La liste «Souillac, l’ambition de vivre mieux »fait valoir sa différence avec le maire sortant.
Avant le second tour de ce dimanche, Frédéric Vergnes, tête de liste « Souillac, l’ambition de vivre mieux », explique leur différence avec la liste adverse :
« M. Liébus nous explique que tout serait simple : tout ce qui va bien à Souillac, ce serait lui.
L’école ? Lui.
Le patrimoine ? Lui.
La culture ? Lui.
La sécurité ? Lui.
L’attractivité ? Lui.
Les finances ? Lui.
Les projets ? Lui encore.
À l’entendre, Souillac ne serait donc plus une commune, mais presque une propriété politique.
Soyons sérieux.
Une ville ne se résume jamais à un homme ni à une équipe. Une commune avance grâce à ses agents, ses associations, ses commerçants, ses habitants, ses partenaires institutionnels, et aussi grâce à l’argent public de tous. Confondre action municipale et appropriation personnelle, ce n’est pas rendre hommage au travail collectif : c’est chercher à le capter. Ce texte ne ressemble pas à un élan démocratique. Il ressemble à un avertissement :
« Votez pour nous, sinon vous casserez la dynamique. » C’est une manière bien curieuse de parler aux Souillagais. Les habitants de Souillac ne sont pas des gens à qui l’on doit faire peur. Ils sont capables de réfléchir, de comparer, de juger un bilan, de regarder l’état réel de la commune, et de choisir librement l’avenir qu’ils souhaitent. Parler de « résistance » pour appeler à voter pour une équipe en place depuis des années, c’est tout de même un- paradoxe. En démocratie, résister, ce n’est pas reconduire automatiquement le pouvoir installé. Résister, c’est parfois oser demander des comptes, refuser l’autosatisfaction, et ouvrir une nouvelle étape. Oui, des choses ont été faites. Personne ne le nie. Mais gouverner une commune, ce n’est pas réciter une liste d’opérations comme on déroule un inventaire de campagne. La vraie question est plus simple : Souillac va-t-elle vraiment aussi bien qu’on veut nous le faire croire ? Le centre ancien est-il à la hauteur des attentes ? La voirie, les trottoirs, l’habitat, la dynamique commerciale du quotidien, la circulation, l’écoute des habitants, la transparence des choix publics : tout cela est-il vraiment satisfaisant ? Ce qui est plus préoccupant, c’est la manière dont toute alternative est immédiatement disqualifiée. Avoir une vision différente pour Souillac ne fait pas de nous des populistes, ni des incompétents, ni des candidats « générés par l’intelligence artificielle ». En démocratie, proposer une autre voie, questionner un bilan, porter un projet différent, ce n’est pas tromper les habitants : c’est simplement faire vivre le débat. Réduire ses opposants à des caricatures, c’est éviter de répondre sur le fond. Et surtout, c’est sous-estimer l’intelligence des Souillagais, qui sont parfaitement capables de se faire leur propre opinion. Quand un maire en vient à répéter « c’est nous » à chaque ligne, ce n’est pas une démonstration de force. C’est souvent le signe qu’il sent que le doute existe. Et quand il consacre une part importante de sa déclaration à attaquer ses concurrents, à parler d’abus, de populisme ou de conflits d’intérêts, chacun comprend qu’il ne cherche plus seulement à défendre un bilan : il cherche à disqualifier par avance toute alternative. C’est regrettable. Car une élection municipale mérite mieux que la peur, mieux que l’intimidation, mieux que la caricature. Les Souillagais n’ont pas besoin qu’on leur dise de quoi ils doivent avoir peur. Ils ont besoin qu’on leur parle vrai. Avec respect. Avec lucidité. Avec humilité. Et surtout avec une vision claire pour les années à venir. Souillac mérite un débat digne. Pas un réflexe de conservation du pouvoir. Pas une campagne fondée sur l’idée que sans une seule équipe, plus rien n’existerait. Une commune vivante, ce n’est pas une commune confisquée par un récit. C’est une commune où l’on accepte la contradiction, où l’on respecte l’intelligence des habitants, et où l’on comprend qu’aucun élu n’est propriétaire de la dynamique collective. Le 22 mars, les Souillagais n’auront pas à « faire acte de résistance ». Ils auront simplement à faire acte de démocratie. »
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