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Sibelle, le dernier tournage de BB au château de Fénelon et les ex-ministres au régime sec

Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats. 

Lundi._ La mort de Brigitte Bardot. Une des rares stars françaises à mériter pleinement ce qualificatif, une icône, un phénomène. Une vie tellement exceptionnelle, une femme si libre. Ceux qui ne retiennent qu’une partie de cette personnalité oublient forcément d’autres facettes. Oui, elle a tenu ou écrit des ignominies et fut du reste condamnée pour cela. Mais tout le paradoxe est là : en dehors de l’incroyable tremblement de terre que constitua son irruption dans le monde du cinéma, BB a contribué pleinement (peut-être inconsciemment) à faire progresser les droits des femmes, comme le reconnut par exemple Simone de Beauvoir, avant cette transgression singulière… Elle décida de tout abandonner pour défendre une autre cause, celle des animaux. Ma chère Sibelle retient ainsi que c’est sur le tournage de son dernier film, en 1973, «  L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise », que le déclic eut lieu. Cela se déroula dans le Périgord, entre Sarlat et le château de Fénelon. Tout près du Lot, donc. Elle sauva une chèvre promise à être tuée pour un méchoui. Le soir même, elle jeta l’éponge. Elle en fit part aux artistes et techniciens lors d’un dîner auquel assistaient aussi des journalistes. « Le cinéma me gonflait depuis longtemps déjà et en une seconde, j’ai décidé d’arrêter… » expliquera-telle plus tard. Brigitte Bardot n’a alors que 38 ans. On connaît la suite… « Merci et adieu, on ne vous oubliera pas Madame » susurre ma protégée féline, évidemment bouleversée. Je lui promets que d’ici quelque temps, nous irons nous recueillir sur sa tombe, à Saint-Tropez. Et qui sait boire un soda à la terrasse de Sénéquier. 

Mardi._ On lit dans Médialot que les salariés du privé sont, dans le Lot, en moyenne, moins bien payés que dans le reste du pays. En tout cas, moins bien que dans 71 autres départements. Des chiffres de l’INSEE qui sont certes à relativiser : se loger est ainsi moins onéreux par chez nous que dans bien des métropoles. 200 000 euros, ce n’est pas rien. Mais à ce tarif, par exemple, on peut viser l’achat d’une maison avec jardin dans nos campagnes. Il faut en revanche se contenter d’un F2 à Toulouse. Et à Paris ? Un studio ? Une chambre de bonne ? Et il y a bien sûr le cadre de vie… Pour la première fois de l’année 2026, Sibelle se sent ainsi légitime à répéter cette formule de Maurice Faure : « Nous sommes pauvres mais nous sommes beaux… » Soit. Je lui rétorque quand même, à la manière de Jules Renard : « Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! »

Mercredi._ A peine remis des émotions de Noël, y compris en terme… digestif, voici que le réveillon de la Saint-Sylvestre nous questionne. Le menu, d’abord. Couleur locale (avec foie gras, truffes et autres trésors d’ici) ou fruits de mer ? Et pour l’ambiance, cotillons, danse ou soirée téloche avec, à l’heure dite, un feu d’artifice (à suivre sur le petit écran mais aussi, d’une fenêtre à l’autre, depuis notre repaire sur les hauteurs du vieux village, aux alentours) ? Finalement, ce fut un peu un mixte. Sibelle n’était pas au rendez-vous, toutefois, quand à minuit et une seconde, on bascula dans l’année nouvelle. Elle n’aime pas les effusions plus ou moins forcées, elle n’aime pas les détonations des mortiers, elle n’aime pas les formules obligées. Le seul rituel qui lui convienne, c’est de rester aux aguets, sur le muret du bolet, quand bien même la météo est frisquette. Je me souviens de ces mots d’un vétérinaire cadurcien : « J’ai renoncé depuis longtemps à tenter de comprendre la psychologie des chats… » 

Jeudi._ On apprend en ce premier matin de 2026 qu’un drame affreux s’est produit précisément lors d’un réveillon, dans un établissement de la station de Crans Montana, en Suisse. A l’heure où ces lignes sont écrites, le bilan provisoire fait état de 40 morts et d’environ 115 blessés. Alors que nous répétions inlassablement à nos proches « Bonne année, bonne santé ! », c’était l’horreur dans ce bar des Alpes suisses. Sans même évoquer les guerres qui se poursuivent dans le monde, ou les drames de la précarité parfois si près de notre propre home, le millésime débute de manière bien sombre. Les années passent, la violence de l’actualité demeure. On pense aux familles dans l’angoisse, dans le deuil. Et à ces mots du « Chat » de Philippe Geluck : « Le 1er janvier 1945 à Hiroshima, les gens s’étaient souhaité une bonne et heureuse année. »

Vendredi._ Le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de retirer à la plupart des anciens locataires de Matignon et de la place Beauvau (dont anciens Premiers ministres et ministres de l’Intérieur) leurs avantages (voiture avec chauffeur, protection rapprochée). Sauf à ceux qui demeurent directement menacés, comme Manuel Valls. Alors, la déclaration sur RTL de Daniel Vaillant (PS), qui fut en poste à l’Intérieur de 2002 à 2002, laisse pantois : « Comment je fais alors ? ». Sauf que, comme souvent, reprise par nombre de médias et devenue virale sur les réseaux sociaux, cette citation est un peu tronquée. Avant de prononcer ces mots, l’ex-ministre avait expliqué ne pas avoir conduit depuis 25 ans et ajouté ne plus être en très bonne santé, ce qui a amené ses proches à lui conseiller de ne pas reprendre le volant. Cela n’enlève rien au caractère inapproprié de la réflexion, mais la contextualise quelque peu. « Il a néanmoins les moyens de prendre un taxi… » glisse Sibelle. Pas faux.

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