Après leur séparation, un homme de 37 ans a multiplié les appels, messages et visites au domicile de son ex-compagne à Cajarc. Jugé pour harcèlement en récidive, il a été condamné à 24 mois de prison dont 12 avec sursis probatoire renforcé.
3 800 messages, 750 appels et des passages répétés devant son domicile. Entre octobre et décembre 2025, un homme de 37 ans a harcelé son ancienne compagne à Cajarc, la contactant en moyenne 75 fois par jour après leur séparation. Le prévenu, en récidive, comparaissait détenu devant le tribunal correctionnel. Déjà condamné pour des faits similaires en 2020, il reconnaît à l’audience l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.
L’affaire débute à l’automne 2025. La victime explique avoir commencé à fréquenter le prévenu à sa sortie de prison. Le couple s’installe rapidement ensemble, mais très vite, la relation se dégrade. Elle décrit un homme « paranoïaque et jaloux », qu’elle soupçonne de consommer des stupéfiants et qui la réveille la nuit pour l’interroger.
En octobre 2025, elle met fin à la relation et retourne vivre dans son ancien logement à Cajarc. Mais la séparation ne met pas fin aux tensions. Au contraire. Selon son récit, l’homme se met à rôder autour de son domicile, parfois jour et nuit. Il frappe à sa porte, l’appelle et lui envoie des dizaines de messages. Il laisse aussi des mots d’amour sur son véhicule et la suit à la sortie de son travail.
Alertés à plusieurs reprises, les gendarmes interviennent à plusieurs reprises : une fois ils le trouvent en train de lui crier dessus, une autre en pleurs à l’extérieur du domicile. La femme explique alors aux militaires qu’il la suit et la harcèle par téléphone mais ne souhaite pas déposer plainte.
Pourtant, les interventions se multiplient. Les militaires reviennent une troisième fois après avoir été informés que l’homme rôde depuis plusieurs jours autour de la maison. Cette fois, la victime finit par porter plainte.
L’exploitation de son téléphone révèle l’ampleur du harcèlement : 3 800 messages et 750 appels en moins de deux mois.La situation inquiète aussi l’entourage. Le collège de l’enfant de la victime signale le comportement du prévenu, qui tente d’amadouer le garçon en lui offrant des cadeaux. Plusieurs témoins décrivent un homme jaloux, souvent alcoolisé et incapable d’accepter la séparation.
Placée sous contrôle judiciaire, la situation ne s’apaise pas. L’homme viole à plusieurs reprises les obligations qui lui sont imposées. Il retourne voir la victime alors qu’il lui est interdit de l’approcher. Lors d’un épisode, il la suit et l’empoigne violemment. Un nouveau contrôle judiciaire lui interdit alors de paraître dans le Lot. Là encore, il ne respecte pas la mesure. Il se rend au domicile de la victime, l’insulte et donne des coups dans son véhicule.
Les gendarmes interviennent finalement à son domicile avec le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), l’homme refusant d’ouvrir la porte alors que les militaires craignent qu’il puisse détenir des armes. Il est finalement incarcéré le 8 février.
À l’audience, le prévenu reconnaît les faits et évoque une longue dépendance aux stupéfiants. « La consommation m’a rendu complètement parano. Ça a détruit toutes les relations que j’ai eues dans ma vie », affirme-t-il. Désormais sevré, il dit éprouver « de la honte » face à son comportement. « Je n’avais pas été sobre depuis quinze ans. J’ai l’impression de revivre. » La présidente évoque également son enfance marquée par un père violent. « Oui, mais ce n’est pas une excuse », répond-il.
Pour l’avocate de la partie civile, la relation a basculé très rapidement. « Trois mois idylliques, puis une plongée dans un état d’hypervigilance permanente », résume-t-elle, évoquant une victime contrainte d’aller dormir ailleurs par peur de nouvelles visites. Sa cliente ne sollicite toutefois pas de réparation au titre du préjudice moral.
La substitut du procureur souligne la gravité et la persistance des faits et requiert 24 mois de prison, dont 12 assortis d’un sursis probatoire renforcé.
L’avocate de la défense, Me Hadot-Maison, insiste sur la dépendance du prévenu : « Cette addiction dévaste tout ce qu’il touche, tout ce qu’il est. » Selon elle, son sevrage récent pourrait marquer un tournant. « Aujourd’hui, il peut se reconstruire. Comme un phénix, il pourrait renaître de ses cendres. »
Le tribunal suit finalement les réquisitions du parquet : L’homme est condamné à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire renforcé pendant deux ans, avec maintien en détention. Il devra également se soumettre à des soins, travailler, et suivre un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales et conjugales. Il lui est interdit de paraître à Cajarc, d’entrer en contact avec la victime et son fils, et de détenir une arme. Il devra en outre verser 800 euros à la victime au titre des frais de procédure.





