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Sibelle cap au sud


Chaque samedi, l’actualité lotoise vue par Philippe Mellet et surtout par ses chats.

La troisième semaine de notre confinement s’achève sous un soleil radieux. Elle avait débuté lundi avec de denses averses de neige qui me ramenèrent quelques années en arrière, quand j’habitais encore les Ardennes. Sibelle n’a pas semblé désorientée. Et pour cause : en dépit de gros flocons, la neige n’a pas tenu au sol dans notre village. Ma tigresse domestique n’a pas connu le stress de certains de ses prédécesseurs quand, au petit matin, habitant alors un pavillon avec jardin de la périphérie de Charleville, je leur ouvrais la porte : l’immense et épais tapis blanc les prenait de court. Et d’expérience, croyez bien, surprendre un chat n’est pas chose courante. Avec grâce, ils finissaient par s’aventurer, mais la scène ressemblait à un film passé au ralenti. Leur cheminement relevait d’une forme de traversée funambulesque. Le froid et la couleur n’étaient pas en cause mais plutôt la structure, la texture même de la poudreuse dans laquelle ils enfonçaient prudemment leurs pattes, jusqu’à ressentir la fermeté du sol, qu’il soit herbeux ou bitumé.

Sur ce, ce week-end ensoleillé nous projette directement vers l’été. Sans transition, comme disent les journalistes de télé. Sans augmentation du prix des consommations, selon la formule de l’excellent Pierre Bénichou (ex-Nouvel Obs, ex-Grosse tête de RTL) hélas décédé mardi. Et sans passer par la case des congés de printemps, durant lesquels il faut impérativement rester à domicile, a bien insisté le gouvernement. Dans ce contexte, la présidente Carole Delga, pensant déjà aux congés d’été, a annoncé la couleur. Mercredi, elle a promis sur France Bleu « une campagne choc dès la fin du confinement pour inciter les habitants de la région à passer leurs vacances en Occitanie ». « Une façon de rasséréner les professionnels du tourisme » ai-je expliqué à Sibelle. Laquelle a rétorqué que l’idée était pertinente, tout en nuançant : « Et que se passera-t-il si toutes les régions font de même ? Plus de Franciliens, plus de Bourguignons ou de Nordistes pour venir chez nous ? » D’un point de vue purement Lotois, sommes-nous les plus favorisés par ce plan de bataille ? N’y a-t-il pas un risque, par exemple, que les stations du littoral languedocien soient privilégiées par ce tourisme intra-régional ? Et puis il y a, qu’on le veuille ou non, une donnée psychologique majeure à prendre en compte. Pour beaucoup de nos compatriotes, le mot « vacances » demeure synonyme de « départ vers le sud ». Y compris quand ils gagnent la Bretagne, car les Français ne sont jamais à un paradoxe près.

J’en parle d’expérience : quand on est Ardennais, mettre le cap au sud, ce n’est pas rien. Car même les noms des autoroutes qui ont pris le pas sur les RN7, RN10 et RN20 appellent au rêve : l’autoroute du Soleil, l’Océane, l’Occitane… Or, avec l’Aveyron et la Lozère, nous sommes les plus au « nord » de la région. Bref. « Et toi, alors, tes premières vacances dans le Lot bien avant de décider de t’y établir ? » questionne Sibelle qui aime à souligner qu’elle, c’est une native du Quercy. Je lui ai raconté. C’était au siècle dernier. Internet était encore balbutiant. Histoire de changer un peu nos habitudes, entre Finistère et Côte d’Azur, nous voulions trouver quelque chose de différent. J’ai acheté un épais catalogue chez le marchand de journaux, avec des milliers d’annonces de locations illustrées de photos au format timbre poste : l’Indicateur Bertrand « spécial été »… Il y en avait pour tous les goûts et tous les prix. Nous avons fini par opter pour une destination en forme de terre inconnue. Un gîte avec piscine partagée près de Gourdon, à Anglars-Nozac. Au terme du trajet, nous avons à peine eu le temps de poser nos bagages. Toute la petite famille a ressenti la même chose au même moment. Il y avait la ville et son centre médiéval, le vert de la Bouriane, les causses proches, il y avait ces bâtisses aux pierres séculaires, l’accent et la bienveillance des gens, il y avait ces étals parfumés et la gentillesse de nos hôtes, par ailleurs éleveurs de canards. Toute la petite famille a ressenti la même chose au même moment. Et cela a duré. Un coup de foudre, un coup de cœur au long cours, appelons cela comme on veut. J’ai su très vite, moi l’enfant des terres frontalières de la forêt d’Ardenne, qu’un jour, je serais aussi un Lotois heureux. « Croisons les doigts et espérons qu’en cet été 2020, la terrible crise du Covid passée, il en soit de même pour des milliers de vacanciers. D’Occitanie ou d’ailleurs », conclut Sibelle.

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