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Saint-Céré : Près de 280 personnes ont manifesté pour défendre le service public

Retour sur la mobilisation de ce 7 septembre 2026.

Près de 280 personnes, dont près de la moitié d’élus du territoire venus ceints de leur écharpe, ainsi que de nombreux secrétaires de mairie, se sont réunies ce lundi matin devant le centre des finances publiques de Saint-Céré pour dénoncer la fermeture annoncée du service de gestion comptable (SGC) pour janvier 2029 et son rapatriement à Gourdon. À l’initiative du rassemblement, le député Christophe Proença a rappelé que l’enjeu ne concernait pas que le maintien d’un service administratif, mais bien l’aménagement du territoire : « Nous défendons une présence sur les quatre points cardinaux du département. » Le SGC de Saint-Céré suit la comptabilité des communes, de Cauvaldor, mais également des EHPAD, en plus des permanences ouvertes pour les particuliers. Pour le parlementaire, cette fermeture intervient surtout à contretemps des efforts engagés pour renforcer l’attractivité du nord du Lot : « Cette décision est en totale contradiction avec la dynamique que nous portons ici : l’aménagement, le développement, l’accueil et la création de nouveaux services aux populations. » Une contradiction soulignée également par le président du Département, Serge Rigal, qui a dénoncé une nouvelle remise en cause des engagements pris envers le territoire. « On nous trompe à chaque fois. On nous avait promis il y a quelques années que Saint-Céré resterait, alors que tout le reste fermait ». Pour lui, « il faut sortir d’une logique purement comptable pour une vraie vision de service de proximité » : « La ruralité en paye le prix, ça devient insupportable. » Christophe Proença a évoqué les nombreuses personnes reçues dans sa permanence, désemparées face à l’outil numérique. Pour lui, « le tout numérique n’est pas concevable, c’est mettre tout un pan de la population au bord du chemin ». Cette exigence de proximité est également défendue par Jean-Claude Fouché, président de la Communauté de communes : « Cauvaldor est la première collectivité intercommunale du département. On ne peut pas accepter de ne pas compter sur un lien fort avec les finances publiques sur notre territoire. » L’intercommunalité a pourtant déjà largement pris sa part dans le maintien des services de proximité, avec sept maisons France Services ouvertes sur le territoire. « Chacun doit jouer son rôle » a-t-il estimé. Pour Alexandre Barrouilhet, maire de Floirac présent à la mobilisation, c’est une question de principe : « La République, c’ est une présence. Et pourtant, l’Etat essaye de tout transférer à d’autres collectivités. » L’élu s’inquiète également de conséquences très concrètes : « Si on fait pareil vis-à-vis de l’encaissement des chèques, comment feront les personnes âgées ? » Cette question du maintien d’un lien de proximité avec les habitants et les élus était au cœur de la mobilisation. Les élus refusent notamment l’idée d’un service public réduit à des agents qui se déplaceraient ponctuellement dans les communes. « On ne veut pas d’un service public sur roulettes. Le site de Saint-Céré constitue également un relais de proximité pour les particuliers. Si quelques permanences ponctuelles doivent être maintenues sur rendez-vous, cette présence réduite ne saurait compenser la disparition du service au quotidien. Au fil des réorganisations, c’est ainsi progressivement le rôle même de Saint-Céré comme point de contact des finances publiques qui se trouve affaibli » a martelé le député. Il a rappelé que ces décisions interviennent alors même que le territoire n’est pas en situation de déclin : « C’est aussi symbolique. On serait sur une perte de vitesse, en perdition complète, on pourrait comprendre les interrogations de l’État, mais ça n’est pas le cas ici. Au final, bientôt, les derniers services éteindront la lumière en partant. » Il a enfin indiqué avoir saisi le ministre de l’Action et des Comptes Publics, David Amiel. Jean-Pierre Jammes, conseiller départemental de Saint-Céré, a résumé quant à lui le sentiment d’épuisement qui gagne les élus et les habitants confrontés à ces fermetures successives : « On est en combat permanent pour défendre les services publics, c’est du quotidien, c’ est épuisant pour les habitants. » Au-delà du seul SGC, c’ est donc la question de la présence de l’État dans le nord du Lot qui est posée. Les élus ont souligné « que les collectivités ont déjà pris leur part pour maintenir les services de proximité et qu’elles ne peuvent, à elles seules, compenser chaque nouveau retrait ». La mobilisation de ce lundi entend ainsi marquer « un refus collectif de voir le territoire continuer à perdre, progressivement, les lieux de contact entre les habitants, les élus et les services publics ».

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