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Sibelle et le « bon voisinage » dans nos campagnes


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

Le document a été paraphé en début de semaine. Ont notamment apposé leur signature Alain Lafragette, président du Conseil de l’Agriculture Lotoise, Christophe Canal, président de la Chambre d’agriculture du Lot, et Jean-Marc Vayssouze, président de l’Association des Maires et élus du Lot (AMF 46). Il s’agit d’un « Pacte de bon voisinage ».

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Explication de texte : cette charte se veut en quelque sorte un vade-mecum, un manuel de savoir-vivre à destination de tous les acteurs de la ruralité qui occupent le territoire lotois. « Il fait partie intégrante du projet agricole lotois où figure un volet sur le bien vivre ensemble. Il permet de faciliter le dialogue entre agriculteurs et non agriculteurs. L’objectif est que cette charte vive et que l’on apprenne à mieux se connaître » a indiqué Alain Lafragette. « On doit trouver un équilibre. Il faut être réactif pour que les conflits ne prennent pas d’ampleur » a ajouté Christophe Canal.

« Nous sommes conscients de l’importance de l’agriculture, économiquement bien sûr mais aussi au niveau des paysages, et du maintien de l’environnement. Nous avons encore cette capacité à maintenir le vivre ensemble et nous devons l’entretenir » a conclu Jean-Marc Vayssouze.

On pense à ces conflits qui ont fait la « une » quand, dans certains villages, des néo-ruraux saisirent la justice, agacés par le chant d’un coq aux habitudes très matinales. Mais il y a d’autres conflits récurrents, d’autres querelles : quand sont utilisés des pesticides (qu’ils soient ou non potentiellement toxiques pour l’homme), quand des bêtes divaguent, quand des exploitations semblent trop puiser d’eau ou au contraire rejettent des eaux polluantes, quand des tracteurs ou engins laissent derrière leur passage des traces de boue sur le bitume déjà fatigué d’une petite route départementale. Liste non-exhaustive.

Au fond, des incompréhensions qui finissent parfois en conflits car désormais, sans même parler des vacanciers, il y a plus de non-agriculteurs que d’agriculteurs dans nos campagnes. N’importe quel stagiaire de l’Insee peut vous le démontrer en quelques secondes. Or, il faut pourtant savoir vivre ensemble. C’est vrai en ville, c’est vrai aussi à la campagne. Cela étant, il y a désormais deux types de « non-agriculteurs » dans les territoires ruraux : des villageois dont les aînés étaient paysans et qui ont choisi (ou ont été contraints) d’aller travailler en ville tout en restant dans leur commune d’origine. Et à l’inverse, des citadins qui, pour mille raisons, ont préféré s’établir dans un village pour parfaire leur qualité de vie. Or, sur un point au moins, il y a d’entrée un malentendu. Le paysage, certes, il ne trompe pas. Mais ceux qui pensent qu’habiter à la campagne est synonyme de silence se trompent lourdement.

Sibelle se souvient d’une interview du romancier d’origine britannique Peter May qui s’est fixé dans un village lotois depuis de longues années déjà : « En campagne, il y a toujours quelque bruit : un tracteur, une tronçonneuse, les vaches, les moutons… Des sonorités qui m’accompagnent quand j’écris. Et c’est heureux : je déteste travailler dans un silence monacal ! » Pour ma part, ayant grandi en ville et très heureux désormais d’habiter sur les hauteurs d’un village quercynois, je n’aurais pas pensé la campagne aussi bruyante. Mais je le dis tout net, comme Peter May, c’est pour mon plus grand bonheur. Ma protégée féline acquiesce : « Il y a les sonneries régulières des cloches de l’église, les moteurs des voitures au loin sur la route qui longe la rivière, a fortiori la nuit, et parfois, selon le vent, l’empreinte sonore des trains de la ligne POLT, quelquefois un tracteur, des bêlements, des aboiements de chiens, des dialogues parfois vifs entre poules, dindes et canards. Puisque nous avons la chance d’avoir toujours une école, dois-je dire le ravissement qu’est de percevoir, aussi, vers 5 heures de l’après-midi, des rires d’enfants au retour de la classe ? Selon la saison, ajoutons plus rarement des coups de feu quand la chasse est ouverte… Et j’en oublie sans doute. »

Oui, chère Sibelle, tu oublies, évidemment volontairement, un type de sonorité qui a le don en revanche de t’agacer prodigieusement. C’est la symphonie tantôt impeccablement orchestrée, parfois virant carrément au brouhaha anarchique que constituent les chants d’oiseaux. Il aura fallu que je passe la cinquantaine pour être aux premières loges de cet opéra merveilleux. En ville, c’était un miracle quand je pouvais entendre je ne sais quel piaillement, l’esquisse d’une roucoulade. Ici, dans mon village, c’est quand tous ces Caruso se taisent un moment que soudain, je m’inquiète. Sibelle me demande si le « Pacte de bon voisinage » signé comprend un volet mentionnant cette question. « Pourquoi ? Tu serais prête à déposer les armes ? A t’engager à ne plus chasser la moindre mésange ? » Bien sûr que non. De même qu’aucun oiseau ne peut jurer qu’il ne chantera plus dans un périmètre de 50 m au moins autour de la maison. Et c’est tant mieux !

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