Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.
Lundi._ La mort de Philippe Bouvard dans sa 97e année. Quelle vie ! Hors peut-être les moins de 20 ans, et encore, qui ne l’a jamais vu à la télé, lu ou entendu (à la radio, sur RTL, bien sûr) ? Collégien, j’étais devenu fan des Grosses Têtes, des improvisations délirantes et si drôles de Jacques Martin, Jean Yanne et consorts, et si j’ai beaucoup ri alors, j’ai aussi beaucoup appris. En faisant mes devoirs, je devenais familier d’Anatole France, de Jules Renard voire d’Aurélien Scholl ou de Pic de la Mirandole, j’appréciais Jean Dutourd sans l’avoir lu, et cela me ravissait. Plus tard, comme d’autres, j’ai moins goûté un humour devenu plus proche des derniers chansonniers à l’ancienne. Mais quelle carrière ! Un cursus débuté comme coursier, et achevé sous le soleil cannois, jamais avare de petites vacheries, de confidences, et toujours l’œil pétillant. Je n’oublie pas non plus ses émissions télé où il fut un pionnier (Ardisson, Fogiel et bien sûr Ruquier lui doivent tant), et le remarquable Petit Théâtre, avant la grand-messe du 20 heures, où il lança tant de futures vedettes. Marqué à jamais par les privations de la guerre et les persécutions, Philippe Bouvard a pris sa revanche. Longuement. Brillamment. Pour notre plaisir à tous. Sibelle retient notamment cette citation du défunt, fort à propos : « Et si le bien qu’on dit toujours des disparus s’expliquait par la certitude qu’ils ne feront plus aucun mal ? »
Mardi._ Les images de la tornade qui ont ravagé la commune de Paumas, dans l’Aude, sont tout simplement terrifiantes. Cet été, décidément, est une forme d’avant-goût de la météo apocalyptique qui sera désormais récurrente alors que le réchauffement climatique ne fait plus aucun doute (sauf quelques zozos, évidemment, tout le monde a compris qu’une ère était finie, et que la nouvelle serait redoutable). On en aura encore la preuve deux jours plus tard, au Népal, cette fois, avec une coulée de boue meurtrière consécutive à un mini-séisme dû à la fonte d’un glacier. A Paumas, les habitants qui ont pu filmer quelques secondes la tornade avant qu’elle ne détruise pour tout ou partie pas moins de 300 maisons nous a transportés un instant aux Etats-Unis, où le phénomène est plus fréquent. Ce qui n’est pas une consolation. Et il y a encore des incendies ici ou là, et les effets de la sécheresse… Bref. On n’est pas sorti de l’auberge ma chère Sibelle ! Laquelle se réfugie volontiers sous la terrasse en bois, soit pour sa relative fraîcheur, soit pour se protéger en cas d’orages. Les chats ont compris avant nous que ce monde était devenu dangereux.
Mercredi._ Le lifting de la place Chapou va bientôt commencer. La mairie de Cahors le confirme : « La place sera fermée, à l’issue du marché du mercredi 2 septembre, afin que le chantier puisse s’installer. Les travaux effectifs débuteront le lundi 7 septembre. Le chantier, sauf aléas climatiques, techniques ou archéologiques est organisé pour être livré courant juillet 2027, au terme de 10 mois de travaux… » Ma protégée féline qui est la première à admettre qu’une rénovation s’imposait, y compris pour la sécurité des piétons, ne peut s’empêcher néanmoins de grimacer : il est toujours hardi d’annoncer une fin de chantier à Cahors, même en usant d’un vocabulaire choisi en évoquant d’éventuels aléas. On pense ainsi à la formule de Julien Gracq à propos de Rome et de ses riches vestiges archéologiques : « la seule ville au monde qui ressemble à une autopsie ». La seule ? Et Cahors alors ?
Jeudi._ « L’Inspectrice d’académie, pardon, la Directrice des services de l’Education nationale dans le Lot (DASEN), Sophie Sarraute, est-elle adepte de la méthode Coué ? » me demande Sibelle. Qui a appris que l’académie de Toulouse était la plus affectée de France par les attaques des hackers et autres pannes informatiques. Mais donc, pour la DASEN, « il n’y aura aucun impact sur la rentrée et évidemment il y a une continuité de service public. On peut nous joindre par téléphone, un accueil physique a été mis en place à la DSDEN du Lot… On essaie de se rendre disponible pour les imprévus et les situations particulières. Je remercie les personnels pour leur mobilisation. » Comme nous sommes bien élevés, on veut bien la croire. On le souhaite pour les élèves, leurs parents et bien sûr les enseignants. Sachant que ceux-ci devront relever un autre défi dans les lycées : priver leurs élèves, le temps des cours, de leur portable. Quand on sait à quel point nombre d’entre-eux sont accros, ça va être sportif.
Vendredi._ Cahors accueille ce week-end le Grand Prix de France Trial, qui n’est pas moins que l’avant-dernière manche du championnat du monde de la discipline. Bref, un événement qui devrait réunir des milliers de spectateurs, et sans doute aussi surprendre promeneurs ou touristes qui n’auront pas été informés (toutes les épreuves ont lieu dans la ville même). Ma protégée toujours en quête d’une idée de sortie propose d’aller observer tout cela depuis la loge VIP que constitue naturellement le Mont Saint-Cyr. Pourquoi pas. Et on irait ensuite marcher sur le petit plateau, véritable vitrine du paysage lotois avec ses espaces dédiés au pastoralisme, ses murets en pierre sèche et ses petits arbres et bosquets qui ont résisté à la sécheresse. Un petit paradis en tant que tel.
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