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Un acte prémédité pour la mère 


Le nouveau témoignage de Françoise Belmon a été un témoignage à charge contre son fils.

« Radieuse », « formidable »…les amis, les relations relations sentimentales qui se sont succédé à la barre, encore sous le choc, ont tous décrit une Stephan Belmon comme une jeune femme amoureuse de la vie. Et de l’autre côté les proches, les amis de Matthias ont rappelé ses qualités humaines.

Françoise Belmon, leur mère, est revenue à la barre mercredi soir pour sûrement un des tournants du procès. Elle est d’abord revenue sur les années où tout allait bien, ses affinités, les passions communes avec Stephan avant de s’exprimer sur le drame, son ressenti : « Que s’est-il passé ? Je ne sais pas. Le pouvoir, la rivalité…La haine s’était installée chez Matthias. Chez elle, je ne crois pas. Quand les policiers ont ouvert le coffre de la voiture utilisée par Matthias cette nuit-là, j’ai compris. Comment prendre tout ça sans réfléchir : la corde, les gants, la cagoule, ces habits, ce déguisement. Jamais je n’ai vu mon fils s’habiller comme ça. Oui, c’état prémédité. Si je n’avais pas vu cette fouille, jamais je ne l’aurai cru. » Et d’enfoncer le clou : « Ce n’est pas suite au décès de leur père, c’est avant, quand ils luttaient pour se mettre d’accord. Chacun voulait la société qui rapporte. Stephan ne méritait pas de mourir. Celle rivalité n’aurait pas dû exister. Non, elle n’aurait pas dû exister. » Son fils dans le box des accusés s’est affaissé devant le réquisitoire de sa mère.

« Frapper aux portes de l’enfer »

Jeudi, l’ancien ministre, Jean Glavany, est venu témoigner. Il a connu Matthias grâce à son fils qui jouait au rugby avec. Ils se sont liés d’amitié. Il l’avait vu en août 2011 à l’occasion d’un mariage à Goujounac, Matthias l’a amené sur la tombe de son père, il a pleuré dans ses bras. Il ne l’avait pas trouvé bien, lui avait conseillé d’aller voir quelqu’un, que cela pouvait arriver à tout le monde, que ce n’était pas un signe de faiblesse.

Les psychiatres ont ensuite tenté d’expliquer l’inexplicable. Le Dr Martine Daban qui l’a suivi de février 2013 à février 2014 a décrit un « jeune homme déprimé, accablé, qui a parlé spontanément du meurtre de sa soeur ». « J’ai été frappé par la sauvagerie de l’acte par rapport à la personnalité de Matthias Belmon. J’ai essayé de comprendre ce qui avait pu pousser cet homme posé, tranquille à passer à l’acte. De mon point de vue, on peut imputer à la prise de ces médicaments le déroulement de l’acte ce qui n’exclut pas la responsabilité de monsieur Belmon mais au moins l’atténuer » a-t-elle expliqué. Me Catala a sauté sur l’occasion : « Ce passage à l’acte est-il lié à une constellation de facteurs ? La fragilité d’une personne qui va s’aggraver avec le décès de son père, qui va le faire basculer dans la dépression. Un homme capable de frapper aux portes de l’enfer. » La réponse du médecin est claire : « Oui »

Les Docteurs Olivier, Aubat, Blandin qui ont examiné l’accusé juste après le drame pour le premier et en détention pour les deux autres ont livré quelques clefs sur le passage à l’acte de Matthias Belmon. Morceaux choisis.

Dr Olivier

« Il y avait une différence dans la famille entre hommes et femmes. Des relations plus difficiles avec sa mère et sa soeur. »

« Sentiment d’isolement et de solitude par rapport aux responsabilités. »

« Il souffrait d’une légère altération du contrôle des actes peut-être du discernement, je la relie à un état dépressif patent. »

Dr Aubat

« Il y a des conflits, et c’est tabou, à l’intérieur des familles, à l’intérieur des fratries. »

« M. Belmon a une pensée mathématique, logique cherche à être dans la maîtrise et tout contenir à l’intérieur de sa tête avec un verrouillage de l’espace imaginaire. »

« Les défenses vont tenir jusqu’à ce qu’elles lâchent. La dépression va fracturer son espace de défense. »

« Quelques semaines avant le drame, il y a eu l’émergence de fantasmes sexuels qu’il n’avait jamais eu, des fantasmes homosexuels et qui me paraissait liés à son père avec une problématique de soumission. »

« Le décès du père va le propulser dans cette famille où affect et affaires sont liés. Il a développé une problématique dépressive. »

« Il se passe quelque chose d’important avant le passage à l’acte. Sa soeur lui dit un certain nombre de choses, allume, fait démarrer la mèche. Je le cite : « Elle m’engueule, me traite de minable, de moins que rien. Elle me dit, tu n’es pas mon père. Elle ne m’avait jamais dit ça, ne m’avait jamais comparé à mon père». C’est l’effet classique du clapet et que les digues sont franchies. »

« Rien ne dit que cet acte était écrit à l’avance ».

Dr Blandin

« Il l’a toujours considéré comme sa petite soeur, qu’il a beaucoup aimé. il s’est défendu d’avoir des préoccupations sexuelles avec elle. »

« Il avait une affection particulière avec sa soeur, il n’a pas supporté ce qu’elle lui a dit.»

Vendredi place aux plaidoiries et au réquisitoire.

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