Retour sur le concert du 31 juillet 2026.
Le 31 juillet dernier, la soirée promettait d’être belle à Saint-Paul-de-Loubressac. À peine 20 h 30, et déjà tout une foule s’agglutinait, attendant que les portes de la salle des fêtes ouvrent pour le fameux concert des « musiciens de Saint-Privat». Derrière cette appellation se cache bien plus qu’un simple ensemble musical. Il s’agit d’un véritable orchestre éphémère qui se réunit seulement tous les deux ans, le temps d’une semaine de répétitions intensives mais joyeuses. Pour cette édition 2026, des musiciens du Lot et de différentes régions de la France ont répondu présents. Ainsi le public a pu entendre une formation riche et variée avec plusieurs instruments (piano, basse, batterie, guitare, violon, flûte traversière, clarinette, saxophone, cor, ainsi que plusieurs chanteuses…). Un effectif impressionnant mis au service d’un répertoire principalement tourné vers les musiques actuelles et la chanson. À l’origine de cette aventure musicale et amicale avant-tout, une tradition vieille de plus de quarante ans, née au sein de la famille Vrillac. Aujourd’hui, c’est Jean-Jacques Vrillac qui en assure l’organisation et veille à faire perdurer cet événement tant attendu par les gens du canton. Avec beaucoup d’énergie, de bonne humeur et une grande dose d’humour qui a ravi un auditoire déjà sous le charme, les musiciens ont remporté un franc succès au vu de la standing ovation finale et des applaudissements très chaleureux.
> « Depuis quelques années, nous appelons cette formation « Les musiciens de Saint-Privat », mais son histoire remonte à loin. Les premiers stages ont vu le jour vers 1986-1987. À l’origine, c’est ma mère, qui connaissait plusieurs musiciens, notamment dans la région de Maubeuge, dans le Nord, ainsi qu’autour de Fontainebleau, qui a eu l’idée de les inviter dans notre maison familiale du Lot pour organiser des stages d’orchestre à cordes. Je jouais alors un peu du violon et je me suis naturellement joint à l’aventure. Mon père, lui aussi violoniste, participait régulièrement. Très vite, ce projet est devenu une histoire familiale. Les stages se sont déroulés ici dès le départ. Saint-Privat (situé à Saint-Paul) est le nom du lieu-dit où se trouve notre propriété. Mon père, médecin militaire basé à Fontainebleau, avait acheté cette maison en 1958 en cherchant simplement un lieu avec un peu de terrain. Le hasard l’a conduit jusqu’ici. Aujourd’hui encore, l’esprit reste le même. Mes propres enfants ont participé à l’aventure : ma fille au violoncelle, mes deux filles au chant. C’est devenu une véritable histoire de famille, même si nous restons dans une démarche totalement amateur. Pendant la période du Covid, un chef d’orchestre avec lequel je jouais en région parisienne, Jean-François Pauléat, nous a rejoints. Comme beaucoup de musiciens, il avait envie de retrouver le plaisir de jouer ensemble dès que cela a été possible. Son arrivée a amené d’autres musiciens dans son sillage. C’est quelqu’un de très talentueux : compositeur, arrangeur, batteur, hautboïste et joueur de cor anglais. Grâce à lui, le projet a pris une nouvelle dimension musicale. Depuis quelques années, nous avons ouvert le répertoire à des œuvres plus variées. L’idée n’est pas d’abandonner le classique, mais de proposer également des musiques plus accessibles à un public local et rural. Les arrangements réalisés par Jean-François Pauléat nous permettent d’adapter les morceaux à l’effectif présent chaque année » rappelle Jean-Jacques Vrillac avant de conclure : « Il y a deux ans, nous avons perdu mon père. Malgré cela, nous souhaitons continuer à faire vivre ce lieu et cette tradition musicale. Tant que des musiciens auront envie de venir partager cette aventure à Saint-Privat, nous essaierons de poursuivre ces stages et ces rencontres qui reposent avant tout sur l’amitié, la transmission et le plaisir de faire de la musique ensemble. »





