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Sibelle, le covoiturage citoyen, le premier bilan du maire de Cahors et la bière qui fait la fière 

Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

Lundi._ A Floressas (où il m’arrive d’aller quérir quelque bonne bouteille), Lacapelle-Cabanac, Mauroux et Sérignac, des habitants ont décidé de rompre l’isolement en terme de transports publics dont est victime ce Plateau qui assure la liaison entre Vallée du Lot et Quercy Blanc. Ils ont mis en place des lignes de covoiturage pour que leurs voisins et concitoyens dépourvus de voitures ou qui ne conduisent plus puissent continuer à fréquenter le marché de Prayssac, la zone commerciale de Montayral ou encore pour les déposer aux arrêts les plus proches des bus liO qui vont jusqu’à Cahors. Sibelle est comme moi : elle juge l’idée très pertinente et elle salue l’esprit solidaire qui s’est ainsi concrétisé. La citoyenneté n’est pas un concept abstrait : c’est un état d’esprit, c’est un ensemble de valeurs. Et en l’occurrence, c’est une énergie qui se substitue à la défaillance des institutions… Reste une question qui taraude ma protégée féline : « Qu’en est-il des passagers qui souhaiteraient voyager avec leur animal domestique ? » Je ne sais quoi lui répondre, mais j’imagine que les conducteurs bénévoles jugeront au cas par cas. Et que surtout, ils éviteront d’embarquer un chat ou un chien à la langue trop bien pendue. Le covoiturage oui, les commérages non merci !

Mardi._ La croisière s’est terminée en film catastrophe. Et nous voilà spectateurs bien involontaires d’une alerte sanitaire qui nous replonge six ans en arrière… Le nom de l’indésirable « agent infectieux » : hantavirus. Sur les images que diffusent les journaux télévisés, les scènes sont glaçantes, où l’on voit des soignants en combinaison, des patients hospitalisés dans des chambres spéciales, ou des cas contacts traqués que l’on finit par localiser et diriger vers des unités spéciales pour y suivre une nécessaire quarantaine. Sans attendre, à Paris, des usagers ressortent les masques pour prendre le métro, et les fabricants des dits masques voient soudain leurs carnets de commandes bondir comme jamais depuis plusieurs années. Bien évidemment, il n’y a plus un seul flash sans que des professeurs, des biologistes, des experts ne soient interrogés. Avec Sibelle, nous apprécions l’intervention de la directrice de l’Institut Pasteur, Yasmine Belkaid, interrogée par Léa Salamé : « Nous ne sommes pas inquiets mais nous sommes vigilants ». Sur ce, ma tigresse trouve malin d’adresser un communiqué par mail à la très sérieuse Agence France Presse : « Je reporte sine die mon projet de voyage en Amérique du Sud. » Puis elle me précise, comme si j’avais un doute : « Je n’ai jamais eu l’intention d’aller cette année visiter l’Argentine, le Brésil ou le Chili mais il faut savoir montrer l’exemple… » Ainsi que ma l’avait conseillé il y avait quelques années un vétérinaire expérimenté de Cahors, il convient de renoncer définitivement à comprendre quoi que ce soit à la psychologie des chats…

Mercredi._ Medialot questionne le maire de Cahors qui accepte de dresser un bilan d’étape deux mois après son élection. D’entrée de jeu, Vivien Coste annonce la couleur : « Je veille à ne pas décevoir. » Puis il revient sur quelques points : le report à une heure du matin de l’extinction de l’éclairage public, l’instauration à venir d’une heure de stationnement gratuit, les travaux prévus place Chapou, le recrutement de policiers municipaux… Il évoque aussi l’été qui arrive avec plusieurs grands rendez-vous d’ordre culturel, comme l’expo Nino Ferrer (côté peinture) au musée Henri-Martin, les œuvres du sculpteur Marc Petit installées en différents points de la ville ou encore l’inauguration du Musée mémoriel du Lot « Résistance, Déportation, Libération ». Le maire glisse au passage ces mots qui pourraient figurer dans un sujet de l’épreuve de philo du bac : « Misons sur (la culture), sur ses vertus émancipatrices, sur sa capacité à nous ouvrir au monde, à l’autre, au dialogue, à la confrontation. Laissons place aux émotions, à la découverte… » Du coup, puisqu’il s’agit d’émancipation et de découverte, ajoutons à la liste la formidable expo dédiée au Mexique surréaliste, à voir à Saint-Cirq…

Jeudi._ Jour J à Espédaillac pour la fête de la brebis. En dépit d’une météo erratique, le riche programme comprend des balades commentées, une restauration aux couleurs et saveurs du terroir, des démonstrations de chiens de troupeaux ou de tonte, ou encore une table ronde sur la thématique de la transhumance. Dans ce cas précis, en ce jour de l’Ascension, c’est la culture du pastoralisme qui est à l’honneur. On comprend que Sibelle fasse le lien avec les propos du maire de Cahors et se plaise à citer André Malraux, qui connaissait bien le Lot, soit dit en passant : « La culture : ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de la nature. »

Vendredi._ Encore une autre déclinaison du concept de culture. RTL nous apprend que « pour la toute première fois en France, les Français ont consommé davantage de bière que de vin, avec 10 millions de litres de plus, en 2025. » Et nos confrères précisent : « En réalité, c’est surtout la consommation de vin qui recule. Elle a baissé de 3% en 2025, selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale de la vigne et du vin. Avec 22 millions d’hectolitres consommés sur l’année, elle atteint son plus bas niveau depuis 70 ans. » On sait les conséquences que cela induit sur nos vignes et ceux qui en tirent le meilleur. Alors je fais de la résistance. Avec modération, évidemment. Et je pose cette question à l’orée du week-end : que boire avec un Parmentier de canard ? « Un bon Cahors, évidemment » me répond Sibelle. Ainsi participe-t-on, modestement, à lutter contre les vents contraires…

Visuel DR

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