Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ Ouf. Une solution a été trouvée à Albas qui va être privée d’un service régulier de transport par autocar pendant les deux années que doivent durer les travaux de reconstruction du pont de Castelfranc. Dans la journée, le village sera desservi au lieu-dit du Quai à vendanges, situé à la Rivière Haute. Et une navette sera mise en place à partir de la cité scolaire de Luzech afin de desservir en fin de journée Rivière Haute, le Bourg, Rivière Basse et le Mayne (commune d’Anglars-Juillac). La commune chère à Jean-Pierre Alaux, qui s’est auto-renommée « Albas la Jolie » (ce qui n’est pas faux, convenons-en), ne sera pas coupée du monde. Ma protégée féline avait déjà imaginé pour ne pas dire suggéré au journaliste et romancier qui officie comme premier magistrat de traduire son courroux, le cas échéant, sous la forme d’un ouvrage dont le titre aurait été emprunté à un écrivain ardennais de nos jours un peu oublié (le fameux purgatoire des artistes…), André Dhôtel (qui obtint en son temps le Femina et le Grand Prix de l’Académie française) : « Albas, le pays où l’on n’arrive jamais… ou presque ». L’affaire réglée, ma chère Sibelle conseille donc que le prochain livre de Monsieur Alaux soit de nouveau calqué sur l’oeuvre de Dhôtel : « Les Chemins du long voyage ». Lesquels mènent à Rome ou à Albas, c’est selon.
Mardi._ C’est une forme de malédiction. A Cahors, quand les trains s’arrêtent en gare (si, ça arrive!), c’est désormais au niveau du parking relais que l’on risque ou l’accident (comme cet usager qui était tombé dans un trou…) ou de trouver porte close (précisément pour cause de travaux et de recherche des causes de ces anomalies inquiétantes). Ajoutons à cela la confirmation cette semaine que la SNCF va relancer une liaison Lyon-Bordeaux via Paris qui oubliera donc le Massif central et les départements qui auraient pu, même accessoirement, bénéficier de cette ligne transversale et on finit par penser que l’histoire ferroviaire de la capitale du Lot ne s’écrit plus qu’en pointillé. Voire plus du tout. Comme sur cette carte diffusée en début de semaine par le très sérieux IGN (Institut national de l’information géographique et forestière) : elle présente les liaisons (et donc les gares) avec plus de 20 000 trains ayant circulé depuis 2015. Eh bien voilà : entre Brive et Toulouse, il n’y a rien. Zéro. Nada. Un trou noir au pays des ciels étoilés.
Mercredi._ On annonce une nouvelle manif ce 1er décembre à Tour-de-Faure contre le projet d’usine photovoltaïque sur le causse, ce qui entraînerait l’abattage de 7000 arbres. L’affaire est en suspens : on attend en effet une décision de la cour de cassation. On sait par ailleurs que des collectifs se mobilisent dans le pays de Montcuq où des promoteurs d’une vaste ferme solaire reviennent à la charge. Sibelle, qui a un avis sur tout et surtout des avis est assez séduite par le slogan de l’Association Environnementale Lot-Célé : le solaire « sur les toits, pas dans les bois ». Là-dessus, je déniche cette citation de la poétesse et essayiste américaine Natalie Clifford Barney : « Le soleil, l’or des pauvres ». Ma protégée préfère néanmoins adapter ce classique signé Maurice Faure : « Nous sommes pauvres, mais nous sommes beaux. Il n’y a donc aucune raison de venir nous soudoyer pour vandaliser nos paysages. »
Jeudi._ L’heure est grave. Le président Macron, également chef des armées, annonce le retour du service militaire sous la forme d’un volontariat de 10 mois. Le chiffre des jeunes concernés ira crescendo, 3000 recrues en 2026, puis 10 000 en 2030 et 50 000 en 2035. Quid de l’avis du Parlement ? Quid du coût budgétaire ? Quid enfin du changement radical qu’implique nécessairement cette mesure en terme de doctrine (on pense notamment à la dissuasion nucléaire) ? Sibelle qui n’a pas connu les joies de la conscription (alors que moi, oui, j’ai servi durant un an, c’est vous dire que j’ai déjà des cheveux blancs) se demande si certains animaux domestiques pourraient être concernés. « Je ne suis pas certain que ce soit la préoccupation première de nos chefs militaires et de nos concitoyens » suis-je obligé de lui répondre. On verra enfin plus tard ce qu’il en est de la promesse du chef de l’État quant au fait que ces jeunes ne seront pas engagés hors du sol français. Puisque le genre humain n’apprend décidément jamais rien (ou trop peu) du passé, force est de constater qu’en Ukraine, sur le front, il y a certes des modernités technologiques d’ampleur (drones, observations via satellites et on en passe). Mais il y a aussi encore des tranchées comme en 14-18. Le monde est ce qu’il est. Violent, angoissant. Des dangers nouveaux, patents, nous menacent. Reste donc pour nous consoler l’humour noir. Celui de Pierre Desproges, par exemple : « L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui ! »
Vendredi._ Une actualité moins anxiogène quand même pour aborder ce week-end : le retour du marché aux truffes de Lalbenque est programmé ce mardi 2 décembre à midi. Même à dose homéopathique, un peu de notre or noir nous aidera toujours à mieux avaler les pilules que l’époque nous réserve. Non ?





