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Le vignoble lotois fait de la résistance

300 hectares « seulement » seront arrachés en 2026. 

Dans le Lot, une nouvelle campagne d’arrachages de vignes est actée par les autorités et la profession : on s’apprête à arracher 300 hectares de vignes en 2026. Cela ressemble à une goutte d’eau par rapport aux 28 000 hectares qui seront arrachés dans le pays (1,07 %) et surtout au regard des surfaces concernées dans d’autres régions viticoles : la seule Gironde concentre 28 % des dossiers déposés, l’Aude 16 % et le Gard 10 %. Même dans la Dordogne voisine, avec 2,9 %, on est très au-dessus…

Reste que ce seul angle n’est pas le plus pertinent. Ce qui paraît plus « spectaculaire », c’est qu’il y a quelques mois encore, une majorité des acteurs et des observateurs de la filière pensait que le vignoble lotois allait connaître une saignée comparable à celle de 2025 (745 hectares arrachés). Or, à rebours des autres régions concernées par ce nouveau plan (Bordelais, Languedoc, Vallée du Rhône méridionale…), à la clôture de l’ « appel à manifestation d’intérêt pour solliciter le concours de  l’Aide nationale à l’arrachage définitif de vignes », seuls 300 hectares ont donc été comptabilisés pour le Lot (AOC et IGP).

Co-président de l’Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors et des Côtes du Lot, Sébastien Sigaud en tire des conclusions positives : « Il s’agit incontestablement d’une preuve de résilience. Cette capacité à résister aux vents contraires reflète la volonté de défendre envers et contre tout un terroir et ses spécificités, elle est portée une génération de vignerons entrepreneurs qui croient en leur travail, en leurs vignes, en leur vin, en ce cher Malbec. Quand on observe ce qui se passe chez nos voisins les plus proches (Gaillac, Fronton, Gascogne), on ne peut que s’en féliciter… »

Sur le plan pratique, l’arrachage sera effectué après les vendanges de l’automne prochain mais impérativement avant le 31 décembre, ce qui constitue une différence par rapport à l’an passé. La raison : le délai de financement des primes par l’Union européenne est décalé. Enfin, puisque l’on parle chiffres, précisons que la prime allouée demeure de 4000 euros par hectare arraché (même si l’État avait primitivement tablé sur une enveloppe globale de 130 millions pour 32 500 hectares).

L’union fait la force

Une autre donnée : à ce jour, la surface plantée de vignes dans le Lot s’élève à 3 991 hectares. A l’issue de ces deux campagnes d’arrachages, le vignoble lotois aura perdu 22 % de sa surface. Ce n’est pas rien, évidemment, et pas seulement en terme de paysage. Mais la cure aurait pu être plus rude !

Alors, dans ce contexte, Sébastien Sigaud en appelle à une sorte de front commun, une forme d’union sacrée. Un peu à l’image de ce qui a été observé pour protéger les parcelles exposées au gel : grâce au concours des collectivités, des dispositif innovants ont été installés et « on a gagné 2 degrés », note le dirigeant. Lequel voit cependant plus large. Si, comme ailleurs, il y a des pistes à explorer et exploiter pour contrebalancer les tendances du marché (où globalement le rouge cède des parts alors que le rosé et le blanc progressent : nationalement, 82 % des vignes promises à l’arrachage en 2026 donnaient du rouge), le vigneron de Prayssac pense au territoire dans son ensemble. « Nous sommes tous liés par cette terre. De même que les élevages contribuent à enrichir l’humus, de même qu’il y a quelques décennies nous cultivions des fruits rouges entre des parcelles de vignes, je trouverais logique que toute la filière lotoise (agro-alimentaire) soit liée à un ambassadeur de poids, le géant Andros. Quelle formidable locomotive ! »

Alors qu’on ignore encore, sur les 300 hectares qui seront arrachés, la part des surfaces correspondant ou à des ajustements de certains domaines (qui cesseront d’exploiter des parcelles fragilisées) ou à des cessations d’activités (concernant des vignerons n’ayant pu trouver un repreneur pour leurs vignes au moment de prendre leur retraite), le paradoxe est donc là : effet de « résilience » aidant, même s’il s’apprête à réduire légèrement sa voilure, le vignoble lotois entend maintenir le cap.

Ph.M.

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