Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ Elle semble déjà loin la Coupe du monde. Et voilà que le Tour de France s’est achevé hier soir à Paris. D’où cette question au cœur de l’été… Comment réorganiser nos emplois du temps, nous autres, humbles amateurs de sport en salon devant la télé ? Puisque la météo caniculaire restreint les activités en plein air, avec Sibelle, nous optons donc _ hors les plages horaires consacrées au travail, bien sûr _ pour la lecture, les mots croisés et, quand tout va bien, une simple promenade en début de soirée, dans les ruelles du village, quand le soleil se retire derrière la colline. Il y a pire, je vous l’accorde. Ma tigresse domestique veut toutefois, fort opportunément, profiter de l’occasion pour saluer les excellentes prestations de notre cher Lotois Clément Braz Afonso qui a signé une très méritoire 40e place au général pour sa première Grande Boucle. On a vibré avec lui entre Dole et Belfort où il a fini 8e de l’étape et plus encore lors de l’avant-dernière étape, où le grimpeur de l’équipe Groupama-FDJ longtemps aux avant-postes s’est classé 15e au terme des affolants lacets de la mythique ascension de l’Alpe d’Huez. En marge de ces trois semaines de course, le Quercynois s’est également fait remarquer par son tempérament convivial, n’hésitant pas à glisser lors d’une interview qu’il savait aussi se tenir à table et en cuisine, et qu’il adorait préparer des plats de sa région natale. A propos : dommage que certains confrères aient parfois évoqué « le coureur corrézien ». Ce n’est pas parce qu’il est né à Brive _ comme beaucoup de nos compatriotes du nord du département _ que Clément n’a pas grandi dans le Lot où il a d’ailleurs découvert les joies du cyclisme à l’Entente Vélo Bretenoux-Biars. Sibelle, qui a des lettres, glisse à propos ces vers d’un poète chinois : « Je lève la tête et contemple la lune / Puis je la baisse et songe à mon pays natal. »
Mardi._ Les incendies dantesques et dramatiques de Gironde sont d’ores et déjà historiques. A tous points de vue. Passons sur les polémiques les plus viles et surtout inutiles : « C’est de la faute à Untel ! », « Ah si on avait écouté Machin ! »… Essayons de manifester notre solidarité, essayons de commencer à réfléchir à la suite. A ce que nous allons laisser à nos enfants, petits-enfants. « Les humains commenceraient-ils à être enfin raisonnables ? » glousse ma protégée féline. Il n’est jamais trop tard. Nous devons vivre différemment dans un monde différent. Pardon, mais pour l’heure, je n’ai pas de mode d’emploi. Personne n’en a vraiment je crois. Il faut improviser. Hardiment mais résolument. Comme des funambules.
Mercredi._ La nouvelle provoque la stupéfaction mais semble relever, quelque part, d’une forme de logique implacable, l’actualité étant ce qu’elle est, où canicule et risques d’incendie se conjuguent jour après jour : la 24e édition du festival Ecaussystème est annulée. On partage la déception des organisateurs, des bénévoles, des spectateurs… Pourtant, là encore, se pose déjà la question de l’après. De la pérennité d’un évènement de cette ampleur en milieu rural. Puisqu’on vous dit que rien n’est simple… et que tout sera plus compliqué encore demain et après-demain… Sibelle est perplexe. Et elle chantonne ces paroles extraites du tube « Paris-Seychelles » de Julien Doré qui devait se produire justement à Gignac ce week-end : « On s’était dit des choses / Que l’on ne tiendra pas / Le temps que l’eau se pose / Sur nos ronces lilas… »
Jeudi._ Une grève au sein des facteurs de La Poste affecte la distribution du courrier à Souillac. Les revendications ne sont pas nouvelles, dénonçant une dégradation des conditions de travail suite à des réorganisations… Il y a moins de courrier mais plus de colis et toujours autant de boîtes aux lettres, remarque en substance un gréviste. Et l’on apprend en parallèle que le prix des timbres va encore augmenter. Pourtant, je pense encore et toujours à mon grand-père ardennais qui, dans les années 80, passait une partie de sa matinée à attendre le passage du facteur. Et vers 10 heures, il fonçait (façon de parler) chercher son journal et éventuellement, une facture, un courrier administratif et en été, une carte postale. Suivait la lecture du journal, dont les pages grand format couvraient bientôt plus de la moitié de la table de la cuisine. Précision : il vivait à la campagne. Les courriels, c’est bien. Mais une lettre dématérialisée c’est aussi un sourire en moins. Un « bonjour » qui se perd. Un monde qui s’efface…
Vendredi._ Désolés, avec Sibelle, nous avons zappé une info essentielle. C’était jeudi 30 juillet la « Journée internationale de l’amitié ». J’avoue ne pas savoir comment vraiment aborder le sujet. L’amitié, ça ne s’explique pas vraiment. C’et une affaire de longueur d’onde. On est ou pas sur la même longueur d’onde. « Un ami est celui qui vous laisse l’entière liberté d’être vous-même », a écrit joliment Jim Morrison. « Alors nous sommes amis ? » me lance Sibelle… « Ai-je le choix? » lui réponds-je dans un large sourire !
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