convergence des enfants en quête de fantaisie et de sensations plus ou moins fortes. Je ne peux cacher une forme de nostalgie, voire de mélancolie et/ou de vague à l’âme : je n’ai plus l’âge et eux non plus d’y accompagner mes enfants, et pas encore celui d’y emmener mes petits-enfants. Certes, si j’étais pingre, je pourrais m’en réjouir pour ce qui de l’intégrité de mon porte-monnaie. Mais je n’ai pas ce défaut. « Pourquoi me refuses-tu l’autorisation d’y aller tenter ma chance à la pêche aux canards, alors ? » m’interroge Sibelle. Je suis obligé de lui répondre qu’elle ne me demande pas mon avis quand, au petit matin, je découvre le cadavre d’un petit rongeur ou d’un frêle oisillon sur le paillasson. Sur son territoire, elle n’a besoin de personne pour décrocher le pompon, hélas pour les victimes.
Vendredi._ Le Congrès des maires du Lot se tient à Figeac, sous la présidence de Jean-Marc Vayssouze-Faure, sénateur (et ancien maire de la ville préfecture). Un invité exceptionnel honore de sa présence ce rendez-vous : Alain Bauer. Mais si, vous le connaissez. Universitaire, chercheur, criminologue, il est un des chouchous des chaînes d’info qui le sollicitent très régulièrement pour tout sujet ayant trait à la sécurité, à la géopolitique… Alain Bauer a un avis sur tout. Et il écrit beaucoup. Rien qu’en 2026 (et l’année n’est pas terminée), il a publié un livre sur Donald Trump, un autre sur la Chine, un troisième sur l’histoire du crime et un quatrième sur l’affaire Epstein. Sibelle se souvient de cette formule du regretté Peter Ustinov : « Si le monde explose, la dernière voix audible sera celle d’un expert disant que la chose est impossible. »
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