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Sibelle, les pizzas froides d’un chaud dimanche, la tour de Luzech et les joies du camping


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

Lundi._ On se réveille un peu sonnés, avec ma protégée. Pourtant, nous avions pris nos précautions à la maison pour une soirée dominicale en forme de combo télévisé : résultats des élections européennes puis match de foot (France-Canada amical avant le début de l’Euro). Les pizzas étaient au chaud, les sodas au frigo, les coussins sur le canapé. Arrive le décompte : 10, 9, 8 secondes… 3, 2, 1. 20 heures : les chiffres des estimations apparaissent sur l’écran. Sans grande surprise au vu des ultimes sondages qui avaient circulé jusqu’au vendredi soir, arrive en tête qui vous savez, distançant (avec plus du double de voix) la liste de la majorité présidentielle, talonnée par celle du PS. Sibelle pousse le vice jusqu’à s’inquiéter du score du parti animaliste. Et l’on en est encore à papoter, à deviser gravement pour les uns, à plaisanter plus ou moins grassement ou hypocritement pour les autres quand un journaliste indique que du côté de l’Elysée, on annonce une prise de parole du chef de l’État. L’heure est grave. Et tandis que je n’ai pas encore eu le temps de goûter ma capricciosa ornée de quelques cœurs d’artichaut marinés, le Président annonce dissoudre l’Assemblée. Sibelle en recrache une gorgée de coca. Branle-bas de combat. Le match de foot attendra (TF1 le diffuse finalement en différé, et le spectacle n’est pas au rendez-vous de toute façon). Débute une séquence politique (encore en cours) qui restera dans les annales de l’histoire. La grande comme la petite. Où l’on verra un chef de parti s’enfermer dans son bureau devenu un bunker, des élus qui ne se parlaient plus se remettre autour d’une table et d’autres qui dansaient bras dessus bras dessous s’envoyer soudain des noms d’oiseaux, où dans les mairies de nos villages, les urnes ou isoloirs à peine rangés, les grands cahiers à peine refermés, on a réalisé qu’il faudrait remettre ça moins d’un mois après. On a fini par manger les pizzas un peu froides. On a compris que le pays était secoué. Que l’heure était grave, effectivement. Ma tigresse n’a même pas attendu la fin du match. Elle a préféré prendre l’air après 22 heures, sur le bolet. La nuit s’était invitée à l’orée de la vallée. On ne voyait plus guère que des masses sombres, au loin : les coteaux dominant les vignes et la rivière. Peu de voitures. Quelques aboiements. La France est en transe, mais notre pays en a vu d’autres. « Pour l’instant tout est calme » me glisse Sibelle en rentrant. Je lui dis que je vais me coucher. C’est une drôle de sensation que d’avoir la gueule de bois alors qu’on n’a pas bu une seule goutte d’alcool.

Mardi._ On apprend que l’ouverture de la piscine L’Archipel (en plein air) est reportée au 29 juin. Mais aucun lien de cause à effet avec la météo bien maussade. Soit. Cela étant, « ce n’est pas une raison pour qu’on ait trois semaines de plus dignes d’un mois de novembre » persifle Sibelle. Rien à ajouter.

Mercredi._ Une note de l’Agence Lot Tourisme indique que si « l’hôtellerie de plein air a plutôt le vent en poupe, il subsiste un point de difficulté : la France perd progressivement ses petits campings. » Un constat cependant à nuancer dans notre département où « les petits campings (capacité inférieure à 70 emplacements) sont ultra- majoritaires : 90 établissements d’hôtellerie de plein air (tous types confondus, campings, camping à la ferme, aires naturelles…) sur 130 établissements soit 70% du parc. » Je raconte à Sibelle qu’enfant, fils d’enseignant, j’ai passé de superbes vacances dans des campings labellisés GCU, c’est-à-dire réservés à des personnels de l’Education nationale. Un été, on installait la caravane familiale à côté d’un prof d’anglais qui se faisait un devoir de déplier sur une table un peu branlante je ne sais plus quel journal parvenu de Londres jusqu’à Bormes-les-Mimosas. Un autre été, feu mon cher papa devisait longuement, avant que nous allions en balade, avec un prof de philo fraîchement retraité. Et il revenait vers nous en soupirant : « Moi, j’ai encore X trimestres à faire… » Mais le camping, c’était aussi et surtout, pour moi, aux abords du 15 août et de ses cohortes d’orages, être réveillé en pleine nuit par les averses qui transformaient l’auvent en pataugeoire et le toit de la caravane en caisse de résonance inquiétante. Au petit matin, dans une atmosphère oscillant entre désolation et rigolade, on courait à la douche et maman faisait sécher les serviettes et les vêtements. Papa jurait qu’on ne l’y reprendrait plus. Il finissait par se verser un café dans une tasse Tupperware et sortait de sa sacoche une vieille carte Michelin. « Cet après-midi, pluie ou pas, on irait bien visiter l’arrière-pays… »

Jeudi._ Mon site d’info préféré relaie la mobilisation pour la Tour de Luzech, sélectionnée pour représenter l’Occitanie dans le cadre du Grand prix du patrimoine et du tourisme local organisé par la Fondation du Patrimoine. Actuellement fermée, cette tour de défense médiévale pourrait bénéficier d’un coup de pouce de 100 000 euros pour financer une partie des travaux nécessaires (sécurisation, accessibilité avec l’aménagement d’un escalier extérieur et de la terrasse, éclairages…). On peut voter sur Internet jusqu’au 30 juin ! « Sans passer par l’isoloir, j’irai cliquer » annonce Sibelle. Comme tous ses congénères, ma protégée adore prendre de la hauteur. Je lui explique comment le village est lié intimement au tracé du Lot : la place centrale est établie sur l’emplacement d’un ancien canal créé pour la navigation au XIXème, comblé dans les années 1940…. Ce raccourci permettait de gagner 5 km de trajet pour les bateaux qui partaient vers Bordeaux, ou qui en revenaient. Autre époque. De nos jours, aux beaux jours (admirez la rime), j’aime me balader certains dimanches et faire le tour de l’île, au sud du bourg, enserrée dans la boucle du Lot. Les vignes, la petite chapelle… Un concentré de sérénité. Qu’elle est belle et verte, ma vallée.

Vendredi._ Retour à l’actualité politique. Face aux sortants qui s’étaient déclarés dès le début de la semaine, Aurélien Pradié (LR) et Huguette Tiegna (Majorité), le « Nouveau Front Populaire » investit Elsa Bougeard (LFI) et Christophe Proença (PS) dans les 1ère et 2ème circonscriptions lotoises. A l’heure où j’écris ces lignes, on ignore les noms des candidats de la droite de la droite. Songeuse, Sibelle finit par s’interroger : « Et si aucune majorité ne sortait vraiment de ces législatives anticipées ? » Plus question de dissoudre avant un an. Bref. On n’est peut-être pas sorti des ronces.

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