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Sibelle et son spot du Lot préféré


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

Je le confesse bien volontiers : j’étais dubitatif. Quand ont été publiés et diffusés les premiers visuels et messages de la campagne « Les Spots du Lot », il m’a semblé que si le slogan et ses consonances paraissaient séduisants, le terme « spot », au singulier ou au pluriel, risquait de ne pas « parler » à tout le monde. Sibelle partageait mon avis. Elle savait certes que ce mot venu de l’anglais désignait en français plusieurs choses ou concepts : le spot de lumière (projecteur), le spot publicitaire, mais aussi, notamment chez les surfeurs, un site propice à leur activité sportive spécifique. Comme moi, elle ignorait en revanche que ce même terme avait aussi des significations plus spécialisées encore dans le domaine technologique ou économique. Mais de là imaginer que le grand public, a fortiori chez les générations des plus de 40 ans (je ne stigmatise pas, j’en ai moi-même plus de 50…) adhérerait tout de suite à la formulation, y serait sensible, comprendrait donc le message, il y avait un pas que je n’aurais pas franchi.

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Les premiers retours et les premiers chiffres révélés cette semaine au bout d’un mois de campagne et de diffusion auprès de publics divers prouvent le contraire. Medialot s’en est fait l’écho. Le Département et le Comité du tourisme ont frappé juste. Et l’agence qui a imaginé le concept aussi. Tant mieux. Mais avec ma protégée féline, un constat ne suffit pas. Un mea culpa non plus. « Et toi alors, quels sont tes spots du Lot favoris ? » m’a-t-elle questionné.

Je ne me suis pas dérobé. J’ai donc cité pêle-mêle la petite mais jolie plage sur le Célé d’Espagnac-Sainte-Eulalie, le village de Bélaye et sa terrasse panoramique naturelle sur les boucles du Lot, le mont Saint-Cyr (surtout quand en montant, on aperçoit depuis la route quelque troupeau redonnant tout son sens au mot « pastoralisme »). Liste non exhaustive, évidemment. Sans compter la fenêtre de mon bureau depuis laquelle, du 1er janvier au 31 décembre, je peux distinguer des châteaux, des vignes et même, spectacle féerique, de temps à autre, des nuages ou de la brume comme flottant sur la rivière…

Mais il est des spots plus modestes en apparence, pas même localisables car il y en a beaucoup du même genre, qui me semblent définir, aussi, ce qu’est le Lot. Exemple : quand je me promène un peu au hasard, et que je fais une pause, m’asseyant quelques instants sur un muret de pierre sèche bordant un chemin traversant le causse qui domine le village, le soleil peinant à transpercer les feuillages des arbustes composant désormais le maquis qui s’est substitué aux vignes de jadis. Quand, depuis ce même muret ou ce même chemin, j’aperçois une orchidée sauvage, ou une parcelle de terre plus rougeâtre, en raison de quelque phénomène géologique qui me dépasse mais compose alors comme un tableau sauvage non figuratif mais ô combien saisissant.

Sibelle de son côté n’a pas eu besoin de passer à confesse. Son spot favori, je le connais. C’est le sentier qui s’enfonce dans le sous-bois, à une cinquantaine de mètres de la maison, et qui mène au château d’eau. C’est plus qu’un spot : disons un territoire, « son » territoire. Elle est alors la maîtresse des lieux, connaît chaque parfum, chaque centimètre carré, elle y chasse, elle s’y promène, il arrive même qu’elle y dorme : elle en est la gardienne souveraine. Il y a quelques mois, arpentant son spot, elle est tombée nez à nez avec un jeune chevreuil. Sibelle s’est figée. A fixé l’animal les yeux dans les yeux. Il faut croire que ce jour-là, ma tigresse domestique n’était pas désireuse de partager son spot. Au bout de 20 ou 30 longues secondes, le chevreuil a fait volte-face et a déguerpi.

Tout en vous souhaitant de bonnes vacances, et du courage pour celles et ceux qui sont sur le pont ou sont encore dans l’angoisse quant à la crise sanitaire et économique, je vous conseille ce dernier spot. C’était celui du poète André Breton quand il passait ses vacances à Saint-Cirq-Lapopie. Son bonheur consistait à descendre vers la rivière, à se promener pieds nus sur les rives voire dans le lit même du cours d’eau, au niveau assez bas en été, et de ramasser des pierres. Il disait des « agates », même quand ce n’était que de simples pierres ou galets. Un chapeau de paille sur la tête, loin des bavardages et futilités du microcosme germanopratin, il était alors le plus heureux des hommes. Au fond, les spots du Lot, il y en a toute une hotte. Des soft ou des hot. Oh my Lot ! Par temps de canicule, écrire n’est pas le spo(r)t le plus aisé. J’arrête ici. Un verre d’eau fraîche. Voilà, pour l’heure, qui fera mon bonheur.

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