Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ Quand bien même cette édition 2026 est singulière en raison de l’absence des bovins (conséquence de la crise de la dermatose, notamment), le Salon de l’agriculture bat son plein. A Paris, la délégation lotoise se distingue. Nombre de produits du Quercy sont primés. Et la coopérative Cant’Avey’Lot spécialisée dans la production et distribution de lait, fromages et yaourts (au lait de vache!) est même saluée par le chef de l’État. Les vins ne sont pas en reste. Dans le Lot, la crise de l’agriculture (tous secteurs confondus) et l’annonce de nouveaux arrachages de vignes n’empêchent pas de cultiver… l’excellence. Soit. Sibelle qui n’est pas insensible aux problématiques que rencontrent nos fiers paysans et nos vaillants vignerons ne peut pas s’empêcher, pour sa part, d’ironiser sur l’incessant ballet des politiques qui s’attardent à chaque stand, font semblant de s’intéresser à tel ou tel produit, et ne viennent finalement que faire campagne quand la campagne vient en ville. Dans les gazettes, elle apprend que Jacques Chirac avait une technique quand il effectuait ses marathons et goûtait à tout ce qu’on lui tendait. « Il s’arrangeait pour trinquer beaucoup mais évitait de boire… » La fin d’un mythe !
Mardi._ Padirac demeure le site touristique le plus visité du département, hors certains villages comme Rocamadour ou Saint-Cirq-Lapopie où les vacanciers déambulent simplement dans les ruelles mais sans forcément « entrer » dans un lieu culturel ou ludique en particulier. Le bilan 2025, rendu public ces jours-ci, a d’autant plus été positif pour les gouffres et grottes qu’ils sont appréciés quand la météo est caniculaire. A l’inverse, certains sites semblent boudés injustement. On pense au musée Zadkine, par exemple, et au village des Arques en général. Peut-être un problème de localisation ? Ou de communication ? En son temps, quand une révolte paysanne s’y fit jour, ne la désigna-t-on pas déjà comme celle des « Tard Avisés » ? C’était en 1707. Ma protégée reste muette. Elle-même connaît désormais quelques petites merveilles dans le département mais elle se fait une règle ne pas trop en parler. Les bons spots, c’est un peu comme les coins à champignons. Ça se transmet en famille, et encore.
Mercredi._ On a rangé les parapluies. Un soleil généreux, enfin, nous incite déjà à croire que le printemps est arrivé. « C’est toujours ça de pris » glisse ma tigresse, qui s’accorde quelques longues séances de luminothérapie sur notre bolet. Les chats n’ont pas besoin de crème solaire ni de lunettes noires. De mon côté, j’ai enfin fini de tailler notre plant de chasselas et les rosiers qui le voisinent. Mais je ne remise pas mon manteau dans la penderie. On est encore en février. Déjà qu’en avril, le proverbe invite à la prudence alors en février et mars, j’vous dis pas…
Jeudi._ On regarde avec Sibelle la longue, très longue cérémonie des César 2026. Certains passages sont émouvants, d’autres sont plutôt drôles, c’est parfois un peu ennuyeux. On se surprend à regretter de ne pas avoir vu tel film, d’avoir oublié tel acteur. Les professionnels du cinéma ont raison de craindre les facilités de l’IA et de se féliciter, par ailleurs, des spécificités françaises qui permettent au 7ème art hexagonal de rester l’un des premiers au monde. L’ensemble n’est pas trop convenu, ni trop bling-bling. Avec ma protégée, on se demande comment et/ou pourquoi quelques imbéciles, dans la salle, ont hué l’hommage par ailleurs très sobre (quelques extraits de sa fulgurante carrière) rendu à Brigitte Bardot. Sans doute aurait-elle eu quelques mots bien à elle pour les qualifier. Et puis il y a ce film, « Nouvelle Vague », que l’on a loupé à sa sortie. Dommage. Cela nous ramène à ce constat de Jean-Luc Godard : « Tout le monde peut faire un film aujourd’hui avec un simple smartphone. Faire du cinéma, c’est une autre affaire… »
Vendredi._ Les dés sont jetés. Depuis hier soir, date limite du dépôt des listes en préfecture (ou sous-préfecture) pour les élections municipales, on en sait davantage sur la bataille qui sera livrée dans les communes lotoises le 15 mars prochain. Il y aura certes quelques points chauds mais dans un nombre très important de villages, la démocratie de proximité sera réduite à sa plus simple expression. Et les nouvelles modalités en vigueur pour les communes de moins de 1000 habitants n’ont rien arrangé. Quand il n’y a qu’une seule liste, disons le tout net, l’enjeu d’une élection n’est plus que symbolique. Mais qu’importe. On respectera les usages. « Dans l’isoloir, attention toutefois à ne pas glisser la liste des courses à la place de la seule liste de candidats en lice… » glisse ma tigresse, toujours malicieuse.





