Il a combattu en Afrique puis a participé à la libération de Paris et de l’Alsace avec la 2e DB.
Officier de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération (par décret en date du 13 juillet 1945 signé du général de Gaulle), mais aussi titulaire de la Croix de Guerre 39/45 (4 citations), de la Médaille Coloniale avec agrafe et d’une distinction américaine, la «Presidential Unit Citation » : quand il quitte l’armée d’active pour se retirer dans son Lot natal, c’est peu dire qu’Albert Marty peut éprouver le sentiment du devoir accompli…
Avant notamment de se distinguer au sein de la 2e DB, il avait pourtant connu une enfance modeste, ayant vu le jour le 4 novembre 1907 à Fontanes, sur le hameau des Hugots. Son père Hippolyte y est agriculteur, et y décède dès 1909. Au recensement de 1921, encore adolescent, le jeune Albert est enregistré comme « cultivateur ». Entre-temps, la Première guerre n’a pas contribué à faciliter le quotidien… Sans doute le gamin du Quercy rêve-t-il dès lors d’autres horizons. Il signe en février 1928 en mairie de Cahors un engagement de cinq ans au sein du 16e Régiment de tirailleurs sénégalais alors basé à Montauban. Un an plus tard, on relève qu’il y a été assez vite promu caporal puis sergent. Quelques mois plus tard, Albert découvre le Maroc au sein du 16e Régiment d’infanterie coloniale. Après un bref retour en métropole, le voilà de nouveau au sein des Tirailleurs sénégalais, mais cette fois au Soudan français. Et en août 1938, devenu sergent-chef, il intègre les Forces de Police du Cameroun.
Albert Marty y apprend la déclaration de guerre, la débâcle de mai 1940, et l’armistice de juin 1940. On devine son désarroi. Pourtant, ce territoire va être l’un des premiers à se rallier à la France libre. Et cela grâce à un certain colonel Leclerc, qui, parti du Nigeria avec une vingtaine d’hommes, s’empare de Douala dans la nuit du 25 au 26 août 1940, puis de Yaoundé. Le 27, tout le Cameroun se rallie, et le Lotois est ravi. Il va suivre Leclerc dans sa grandiose épopée. L’enfant de Fontanes promu adjudant se bat au Gabon en novembre 1940, puis, cette fois sous-lieutenant, il est des opérations du Fezzan et de Tripolitaine. Passé lieutenant en décembre 1942, il combat en Tunisie où les troupes dites de la Force L ravissent l’oasis de Ksar Rhilane aux Allemands en mars 1943 et au Djebel Garci en avril et mai de la même année. A compter d’octobre, il s’entraîne au Maroc avec la 2e Division Blindée qui vient d’être officiellement constituée.
Mais une nouvelle page va bientôt être tournée. Avec son unité, Albert Marty rejoint l’Angleterre en mai 1944 et affecté au 22e Groupe colonial de Forces terrestres antiaériennes (FTA), il retrouve le territoire métropolitain en débarquant à Grandcamp, dans le Calvados, le 1er août 1944. La bataille de Normandie fait rage, et le Lotois y prend une part active, notamment à Argentan. « Il fait preuve en toutes occasions d’un courage et d’un sang-froid remarquables » souligne sa notice sur le site de l’Ordre de la Libération.
Après l’Afrique, l’Europe, il se bat en Extrême-Orient
Après la capitale et l’Ile-de-France, direction l’est du pays. Il combat ainsi dans les Vosges. « Le 23 septembre 1944, à Flin, en Meurthe-et-Moselle, sa batterie étant violemment prise à partie par un bombardement ennemi, il dirige lui-même l’évacuation des blessés, donnant l’exemple à ses hommes » lit-on encore. Suivent encore la campagne d’Alsace puis la campagne d’Allemagne jusqu’au printemps 1945.
Mais le héros lotois n’est point encore rassasié. A l’été, le voici volontaire pour l’Extrême-Orient, et Albert Marty est affecté au 3e Bataillon du Régiment de marche du Tchad (RMT), promu au grade de capitaine. Il débarque à Saigon en octobre 1945 et prend part aux opérations du Sud-Vietnam en janvier 1946 comme officier adjoint d’un sous-groupement. « Il effectue, à cette occasion, plusieurs reconnaissances difficiles ».
Il est temps bientôt, cependant, de reprendre ou plutôt de détourner à son compte les vers de Du Bellay… « Heureux qui comme Albert Marty a fait un long voyage / Ou comme cestuy-là qui conquit la toison / Et puis est retourné, plein d’usage et raison / Vivre dans son Quercy le reste de son âge ! » En juillet 1946, le Compagnon de la Libération est « dégagé » des cadres à sa demande. Il regagne le Lot. Décédé le 17 avril 1984, l’ancien officier de la 2e DB est inhumé sur ses terres natales, à Fontanes.
A noter que lors de nos recherches, nous avons recensé plusieurs « Albert Marty » au XXe siècle dans l’actuelle région Occitanie, mais aussi un autre homonyme s’étant également distingué durant la Seconde guerre : cet « Albert Marty » là (1903-1990) fut agent administratif à l’arsenal de Brest sous l’occupation. Il a rejoint la résistance en 1942 et a dès lors multiplié la transmission de renseignements sur les mouvements de la marine allemande, le moral des troupes, les pertes subies mais aussi la position de dépôts de munition et celle des ouvrages défensifs sur la côte…
Ph.M.
Sources : Ordre de la Libération, archives du Lot, site resistance-brest.net





