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Lot – Municipales 2026 : Sur les réseaux sociaux, une campagne encore timide

C’est moins vrai dans les villes et certaines communes où la « bataille » est âpre. 

Dans la plupart des communes lotoises, les réunions, les tracts distribués sur les marchés ou glissés dans les boîtes aux lettres sans oublier le bon vieux porte-à-porte ont encore de beaux jours devant eux. Certains diront sans doute que c’est une bonne chose, car rien ne vaut le contact direct, la poignée de main, et le dialogue sans faux-fuyant. 

Les réseaux sociaux traditionnels comme Facebook, X ou encore Instagram demeurent peu utilisés par les candidats. En tout cas dans le Lot. Et a fortiori dans les nombreuses communes où une seule liste est en lice, d’autant que la loi ne permet plus le panachage et les candidatures isolées dans les villages de moins de 1000 habitants.

Reste que l’un n’empêche pas l’autre. Etre actif sur le terrain n’empêche pas d’être présent sur les écrans et de pouvoir communiquer autrement… Dans une étude publiée il y a quelques jours, Noé Girardot-Champsaur, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès et directeur de clientèle chez « Bona fidé » (*), notait que peu de candidats hors Paris faisaient appel à l’intelligence artificielle ou aux outils liés aux données (data et informations) mais remarquait en revanche l’essor de certaines messageries ou de réseaux sociaux : « La campagne invite ainsi à partager des vidéos en proposant de les télécharger ou de les partager en un clic sur ses réseaux sociaux, en s’appuyant sur des boucles à large diffusion, potentiellement composées de proches, collègues, amis, membres de la famille, etc. Cette tactique est efficace parce qu’elle cible les personnes en lesquelles les Français ont le plus confiance : leurs proches. Le mécanisme est simple : produire des vidéos et des contenus conçus pour être transférés le plus possible, un peu comme les mèmes et les vidéos humoristiques qui circulaient en France pendant la pandémie de Covid-19. »

> Facebook très utilisé quand le duel s’annonce serré

Pour revenir au seul département du Lot, hors les grandes villes où les équipes de campagne possèdent une cellule ou, à tout le moins, un référent dédié à la communication numérique, on a remarqué logiquement que ce sont les communes où la bataille s’annonce rude que des comptes ont été créés par les listes en présence. Deux exemples semblent émerger : Lalbenque et Luzech. On y trouve des posts présentant les candidats, des focus sur tel ou tel axe programmatique, et des appels aux citoyens pour suggérer que leurs propositions soient prises en compte. Un réel souci d’interactivité est observable. Par ailleurs, le support permet de développer des thématiques généralement moins présentes sur d’autres supports, comme l’intercommunalité. Plus rarement, des vidéos sont diffusées. A Lalbenque, les deux comptes rivaux affichent 700 et 1000 followers, ce qui n’est pas rien dans une commune de près de 1900 habitants : mais on devine aisément que nombre d’internautes suivent la campagne sans forcément habiter ou être inscrits sur la localité. Les chiffres sont plus modestes à Luzech, où la campagne n’en est pas moins rude…

> La loi encadre cette forme de communication

Un tour d’horizon a permis de relever une commune dont la seule liste en lice a également choisi d’être présente sur Facebook, à Anglars-Nozac. On y trouve des éléments de programme, les résultats d’un questionnaire, mais aussi un rappel utile sur le mode de scrutin. A proximité, c’est-à-dire à Gourdon, un cas de figure plus singulier est à noter : la liste du maire sortant Jean-Marie Courtin a créé son compte Facebook (là encore, on y retrouve la présentation des colistiers, des posts thématiques, des annonces de réunions), mais celle de son challenger Frédéric Gineste, n’en possède pas. Par ailleurs vice-président du Département, celui-ci communique sur Facebook via son propre compte.

Ce n’est évidemment pas interdit. D’un point de vue financier, les comptes sont gratuits. Sauf si on souhaite booster leur audience en utilisant des fonctionnalités généralement réservées aux sociétés commerciales : on entre dès lors dans un domaine plus encadré par la loi. Voire interdit : « Certains procédés couramment utilisés sur Internet sont interdits pendant la campagne électorale (référencement payant, achat de liens sponsorisés ou de mots clés). » Il n’est pas admis non plus d’inclure de la publicité commerciale sur les sites ou posts des candidats et des listes.

Evidemment, sous réserve de ne pas diffuser de nouveaux messages la veille et le jour du scrutin, un site (ou compte) peut rester en ligne. A noter cependant que sur le plan juridique, sont apparus lors des derniers scrutins des contentieux : ils étaient liés à des commentaires diffamatoires postés sur des comptes de candidats, mais aussi sur des comptes généralistes du genre « Tu sais de Telle Ville si… ». Autre souci, quand un élu utilise le compte d’une collectivité pour sa propre campagne.

Pour revenir au « push », sur Facebook, cette faculté (payante) de booster une publication, deux arrêts du Conseil d’Etat ont admis que stricto sensu, ces fonctionnalités étaient interdites aux candidats. Mais dans les deux affaires, la haute juridiction n’a pas invalidé les résultats des élections, estimant que la date de pulication et leur contenu n’avaient pu « altérer la sincérité du scrutin ». Cependant, la prudence s’impose…

Ph.M.

(*) Revue des tendances des campagnes municipales en 2026, Fondation Jean-Jaurès, février 2026.

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