En détention provisoire depuis la fin novembre, un Figeacois de 21 ans a été jugé mardi 6 janvier au tribunal correctionnel de Cahors pour trafic et usage de stupéfiants. L’enquête, déclenchée par le signalement d’un voisin, a révélé des ventes répétées de cocaïne, cannabis et ecstasy, tandis que le stockage et le conditionnement se faisaient dans un immeuble appartenant à la famille du prévenu.
« Tous les jours, plusieurs fois par jour », reconnaît le prévenu. Mardi 6 janvier, le tribunal correctionnel de Cahors jugeait en comparution immédiate à délai différé un jeune homme de 21 ans, poursuivi pour trafic et usage de stupéfiants. Placé en détention provisoire depuis la fin novembre, il comparaissait pour des faits impliquant cocaïne, cannabis et ecstasy.
L’enquête débute après le signalement d’un habitant de Figeac, excédé par un trafic qui se déroulerait sous ses fenêtres. L’homme filme à plusieurs reprises des transactions et alerte les forces de l’ordre. Les images confirment une activité régulière.
À la barre, le prévenu reconnaît les faits. Il admet avoir participé aux transactions en recevant de l’argent ou en remettant des stupéfiants. Il se défend toutefois d’être à la tête du réseau. « Je n’ai pas envie de mourir en prison. J’ai joué, j’ai perdu », lâche-t-il, d’un ton flegmatique, expliquant son refus de donner le moindre nom par crainte de représailles.
Lors de son interpellation, il est trouvé en possession de boulettes de résine de cannabis et d’une arme factice, qu’il affirme avoir ramassée « au coin de la rue ». Les perquisitions conduisent les enquêteurs dans plusieurs appartements d’un immeuble appartenant à sa mère et à son grand-père. Le prévenu occupe l’un des logements. De la cocaïne, du matériel de conditionnement et 8 250 euros en liquide sont retrouvés dans différents appartements, dont le sien.
Interrogé par le président sur l’utilisation de son logement, le jeune homme évoque une montée progressive dans le trafic. « Au début, c’était en échange de ma consommation de stupéfiants. Puis petit à petit, je me suis retrouvé en première ligne. » Il affirme avoir été menacé : « Une fois, ils ont même dit qu’ils allaient brûler l’immeuble. Mon grand-père et ma mère ont mis toute leur vie dedans. »
Le contexte familial est également évoqué à l’audience. La mère du prévenu a été condamnée par le passé pour des faits liés aux stupéfiants. « Si j’ai commencé le shit, c’est parce que je la voyais en fumer », explique-t-il, indiquant avoir consommé ses premiers joints à l’âge de 11 ans.
Pour le parquet, le discours ne convainc qu’à moitié. « Soit il est très naïf, soit très manipulateur », tranche la substitut du procureur, qui penche pour la seconde hypothèse. « Il a grandi dans un contexte propice au trafic, certes, mais à la croisée des chemins, on a toujours le choix », ajoute-t-elle, estimant sa participation active.
Les enquêteurs ont également relevé des mouvements financiers suspects sur des comptes alimentés par le grand-père du prévenu. Ce dernier est entendu comme témoin sous serment. Il confirme verser de l’argent à son petit-fils « pour subvenir à ses besoins » ou réaliser des placements. « J’aime boursicoter », précise-t-il.
Déjà connu de la justice avec deux mentions à son casier, dont une pour stupéfiants, le prévenu a été reconnu coupable en état de récidive. Le tribunal l’a condamné à 18 mois de prison, dont six mois assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec obligations de soins pour son addiction et de travail. Les six mois ferme feront l’objet d’un aménagement. Il lui est également interdit de porter une arme, de séjourner dans le Lot pendant cinq ans et il devra effectuer un stage de sensibilisation aux stupéfiants.





