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Sibelle, les réfugiés et le geste démocratique du maire de Montredon 


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

On pourrait faire comme si. Préparer notre agenda du week-end par exemple. Hésiter entre une visite au Salon du bien-être à Cahors ou une expo à Figeac joliment titrée « Femmes je vous aime », ou encore envisager de chercher on ne sait quel trésor à la brocante de Mercuès voire de randonner, tout simplement, le long du Lot ou du Célé. On pourrait faire comme si, donc. Mais avouons que c’est difficile ! Depuis une dizaine de jours, à moins de vivre en ermite, nul n’ignore qu’une guerre a éclaté en Europe. On pourrait faire comme si en ne sélectionnant que les bonnes nouvelles.

Pour ce qui est du Lot, par exemple, contempler sans bouder notre plaisir les photos et les comptes-rendus élogieux qui détaillent le vif succès rencontré au Salon de l’Agriculteur par les exposants du département et leurs produits. On pense au foie gras, au fromage de Rocamadour et bien sûr à nos brebis et agneaux du Quercy, arborant fièrement leurs lunettes noires, et à ceux qui les produisent ou qui les élèvent. Ma chère Sibelle ne cache pas nourrir une certaine tendresse pour nos ovins. Mais la nature ne lui a pas offert de telles lunettes de soleil. C’est pourquoi il lui arrive de piquer les miennes. Moins pour se protéger que pour tenter de passer inaperçue dans les ruelles du vieux village. Ce qui est généralement peine perdue. On pourrait faire comme si mais c’est impossible.

D’ailleurs, même notre paysage lotois se fait le miroir du drame qui se noue en Ukraine. Voilà que le Pont Valentré arbore les couleurs du pays envahi par l’armée russe. Voilà que l’on organise des collectes de biens de première nécessité et que l’on prépare l’accueil de familles obligées de fuir. Sibelle qui partage avec son maître un certain goût pour l’histoire ressort ses livres et ses archives. « Tu te rends compte qu’en juin 1940, à la veille de l’Armistice, rien qu’à Cahors, où l’on recensait moins de 15 000 habitants en 1939, on dénombrait quelque 70 000 réfugiés ayant tout abandonné lors de l’invasion allemande dans le nord et l’est du pays, et venant même de région parisienne… Alors ouvrir nos cœurs et nos maisons à quelques dizaines ou centaines de familles, c’est faisable, non ? » Je ne peux qu’abonder dans son sens, ajoutant du reste qu’on pourrait faire de même avec tous les réfugiés de toutes les guerres.

Et par ailleurs, je me souviens des récits de mon propre papa. Juin 40. Il a sept ans. Il quitte Sedan calé sur la banquette arrière d’une petite Renault, prenant la route de la Vendée avec son oncle René et sa tante Alice. Avant même d’avoir atteint Châlons-sur-Marne (aujourd’hui rebaptisée Châlons-en-Champagne, c’est plus marketing), des Stuka survolent en rase-mottes le long convoi. Des rafales sont tirées. Un chêne s’écrase juste devant la Renault. Mon père s’en est souvenu toute sa vie. J’imagine son effroi. Et je devine qu’il avait le même regard effaré que ces gamins emmitouflés ayant quitté Kiev que l’on voit, à la télé, descendre du train ou d’une berline fatiguée une fois parvenus en Pologne… 

On pourrait faire comme si, donc. Mais c’est impossible. Pourtant, on annonce la fin de la plupart des contraintes liées à la pandémie pour la mi-mars (ce qui rend quelque peu perplexe alors que l’hôpital de Cahors, par exemple, compte encore plusieurs dizaines de malades du Covid selon les chiffres de l’ARS). Pourtant, dans un bon mois, nous serons appelés à voter pour le premier tour de la présidentielle. Sibelle remarque qu’elle n’a rien trouvé dans la boîte aux lettres : « Il se dit pourtant que le président sortant a rédigé un courrier aux Français pour annoncer _ à tout le moins confirmer _ qu’il se représente. » Je lui explique que c’est une formule, mais qu’en réalité, cette adresse fut publiée dans la presse. Ma protégée est déçue. Elle aurait conservé dans un classeur cette enveloppe peu banale… 

Puisqu’on évoque l’élection, un dernier mot sur les parrainages accordés par les élus lotois. In extremis, ce 3 mars, sur le site du conseil constitutionnel, on apprend que Michel Delbos, maire de Montredon, a accordé le sien à Marie Cau. Elle n’en totalise pourtant que 7 à l’échelle nationale. Mais qui est Marie Cau ? Sur Internet, on apprend qu’elle était devenue en 2020 la première maire transgenre de France, élue à Tilloy-lez-Marchiennes, dans le Nord. Elle avait annoncé sa candidature à la présidentielle en expliquant, sur BFM : « Si ça peut montrer la voie, aux jeunes, aux femmes, que tout est possible, il faut juste oser. C’est ça qui est important, et pas se complaire derrière son clavier, à se plaindre des politiques que l’on a. Il faut les changer ». En 2017, Michel Delbos avait parrainé Emmanuel Macron. Cette fois, jugeant vraisemblablement que les grands candidats avaient assez de signatures, il a sans doute souhaité jouer la carte de la démocratie. Tout simplement. Bravo à lui. 

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