Week-end difficile.
Le samedi 10 octobre restera une journée difficile pour les F-18 ans du Pôle Rugby Quercy Féminin. Engagées sur deux terrains, à Montech en championnat régional à X et à Cahors en championnat national à XV, les jeunes Rose et Noire ont subi deux défaites, respectivement 113 à 0 et 0 à 19. Des résultats lourds, qui invitent à la remise en question, sans pour autant remettre en cause les convictions du club en matière de formation et de développement du rugby féminin.
Avec plus de dix joueuses absentes ce week-end, dont plusieurs susceptibles d’évoluer en championnat national, le RQF savait que ce doublon serait délicat. Pourtant, le club a fait le choix d’honorer ses deux rencontres, avec 19 joueuses mobilisées d’un côté et 13 de l’autre.
« La solution la plus simple aurait probablement été de déclarer forfait sur une rencontre pour renforcer l’autre équipe. Mais nous ne sommes pas convaincus que ce soit la meilleure façon de développer durablement la pratique féminine. Notre volonté reste de permettre à un maximum de filles de jouer, d’apprendre et de progresser. Évidemment, au regard des résultats, ce choix peut interroger. À nous de l’évaluer avec lucidité, une fois la frustration retombée » témoigne Pierrick Giroix, membre du staff F-18.
À Montech, c’est une très lourde défaite mais un engagement à saluer. Sur le terrain, les joueuses novices ont vécu une rencontre particulièrement difficile. Le score de 113 à 0 témoigne d’un écart important, que le club ne souhaite ni minimiser ni justifier par les seules circonstances. Cette rencontre relance néanmoins une réflexion régulièrement portée par le RQF auprès des instances : celle de la pertinence du rugby à X sur grand terrain pour des groupes en construction. Dans cette configuration, quelques joueuses disposant de qualités athlétiques supérieures peuvent rapidement créer des différences considérables. Le club estime que d’autres formats, comme le rugby à 7 sur demi-terrain ou le rugby à 12, mériteraient d’être davantage étudiés pour accompagner la progression des débutantes. Mais au-delà du résultat, le RQF tient surtout à remercier les joueuses qui ont fait le déplacement, ainsi que Lou-ann Manon et Lilian, mobilisés pour assurer l’encadrement de cette équipe.
« Ce sont de jeunes encadrants investis, qui composent avec leurs études et leurs autres engagements. Leur présence aux entraînements reste nécessairement limitée, ce qui complique la construction d’un véritable projet collectif. Pourtant, ils répondent présents, prennent des responsabilités et apprennent eux aussi leur rôle d’entraîneur, et d’éducateur, éducatrice à ce niveau. Leur investissement mérite d’être reconnu, particulièrement dans ces moments difficiles » évoque Pierrick Giroix, également coordinateur sportif du club.
Face à Figeac, c’est une nouvelle réalité à apprivoiser. Sur leur terrain de la Croix de Fer, l’équipe engagée en accession nationale s’est inclinée 0 à 19 face à une formation figeacoise dont les progrès sont indéniables. Là où Figeac bénéficie d’une certaine continuité dans son effectif, le RQF traverse une période de renouvellement générationnel importante, anticipée depuis plusieurs saisons. De nombreuses joueuses expérimentées ont rejoint la catégorie séniore, laissant place à un groupe particulièrement jeune, composé de joueuses volontaires mais dont beaucoup découvrent encore les exigences de ce niveau de compétition. « Nous avons perdu plusieurs leaders techniques et de jeu, et cela se ressent forcément. Nous devons désormais reconstruire des repères, faire émerger de nouvelles responsabilités et accompagner les filles dans leur progression. Avec un nouveau staff, une organisation qui évolue et quelques blessures, cela demande du temps et surtout du travail collectif. » Pour autant, le contenu de la rencontre ne se résume pas au score. Les Roses et Noires ont su se créer plusieurs occasions, allant jusqu’à franchir l’en-but adverse, sans parvenir à aplatir, notamment grâce à une défense figeacoise particulièrement vigilante. « Il y a des choses intéressantes dans notre prestation. Mais à ce niveau, le manque d’expérience et certaines erreurs se paient immédiatement. Figeac a su être efficace et mérite sa victoire. À nous désormais de trouver les solutions pour transformer nos intentions en réalisations. On se doit de se remettre en question sans renoncer à ses convictions. » Ces deux défaites doivent aussi conduire le staff à s’interroger sur ses méthodes, son organisation et les moyens d’accompagner au mieux les différentes joueuses. Le RQF ne souhaite pas se réfugier derrière les absences, la jeunesse de son effectif ou les contraintes du calendrier.
Pour autant, le club refuse de réduire son projet sportif aux seuls résultats du week-end. « Il n’y a pas le feu. Nous venons de perdre deux matchs de rugby, rien de plus. Cela touche forcément notre orgueil, parce que nous sommes compétiteurs et que nous voulons bien faire. Mais il faut aussi se rappeler pourquoi nous faisons tout cela. Maintenir deux équipes F-18 sur notre territoire est un engagement fort. Nous savons que cela implique parfois des difficultés, mais nous croyons profondément à la richesse de ce projet. »
Au-delà du rugby, ces rencontres rappellent aussi que la formation d’une jeune sportive passe par l’apprentissage de la frustration, de l’échec et de la remise en question. Autant d’expériences qui, lorsqu’elles sont accompagnées avec bienveillance et exigence, participent à construire les joueuses autant que les personnes qu’elles deviennent. Le RQF ne cherchera donc ni à oublier ce samedi, ni à le dramatiser. Il faudra en tirer les enseignements, retrouver de la confiance et surtout continuer à travailler ensemble. Car si les résultats se construisent parfois dans la difficulté, les convictions, elles, doivent pouvoir traverser les défaites.
Prochain match à Bretenoux samedi 17 octobre face au RRNQ.





