Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ Après un week-end en mode farniente, il n’est jamais simple de reprendre le chemin du boulot. Alors quand l’actualité en rajoute plusieurs couches, cela devient vertigineux. En ce début de semaine, nous sommes servis. Il y a bien sûr les suites du drame horrible de Fleurance : la mort de la jeune Lyhanna a provoqué une vague de compassion et tout aussitôt de colère dans tout le pays. Parmi les réactions, celles des politiques sont souvent légitimes mais ajoutent au sentiment de chaos. Ainsi, on apprend que 70 000 plaintes doivent être repassées au crible en un peu plus d’un mois… Les autres informations sont tout aussi sombres, entre le placement de Patrick Bruel en garde à vue, un tremblement de terre aux Philippines, un regain de tension au Moyen Orient où le risque d’embrasement demeure… Et puis, au journal de 20 heures, comme si c’était le moment, mais nos confrères sont bien obligés d’en parler, est évoqué un rapport selon lequel il pourrait être nécessaire de repousser progressivement l’âge légal de départ à la retraite jusqu’à 67 ans d’ici… 2070. Sibelle sursaute : « J’ai comme l’impression que ce lundi, on nous a plongés dans un film où l’épouvante se mêle à la science fiction… » Il y a de ça.
Mardi._ Le déploiement a surpris plus d’un promeneur. En fin d’après-midi, un exercice s’est déroulé en plein centre-ville mobilisant un grand nombre de pompiers et de moyens techniques : la manœuvre, pour parler simple, consistait à intervenir sur un incendie déclaré au niveau de la toiture et du cloître de l’ensemble cathédral. Un des aspects et non des moindres de cette mobilisation grandeur nature : la sauvegarde des œuvres d’art (et il n’en manque pas) conservées dans ce qui est l’un des joyaux de la cité. Comment ne pas penser à lire ce scénario au terrible sinistre ayant affecté il y a quelques années déjà la cathédrale Notre-Dame de Paris ? Sibelle qui se souvient être restée des heures scotchée devant l’écran ne peut s’empêcher d’ajouter son grain de sel et cite ce formidable Cavanna : « Les maçons du Moyen-Age savaient parfaitement que Dieu n’existe pas, mais ils espéraient qu’à force de lui bâtir des cathédrales, il finirait par exister… » Je souris et présente mes excuses à ceux que le propos peut heurter. Cela étant, une autre chose m’a toujours fasciné : on ne compte pas les églises, cathédrales, temples ou autres édifices religieux où certains décors sculptés, certains détails de vitraux placés à plusieurs dizaines de mètres ne sont pas visibles par les humbles fidèles. On ne peut les observer que du ciel… « Ils constituent une belle définition de la foi » convient Sibelle.
Mercredi._ Une solution est trouvée pour sauver la clinique du Quercy. Le temps de trouver un équilibre à moyen ou long terme. « Là, il n’est pas question de foi, mais de pragmatisme » nuance ma tigresse domestique.
Jeudi._ Nous sommes prêts. Même Sibelle est là, quasiment au garde-à-vous sur le sofa qui fait face à la télé. Ce sont les trois coups du Mondial. La cérémonie d’ouverture n’est pas inoubliable, mais à 21 heures, enfin, le spectacle commence avec le match Mexique-Afrique du Sud. Lequel n’est pas non plus inoubliable. Mais l’important est ailleurs. Cette parenthèse nous fait du bien. Quand bien même on n’oublie pas les tristes agissements de l’administration américaine qui a refusé l’entrée sur son sol d’un arbitre somalien et qui multiplie les tracasseries douanières à l’égard de certaines délégations. Quand bien même on subit des pauses « fraîcheur » qui ne sont que prétextes à diffuser des publicités, quand bien même le prix des places est démentiel. Mais c’est la Coupe du Monde. Je redeviens un enfant. « Et moi aussi », soupire ma protégée féline. « Pourvu que ça dure », aurait conclu Madame Bonaparte.
Vendredi._ Fête patronale ? Concert ? Exposition ? Match de foot ou de rugby ? Le vendredi, c’est aussi le jour où l’on commence sérieusement à préparer les sorties du week-end. Sibelle consulte les rubriques et les sites spécialisés. Je la vois hésiter, peser le pour et le contre, calculer des distances… Et puis soudain, elle semble renoncer. Elle m’explique simplement : « Parce que jongler avec les horaires est une chose, mais il ne faut pas oublier la grasse matinée et la sieste… »
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