La société « Le Train » pourrait être à l’œuvre dès 2029.
Alain Getraud, dirigeant de la compagnie Le Train, opérateur privé basé à Bordeaux, a annoncé ce mardi 3 novembre avoir remis « une offre pour les trains d’équilibre du territoire (Intercités) Paris-Clermont-Ferrand et Paris-Limoges-Toulouse. » C’est désormais à l’État de trancher, et éventuellement de valider une alternative sur ces lignes historiques exploitées par SNCF-Voyageurs.
Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, le nouveau contrat d’une durée de dix années, quel que soit le candidat retenu, sera effectif à compter de décembre 2029. « Cette offre reflète notre engagement et notre savoir-faire : une exploitation robuste, un service pensé pour les voyageurs et les territoires traversés, un coût maîtrisé pour l’État, autorité organisatrice » a plaidé Alain Getraud sur les réseaux sociaux.
Pour la jeune société privée fondée en 2020, l’exploitation de ces deux lignes complèterait un autre pan de son activité qu’elle va développer via des rames à grande vitesse sur Paris-Bordeaux, Bordeaux-Rennes et Bordeaux-Nantes. Pour ce qui concerne la ligne POLT qui, comme sa cousine reliant la capitale à Clermont, rencontre des difficultés chroniques au grand désarroi des usagers (retards, annulations), l’un des grand avantages pour la société concurrente serait de profiter du rajeunissement prévu en terme de matériel (nouvelles rames Oxygène promises dès l’été 2027) et des travaux de rénovation des infrastructures effectués par France Rail qui seront achevées à cette date. En effet, contrairement à ce qui a pu être initié sur d’autres lignes (Paris-Lyon-Méditerranée par exemple), sur Paris-Toulouse via Limoges et Cahors, une fois le marché conclu, un seul opérateur assurera les trajets : SNCF-Voyageurs ou Le Train. Quitte, outre les matériels roulants, à ce que des personnels de la société historique soient transférés, avec leur accord, vers le nouvel acteur.
On remarque que dans tous les cas, au mieux, il n’y aura qu’un seul aller-retour en plus par rapport au service actuellement effectué. Sans complexe, la compagnie Le Train entend, sur Paris-Toulouse ou Paris-Clermont, décliner un objectif simple mais ambitieux, c’est-à-dire « répondre à trois priorités : pour les voyageurs, des trajets fiables, fluides et sans rupture ; pour les territoires et leurs élus : une offre performante, construite à leur écoute ; pour l’État : un coût public maîtrisé… »
Qu’un « privé » obtienne ce marché serait un événement majeur dans le paysage ferroviaire français et dans la jeune histoire de la compagnie Le Train qui compte parmi ses actionnaires des entités du Crédit Agricole et du Crédit Mutuel. Les deux lignes (POLT et Clermont) représentent 1 132 km et 6 régions traversées, mais aussi 4,5 millions de voyageurs par an.
Reste à mesurer ce que pèsera dans la décision de l’État le mécontentement accumulé ces dernières années par les usagers et leurs élus qui n’ont cessé d’incriminer SNCF-Voyageurs pour ses manquements (retards, trains annulés…) et sa communication chaotique.
Photo : La société a déjà des rames Grande Vitesse à ses couleurs. Photo Le Train.





